Duco Sickinghe et Renaat Berckmoes, tous deux anciens cadres supérieurs de Telenet, ont fait de Fortino Capital Partners une valeur sûre en Belgique et aux Pays-Bas en peu de temps. En 2016, ils ont lancé leur premier fonds destiné aux entreprises technologiques prometteuses, avec un capital de 80 millions d'euros. En 2017, ils ont créé un deuxième fonds, destiné cette fois-ci à des investissements plus importants dans des entreprises plus matures. Leur nouveau, et troisième, fonds se concentre à nouveau sur les jeunes entreprises, mais il ne s'agit pas d'une copie du premier fonds.
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Duco Sickinghe et Renaat Berckmoes, tous deux anciens cadres supérieurs de Telenet, ont fait de Fortino Capital Partners une valeur sûre en Belgique et aux Pays-Bas en peu de temps. En 2016, ils ont lancé leur premier fonds destiné aux entreprises technologiques prometteuses, avec un capital de 80 millions d'euros. En 2017, ils ont créé un deuxième fonds, destiné cette fois-ci à des investissements plus importants dans des entreprises plus matures. Leur nouveau, et troisième, fonds se concentre à nouveau sur les jeunes entreprises, mais il ne s'agit pas d'une copie du premier fonds."Ici, nous nous concentrons sur les logiciels destinés au marché des affaires, principalement avec un modèle économique basé sur le software-as-a-service, une formule d'abonnement", explique Duco Sickinghe. "Le premier fonds comprenait encore des participations dans des entreprises axées sur les consommateurs, comme Bloomon (vente de fleurs en ligne, nvdr). Nous avons constaté que c'est sur le marché B2B que nous pouvons le mieux soutenir les entreprises technologiques prometteuses. En règle générale, nous n'investissons pas dès le début, les business angels sont mieux placés pour cela. Nous entrons en jeu lorsque l'entreprise a déjà atteint environ 1 million d'euros de chiffre d'affaires."Jusqu'à la semaine dernière, le fonds essayait encore d'attirer des investisseurs. Aujourd'hui, cette recherche est clôturée : le compteur est à 105 millions d'euros. Le fonds va probablement répartir cet argent en une vingtaine de participations. Sept investissements ont déjà eu lieu, dont deux dans des entreprises françaises (voir cadre). "Nous étions un fonds du Benelux, mais nous nous impliquons de plus en plus dans des opérations en Allemagne et en France", explique Renaat Berckmoes. "Les entreprises spécialisées dans les logiciels établies dans ces pays arrivent rapidement dans le Benelux. Elles recherchent donc des investisseurs ayant une connaissance suffisante de ce marché dès le début. Je m'attends à ce que Fortino investisse principalement dans le Benelux. Nous avons également recruté deux nouveaux collègues expérimentés à Amsterdam. Mais notre portefeuille reposera moins sur le Benelux que celui du premier fonds."Petit à petitLes jeunes entreprises technologiques peuvent bénéficier d'un premier investissement allant d'un million et demi à trois millions d'euros de la part de Fortino. Il est donc surprenant que Fortino, avec d'autres parties, ait investi plus de 40 millions dans la société belgo-américaine Oqton au début de cette année. "Nous lui avons accordé un montant plus important en raison des coûts de développement très élevés qu'elle doit encore supporter. Elle désire devenir une sorte d'Android ou de Microsoft pour l'industrie manufacturière, où ses logiciels relient tout, de la conception à la production. Ben Schrauwen (ancien professeur de robotique et d'intelligence artificielle à l'université de Gand) est à la tête d'Oqton, qu'il a lancé aux États-Unis, mais qu'il désire ancrer en Flandre. Les autres entreprises font face à investissements moins importants pour le développement de leurs produits. L'essentiel est surtout de trouver des clients le plus rapidement possible et d'utiliser les données supplémentaires pour affiner les algorithmes et les produits."Les fonds de capital-risque sont majoritairement clôturés après une dizaine d'années. Le premier fonds de Fortino est maintenant à mi-parcours et comprend encore huit participations, dont une dans la société belge Teamleader, qui fabrique des logiciels en ligne permettant aux PME de gérer leurs relations avec leurs clients et les processus commerciaux connexes, tels que la facturation. Renaat Berckmoes n'envisage pas encore de retrait de ces participations. "Nous avons déjà effectué de belles sorties, comme avec Zentrick, Piesync, Melita et Bloomon. Nous ne sommes pas pressés. Le fonds peut encore fonctionner jusqu'en 2026. Les entreprises restantes ont presque toutes des cash-flows positifs et peuvent continuer à se développer par elles-mêmes. Nous sommes toujours prêts à soutenir les participations en cours si elles ont besoin d'argent pour une reprise."La qualité avant toutL'année dernière, nous craignions encore que la crise sanitaire ne provoque un ralentissement majeur de l'industrie technologique belge. Les acteurs de ce secteur ne disposent presque jamais des tampons financiers nécessaires pour absorber de tels chocs. "Toutes nos participations ont augmenté et pris de la valeur au cours de l'année écoulée", explique Renaat Berckmoes. "La crise sanitaire a en fait eu des conséquences positives pour nous. C'est peut-être parce que nous nous concentrons sur les logiciels en ligne destinés au marché B2B. La crise a rendu ce marché encore plus attrayant. Seul Fooddesk, qui se concentre sur les cuisines et les restaurants, a connu une période plus difficile, mais son année n'est pas mauvaise pour la cause. Les autorités belges avaient imaginé beaucoup de financements d'urgence, mais j'ai l'impression que le vent du goût du risque souffle assez fort sur le marché belge du capital-risque pour que les investissements continuent. Nous n'avons pas non plus été plus ou moins pointilleux. Nous voyons 750 à 1000 dossiers par an, dont la moitié en provenance du Benelux, mais nous ne sélectionnons que cinq à huit investissements par an. La qualité reste notre valeur centrale.Fait notable : dans ce climat d'investissement, Fortino a également levé des fonds auprès des structures publiques PMV et SFPI et du FEI. En Belgique, et par extension en Europe, il semblerait qu'une intervention des autorités est toujours cruciale pour les entreprises technologiques afin de trouver assez de capital de démarrage et de croissance. "Il est tout à fait normal que le gouvernement ait toujours un rôle à jouer ici", explique Duco Sickinghe. "Les fonds comme le nôtre font encore des investissements relativement risqués. Mais le pourcentage du capital provenant du gouvernement reste limité. La majeure partie provient de familles fortunées, du secteur privé. Le FEI est le plus grand investisseur en capital-risque d'Europe et est géré comme une entreprise privée. Il soutient de nombreux fonds de capital-risque, ce qui permet de comparer facilement ses performances avec celles de ses pairs. En fait, la situation n'est pas très différente de celle que nous connaissions lorsque Renaat et moi devions répondre à nos actionnaires chez Telenet. C'est une aubaine, nous sommes obligés de rester alertes."