Les statistiques publiées régulièrement par la BEAMA (Association des gestionnaires d'actifs belges) ne font que confirmer trimestre après trimestre le succès des fonds mixtes (y compris les fonds d'épargne pension). Ils représentent aujourd'hui plus de 42 % des actifs nets des organismes de placements (belges et étrangers) commercialisés en Belgique, contre moins de 25 % au début de l'année 2011. En termes d'actifs sous gestion, la progression a été encore plus spectaculaire, en passant de 29,5 milliards d'euros à la fin 2010 à 71,4 milliards d'euros au troisième trimestre 2016.

Fonds de fonds

Dans ce groupe, les fonds mixtes flexibles ont pris une place prépondérante, certains produits comme Carmignac Patrimoine, DNCA Invest Evolutif ou Ethna-Aktiv étant désormais connus de tous les investisseurs belges. Dans leur sillage, de nombreux fonds de fonds sont également apparus, et visent à proposer une gestion mixte flexible en investissant dans d'autres fonds, soit en préférant des produits spécialisés afin de conserver le contrôle sur l'allocation entre les classes d'actifs, soit en investissant directement dans un panier de fonds mixtes flexibles.

Un grand nombre de ces produits n'ont pas encore un historique dépassant les trois ans, et nous les avons donc écarté de notre échantillon. De même, nous avons également exclu les produits qui investissent essentiellement dans les fonds maison, sans profiter des gestions plus performantes qui peuvent exister ailleurs dans le marché.

Frais et performance

La première constatation à faire est la présence d'un seul fonds noté cinq étoiles chez Morningstar parmi le groupe de fonds de fonds visant une gestion mixte flexible, à savoir le fonds ING Core Fund Balanced, qui affiche une performance annualisée de 8,67 % sur les trois dernières années, pour une volatilité très maîtrisée. A noter que NN Investment Partners propose également un fonds mixte flexible noté cinq étoiles qui investit dans les propres fonds du gestionnaire (NN Patrimonial Aggressive), et qui est également distribué principalement dans le réseau ING.

L'autre grande constatation est le niveau élevé des coûts liés à ces fonds de fonds. Les frais courants qui se montent à 2,4 % pour les 10 produits repris dans notre échantillon, contre 1,7 % pour les fonds mixtes flexibles traditionnels. Ce qui explique en grande partie la performance plus timide de ces produits, qui reste en retrait par rapport aux grands fonds mixtes flexibles populaires chez les investisseurs belges.

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Stratégie

Ces dernières années, les fonds mixtes flexibles qui peuvent être positionnés de manière plus agressive sur les marchés boursiers ont généralement enregistré des performances attractives. Il faut à ce titre constater qu'il existe des centaines de produits mixtes actuellement commercialisés en Belgique, avec des stratégies d'investissement totalement différentes qui rendent une comparaison très difficile entre ces divers produits.

La meilleure performance sur cinq ans est ainsi obtenue par Vector Flexible, proposé par le gestionnaire quantitatif luxembourgeois Vector Asset Management. La sélection de titres est identique à celle du fonds d'actions Vector Navigator, avec toutefois un niveau de protection systématique sur les marchés boursiers, qui pourra être ajustée à la hausse jusqu'à 100 % si les gestionnaires s'attendent à des marchés boursiers plus volatils.

Parmi les autres fonds situés dans le haut du classement, nous trouvons de nombreux produits qui sont fortement exposés (souvent à plus de 75 % des actifs sous gestion) sur les marchés boursiers, comme par exemple R Club ou le célèbre Flossbach von Storch Multiple Opportunities. Chez ce dernier gestionnaire, le responsable de la stratégie Philipp Vorndran souligne qu'une exposition élevée sur les marchés boursiers est une nécessité dans les circonstances actuelles. " Selon moi, les actions n'ont tout simplement pas de concurrence à l'heure actuelle sur les marchés financiers ", affirme-t-il.

Exposition obligataire

A l'inverse, nous retrouvons dans le classement des produits nettement plus défensifs, qui ont pour vocation d'être moins volatils tout en dégageant un rendement positif pour les investisseurs sur le long terme. Un objectif qui est généralement atteint, même si ces produits ont généralement souffert de leur plus forte exposition sur les marchés obligataires. Daniel Stefanetti, gérant du fonds Ethna- Defensiv, souligne que la croissance américaine restera probablement molle, notamment en raison de l'incapacité du président Donald Trump à faire passer ses réformes, en raison de l'opposition croissante des membres de son propre parti. " Et en Europe, le problème de l'endettement public n'a pas été résolu en dépit de l'amélioration des indicateurs, indique-t-il. Sans l'assouplissement monétaire pratiqué par la Banque centrale européenne, nous pourrions rapidement retomber dans une nouvelle période de crise. "

Enfin, la Chine a soutenu sa croissance au prix d'un endettement qui pourrait devenir problématique, alors que les réserves monétaires du pays ont fondu d'un tiers. Dans ce contexte, il estime que les stratégies plus défensives font encore beaucoup sens dans le contexte actuel. " L'appréciation des rendements obligataires me semble être difficile à tenir au vu des incertitudes actuelles ", conclut Daniel Stefanetti.