Alors que la Réserve fédérale a annoncé qu'elle remontait ses taux, la Banque de Russie a procédé à un nouvel assouplissement monétaire. Elle a réduit de 8% à 7,5% ses taux, qui reviennent à leur niveau de novembre dernier. Mais cet assouplissement est sans effet sur le rouble. "Le cycle de baisse des taux est proche de son terme. La politique monétaire est dans une zone neutre. La prochaine réunion (28 octobre) pourrait se traduire par une baisse ou une hausse des taux", a indiqué Elvira Nabiullina, la gouverneure de la Banque de Russie. La banque de Russie a discuté d'un statu quo, ou d'une baisse de 25 ou 50 points de base le 16 septembre. C'est le camp des "colombes" (partisans d'un assouplissement) plus que des "faucons" qui l'a cette fois emporté.
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Alors que la Réserve fédérale a annoncé qu'elle remontait ses taux, la Banque de Russie a procédé à un nouvel assouplissement monétaire. Elle a réduit de 8% à 7,5% ses taux, qui reviennent à leur niveau de novembre dernier. Mais cet assouplissement est sans effet sur le rouble. "Le cycle de baisse des taux est proche de son terme. La politique monétaire est dans une zone neutre. La prochaine réunion (28 octobre) pourrait se traduire par une baisse ou une hausse des taux", a indiqué Elvira Nabiullina, la gouverneure de la Banque de Russie. La banque de Russie a discuté d'un statu quo, ou d'une baisse de 25 ou 50 points de base le 16 septembre. C'est le camp des "colombes" (partisans d'un assouplissement) plus que des "faucons" qui l'a cette fois emporté. La Banque de Russie avait porté les taux d'intérêt à 20% le 16 mars lors de "la bataille du rouble". La monnaie russe avait plongé après les sanctions consécutives à l'invasion de l'Ukraine. La banque centrale avait fait de son redressement l'une de ses priorités. Elle y est parvenue au-delà de ses espérances: l'euro a plongé de 26% face au rouble depuis le début de la guerre en Ukraine. L'inflation a poursuivi son recul et s'établit à 14,3%. La banque centrale russe anticipe qu'elle reviendra vers 5% à 7% en 2023 (encore au-dessus de sa cible de 4%). Elle estime que la chute du produit intérieur brut cette année sera proche de 6% mais constate une meilleure résistance de l'économie dans son ensemble depuis son analyse en juillet. Les ménages, prudents, consomment moins et épargnent compte tenu des incertitudes. Le rouble, trop fort, pénalise le budget. Les recettes d'exportations en devises rapportent moins de roubles compte tenu de sa forte hausse contre le dollar et l'euro. Ils valent autour de 60 roubles. Cette année, la monnaie russe a gagné 24% contre le dollar et 42% contre l'euro. Le Kremlin souhaiterait que le dollar remonte vers 70 à 80 roubles. "La matérialisation des risques croissants d'une récession mondiale peut encore affaiblir la demande extérieure pour les exportations russes et, par conséquent, provoquer un affaiblissement du rouble", souligne la Banque de Russie. Sur le marché des changes en Russie, les transactions avec le renminbi chinois ont bondi. Elles représentaient 1% des volumes avant la guerre en Ukraine contre 26% aujourd'hui. Le yuan est devenu la troisième devise la plus traitée sur le marché de Moscou et talonne l'euro derrière le dollar. L'activité sur les monnaies reflète le redéploiement du commerce extérieur russe depuis les sanctions. La Russie et l'Inde souhaitent augmenter leurs échanges et la State Bank of India va accroître ses transactions en roupies en choisissant une banque partenaire russe. Plus des deux tiers des groupes chinois implantés en Russie ont annoncé qu'ils y poursuivront leurs activités, selon les données du Kyiv School of Economics, un record. Ils sont suivis par les entreprises italiennes et françaises. A l'inverse, les sociétés américaines, anglaises, suisses et finlandaises, comptent la plus forte proportion d'entreprises sur le départ. Toutes nationalités confondues, une multinationale sur deux (1.130 entreprises) veut quitter la Russie, 30% souhaitent y rester et 20% sont attentistes. Seulement 40 entreprises sont passées des paroles aux actes et ont arrêté définitivement leurs activités dans le pays.Un article de Nessim Aït-Kacimi paru dans Les Echos du 19 septembre 2022