Le secteur du transport pétrolier a beaucoup souffert l'an dernier. Le marché était (et est toujours) confronté à une surcapacité de navires. Plus question pour les clients, dans ces conditions, de payer des tarifs élevés pour faire transporter l'or noir dans des pétroliers d'une superficie de quatre à cinq terrains de football (les Very Large Crude Carriers ou VLCC).

Au quatrième trimestre de l'an dernier, le tarif journalier a ainsi été souvent inférieur à 10.000 USD par jour. À ce prix, tous les armateurs travaillent à perte. Ils ont besoin d'au moins 25.000 à 30.000 USD pour couvrir les frais. La situation s'est cependant éclaircie au premier trimestre de l'année. La demande reste soutenue, et les tensions qui entourent l'Iran incitent les clients d'Extrême-Orient à diversifier leur approvisionnement en pétrole en achetant en Afrique de l'Ouest, voire dans les Caraïbes. Ce qui allonge les routes et entraîne une hausse des tarifs.

L'an dernier, le tarif moyen journalier facturé par Euronav ne dépassait pas 18.100 USD pour les VLCC. Au premier trimestre, il avait progressé à 24.000 USD par jour, une nette amélioration par rapport au dernier trimestre 2011 (à peine 14.200 USD par jour en moyenne), mais un niveau encore incomparable à celui du premier trimestre de l'année précédente (24.300 USD). Le redressement des tarifs a permis à Euronav de réaliser à nouveau un bénéfice opérationnel (EBIT). Mais pas encore de dégager un bénéfice net, le résultat net s'étant soldé par une perte de 9,0 millions USD (soit

-0,18 USD par action). Le chiffre d'affaires du trimestre s'élevait à 108,7 millions USD, plus que les maigres 92,9 millions USD perçus entre octobre et décembre de l'an dernier, mais toujours moins que les 111,3 millions USD du premier trimestre 2011. Au premier trimestre 2010, une plus-value (unique) de 22,1 millions USD avait permis à Euronav d'enregistrer un bénéfice net de 19,2 millions USD. C'est ensuite que le calvaire a commencé avec un enchaînement de pertes causées par des tarifs très bas. À ce propos, le deuxième trimestre n'a pas mal commencé avec 26 % des jours disponibles loués à 32.000 USD par jour. Des tarifs qui permettent (pour l'instant ?) de tourner au-dessus du break-even (niveau où l'entreprise n'enregistre ni bénéfice, ni perte).

L'action a rebondi de 130% depuis sa chute amorcée en novembre dernier. La situation s'est améliorée, mais est encore loin d'être stable. La suroffre demeure, et les tarifs pourraient encore baisser au cours de l'année. Le récent redressement de l'action n'est donc soutenu par aucun élément fondamental. Il intervient trop tôt, et trop vite. C'est pourquoi nous conseillons plutôt aux actionnaires d'en profiter pour prendre au moins partiellement congé de leurs actions Euronav.

Danny Reweghs, L'Initié de la Bourse

Le secteur du transport pétrolier a beaucoup souffert l'an dernier. Le marché était (et est toujours) confronté à une surcapacité de navires. Plus question pour les clients, dans ces conditions, de payer des tarifs élevés pour faire transporter l'or noir dans des pétroliers d'une superficie de quatre à cinq terrains de football (les Very Large Crude Carriers ou VLCC). Au quatrième trimestre de l'an dernier, le tarif journalier a ainsi été souvent inférieur à 10.000 USD par jour. À ce prix, tous les armateurs travaillent à perte. Ils ont besoin d'au moins 25.000 à 30.000 USD pour couvrir les frais. La situation s'est cependant éclaircie au premier trimestre de l'année. La demande reste soutenue, et les tensions qui entourent l'Iran incitent les clients d'Extrême-Orient à diversifier leur approvisionnement en pétrole en achetant en Afrique de l'Ouest, voire dans les Caraïbes. Ce qui allonge les routes et entraîne une hausse des tarifs.L'an dernier, le tarif moyen journalier facturé par Euronav ne dépassait pas 18.100 USD pour les VLCC. Au premier trimestre, il avait progressé à 24.000 USD par jour, une nette amélioration par rapport au dernier trimestre 2011 (à peine 14.200 USD par jour en moyenne), mais un niveau encore incomparable à celui du premier trimestre de l'année précédente (24.300 USD). Le redressement des tarifs a permis à Euronav de réaliser à nouveau un bénéfice opérationnel (EBIT). Mais pas encore de dégager un bénéfice net, le résultat net s'étant soldé par une perte de 9,0 millions USD (soit -0,18 USD par action). Le chiffre d'affaires du trimestre s'élevait à 108,7 millions USD, plus que les maigres 92,9 millions USD perçus entre octobre et décembre de l'an dernier, mais toujours moins que les 111,3 millions USD du premier trimestre 2011. Au premier trimestre 2010, une plus-value (unique) de 22,1 millions USD avait permis à Euronav d'enregistrer un bénéfice net de 19,2 millions USD. C'est ensuite que le calvaire a commencé avec un enchaînement de pertes causées par des tarifs très bas. À ce propos, le deuxième trimestre n'a pas mal commencé avec 26 % des jours disponibles loués à 32.000 USD par jour. Des tarifs qui permettent (pour l'instant ?) de tourner au-dessus du break-even (niveau où l'entreprise n'enregistre ni bénéfice, ni perte).L'action a rebondi de 130% depuis sa chute amorcée en novembre dernier. La situation s'est améliorée, mais est encore loin d'être stable. La suroffre demeure, et les tarifs pourraient encore baisser au cours de l'année. Le récent redressement de l'action n'est donc soutenu par aucun élément fondamental. Il intervient trop tôt, et trop vite. C'est pourquoi nous conseillons plutôt aux actionnaires d'en profiter pour prendre au moins partiellement congé de leurs actions Euronav. Danny Reweghs, L'Initié de la Bourse