Le segment des fonds exposés sur la consommation est diversifié et propose aux investisseurs deux grandes catégories de produits. Tout d'abord, nous trouvons une majorité de fonds exposés sur les grandes tendances du secteur de la consommation (vieillissement de la population, digitalisation, etc.). Nous avons ensuite quatre fonds exposés davantage sur le secteur du luxe, où l'importance du commerce en ligne sera moindre. Il reste ensuite quelques produits plus atypiques, dont un spécialisé dans les nouvelles tendances alimentaires (BNP Paribas Funds Smart Food Classic) et deux produits exposés uniquement sur les producteurs de biens de consommation.
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Le segment des fonds exposés sur la consommation est diversifié et propose aux investisseurs deux grandes catégories de produits. Tout d'abord, nous trouvons une majorité de fonds exposés sur les grandes tendances du secteur de la consommation (vieillissement de la population, digitalisation, etc.). Nous avons ensuite quatre fonds exposés davantage sur le secteur du luxe, où l'importance du commerce en ligne sera moindre. Il reste ensuite quelques produits plus atypiques, dont un spécialisé dans les nouvelles tendances alimentaires (BNP Paribas Funds Smart Food Classic) et deux produits exposés uniquement sur les producteurs de biens de consommation. Les fonds du premier groupe ont clairement pris l'ascendant ces dernières années. En intégrant des thématiques technologiques dans la composition des portefeuilles, ils occupent les sept premières places sur un horizon de cinq ans, avec Alibaba et Amazon qui entrent quasi systématiquement dans la liste des 10 premières positions. Les autres grandes orientations concernent des noms de la mode (LVMH, L'Oréal), des sociétés de jeux vidéo (Tencent, Nintendo), des producteurs de biens de consommation (Nike, P&G), des sociétés exposées sur les transactions en ligne (Visa, PayPal) ou des groupes technologiques (Apple, Microsoft, Alphabet). Ces fonds ont été parmi les grands vainqueurs de la crise du coronavirus, avec des cours qui affichent désormais des reculs inférieurs à 10% et certains produits qui sont même pratiquement retournés à l'équilibre depuis le début de l'année. Invesco Global Consumer Trends est le meilleur fonds de cette catégorie, avec une progression annualisée supérieure à 10% sur cinq ans, et une note cinq étoiles chez Morningstar en dépit d'un profil de volatilité supérieur à ses concurrents. Ce produit a une composante technologique marquée en visant des segments qui vont enregistrer une forte croissance de leur chiffre d'affaires. La principale orientation du portefeuille sera le commerce électronique. " La proportion des échanges commerciaux qui transitent par Internet va continuer à augmenter rapidement, et les dernières semaines n'ont fait que renforcer cette tendance ", souligne Ido Cohen, gestionnaire du fonds. La deuxième grande exposition sectorielle concerne le jeu vidéo, une activité qui a fortement contribué à la performance durant les dernières années. Les jeux vidéo ont migré depuis plusieurs années vers des plateformes de distribution en ligne et sont donc nettement moins dépendants des magasins physiques. Pas moins de cinq éditeurs de jeux vidéo sont ainsi représentés parmi les 10 principales participations du fonds (CD Projekt, Activitsion, Eletronic Arts, Capcom et Nintendo). Le deuxième meilleur produit sur un horizon de cinq ans (et le meilleur sur trois ans) est Lombard Odier Funds - Global Prestige, un produit également noté cinq étoiles chez Morningstar qui va plutôt adopter un positionnement sectoriel assez large. Avec une philosophie visant la détention de marques solides dans un large ensemble de secteurs tels que luxe, technologie, produits d'entretien, consommation discrétionnaire (biens de consommation non essentiels), etc. Juan Mendoza, gestionnaire de ce fonds, souligne que la majorité des actifs sous gestion sera exposée sur des entreprises avec des profils moins risqués, le reste étant investi sur des profils disruptifs ou des modes de consommation liés aux milléniaux. " La consommation future sera dépendante de cette tranche de la population, estime-t-il. En outre, la correction nous