Avec des actifs sous gestion qui ont pratiquement quadruplé depuis la fin 2019 pour atteindre 5,7 milliards d'euros à la fin janvier 2021, le fonds Pimco GIS Dynamic Multi-Asset Fund est clairement entré dans le coeur des investisseurs. Il sort d'un exercice étincelant, avec une progression de 16,7% grâce à un portefeuille qui a très rapidement pivoté vers les secteurs liés à la digitalisation de l'économie et à la production d'énergie renouvelable.
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Avec des actifs sous gestion qui ont pratiquement quadruplé depuis la fin 2019 pour atteindre 5,7 milliards d'euros à la fin janvier 2021, le fonds Pimco GIS Dynamic Multi-Asset Fund est clairement entré dans le coeur des investisseurs. Il sort d'un exercice étincelant, avec une progression de 16,7% grâce à un portefeuille qui a très rapidement pivoté vers les secteurs liés à la digitalisation de l'économie et à la production d'énergie renouvelable. A la tête de cette stratégie, Géraldine Sundstrom a d'abord mené une carrière dans l'industrie des hedge funds (notamment chez Brevan Howard) avant de rejoindre Pimco en 2015. Elle fait partie de ces nouveaux gestionnaires qui ont redynamisé le fonds californien après le départ de son gestionnaire vedette Bill Gross pour Janus Henderson, fin 2014.Si l'annonce de l'embauche de Géraldine Sundstrom a précédé le départ de Bill Gross de quelques mois, ce dernier avait toutefois souligné la qualité de la nouvelle recrue. "Elle représente une embauche significative pour l'offre de Pimco dans la gestion de fonds mixtes", témoignait-il à l'époque. Son entrée en fonction n'a toutefois eu lieu qu'en 2015, avant le lancement de Pimco GIS Dynamic Multi-Asset Fund en février 2016. La gestion d'un fonds flexible nécessite souvent une analyse macroéconomique pointue pour pouvoir naviguer entre les différentes classes d'actifs. "Pour l'année 2021, nous allons assister à une période de croissance économique comme nous n'en avions plus vu depuis 10 ans, avec une accélération qui commencera à se faire sentir dès le deuxième trimestre, prévoit Géraldine Sundstrom. En dépit de la majorité étroite dont dispose le président américain Joe Biden, le support économique devrait rester important avec une inflation qui restera modérée." Cet environnement comporte néanmoins des risques qui sont essentiellement liés à la manière dont les différents gouvernements vont gérer les conséquences de la crise sanitaire. "Un retrait trop rapide des mesures de soutien dans le chef des gouvernements serait par exemple dommageable, même dans un contexte où la croissance économique accélère, prévient la gestionnaire. Les cicatrices seront, par exemple, très longues à s'estomper dans le secteur des services." La composition du fonds se veut un rassemblement des meilleures idées d'investissement disponibles dans l'ensemble du réseau de Pimco. Son portefeuille obligataire est, par exemple, principalement utilisé pour réduire la volatilité du fonds afin que l'ensemble du portefeuille boursier puisse être positionné de manière plus agressive en fonction des opportunités disponibles. "Pour la partie obligataire, nous restons convaincus que les taux vont encore rester bas pendant un bon moment, et nous avons pris des positions sur les obligations américaines avec protection contre l'inflation afin de nous protéger contre un risque d'apparition de tensions inflationnistes, explique la gestionnaire. Nous apprécions également une exposition sur des segments plus complexes comme la dette titrisée, qui offre encore un potentiel décent pour les investisseurs." "Nous ne prenons actuellement pas de position majeure sur les devises, dans un contexte où la campagne de vaccination pourrait prendre du retard en Europe, poursuit Géraldine Sundstrom. Dans un environnement où les taux réels resteront négatifs, avec des tensions inflationnistes qui devraient apparaître à moyen terme, allouer une partie du portefeuille sur l'or à titre de protection fait par contre nettement sens." A l'heure actuelle, la gestionnaire constate que les prix des actifs financiers ont très rapidement reflété l'attente d'un redressement économique en 2021, et qu'il faut donc être sélectif dans le choix des positions. "Nous restons toutefois très largement surpondérés sur les marchés boursiers. Durant l'exercice écoulé, nous avons pivoté notre portefeuille pour détenir moins d'actions défensives de qualité, et pour augmenter notre exposition sur des titres répondant à notre approche Cyclicality 2.0." Cette approche part du principe que si les actions cycliques traditionnelles vont réaliser une bonne performance dans une phase de reprise économique, d'autres secteurs vont bénéficier de perspectives encore meilleures sur le long terme. "Nous parlons ici principalement de quatre secteurs: la robotique et l'automation, l'électrification de la société (voitures électriques, etc.), la production d'énergie renouvelable et les semi-conducteurs." "Vu leur potentiel de disruption durant les prochaines années, ces activités devraient connaître un rythme de croissance très rapide, prévoit Géraldine Sundstrom. Et dans ce contexte, leur valorisation actuelle reste encore attractive car nous pensons que le marché sous-estime la vitesse à laquelle ces nouvelles technologies vont s'imposer, notamment en raison du soutien dont elles vont disposer de la part des autorités. Il n'y a pour le moment aucune raison de penser que leurs résultats s'effondreront soudainement." En termes géographiques, cette stratégie va se traduire par une surpondération des Etats-Unis et de l'Asie (Corée du Sud, Taiwan, Chine, Japon) dans le portefeuille. "Nous sommes à l'inverse sous-pondérés structurellement sur l'Europe, qui manque de ces sociétés autour desquelles notre futur va s'organiser."