a permis d'augmenter notre exposition sur certains noms particulièrement actifs dans la consommation digitale - qui représente désormais un tiers des actifs sous gestion - comme Amazon, Tencent, Chewy, Perfect World, Shopify, Adobe ou Netflix. Dans le secteur technologique, j'apprécie plus particulièrement des sociétés qui fonctionnent sur la base d'une souscription et qui vont dégager des flux de revenus réguliers. " Si les fonds consommation ont bien fonctionné, la catégorie des fonds exposés sur le luxe a beaucoup plus souffert, avec des reculs qui s'échelonnent de -15% à -25% depuis le début de l'année. Pour les gestionnaires du fonds Invesco Global Consumer Trends, les habitudes de consommation vont être fortement affectées par la crise actuelle et ils ont par conséquent diminué leur exposition sur le secteur du luxe. " Dans le contexte actuel, le revenu disponible va être moins important, ce qui va peser sur les dépenses de consommation futiles. " Cet avis n'est toutefois pas partagé par les gestionnaires des fonds exposés sur le secteur du luxe. Caroline Reyl, gestionnaire du fonds Pictet-Premium Brands , rappelle que la performance avait également suivi la baisse des indices en 2008, avant d'enregistrer un rebond très vigoureux en 2009 et en 2010. " Lors des crises précédentes, les spéculations quant à un changement des habitudes de consommation ont toujours circulé, mais une fois la crise passée, les clients sont retournés massivement vers des marques qu'ils chérissent. " Un avis partagé par Swetha Ramachandran, gestionnaire principale du fonds GAM Luxury Brands. " Les phases de fortes turbulences sur le marché du luxe sont généralement suivies par d'importants rebonds. Les moments de faiblesse durent rarement longtemps. Nous n'avions pas d'exposition sur le secteur du tourisme ( croisières, casinos, hôtels, etc., Ndlr) car la valorisation nous avait toujours semblé élevée, et les perspectives à moyen terme restent difficiles. " Caroline Reyl gère également une stratégie très concentrée autour d'une trentaine de valeurs. " Depuis janvier, nous avons diminué l'exposition du fonds sur le secteur du voyage et des loisirs ( de 23,4% vers 16,4% à la fin mars, Ndlr). " Les deux gestionnaires de fonds axés sur le luxe soulignent que la digitalisation des ventes constitue un axe important de leur stratégie, même si elles ne sont pas directement exposées sur les grandes plateformes en ligne comme Amazon ou Alibaba. Pour Swetha Ramachandran, " cette crise a mis en avant les besoins d'avoir une stratégie digitale. Les groupes qui avaient déjà constitué une position forte dans ce domaine ont vu leur présence se renforcer ". Farfetch (un distributeur en ligne de produits de luxe) a ainsi dégagé une croissance supérieure à 40% durant le premier trimestre, dans le contexte d'un secteur qui réalise encore 85 à 90% de ses ventes dans des magasins physiques. Caroline Reyl a relevé la proportion investie sur les groupes disposant des marques les plus établies, avec de bonnes stratégies digitales, une exposition sur la consommation locale (et donc moins dépendants du tourisme) et qui disposent des bilans les plus solides. " Les sociétés qui ont des implantations locales devraient bénéficier principalement de la reprise de la consommation pour les biens de luxe ", assure-t-elle. Le consommateur chinois fut responsable de 90% de la croissance du secteur en 2019, et cette crise va accélérer le rapatriement des ventes vers la Chine, un processus qui était déjà bien engagé ces dernières années. " Alors que 25% des ventes de produits de luxe en Chine étaient effectuées sur une base domestique en 2015, cette proportion était déjà proche de 50% en 2019, et ce mouvement ne devrait que s'accélérer dans le futur ", indique Swetha Ramachandran. " Il sera toutefois compliqué de compenser le manque à gagner du tourisme chinois avec les magasins locaux en Chine. En 2021, toutes les sociétés de notre portefeuille seront toutefois en meilleure position après avoir fait des efforts importants pour réduire leurs coûts opérationnels, conclut Caroline Reyl. Le potentiel de redressement en 2021 sera amplifié quand la demande revien-dra, d'autant que la base de comparaison avec 2020 sera très favorable. "