Ancienne star du patronat français, il est soupçonné de malversations au sein du groupe de médias et communication au début des années 2000. Arrivé discrètement avec sa femme par une porte dérobée dans la salle d'audience du tribunal, M. Messier, 53 ans, n'a fait aucune déclaration avant le début de l'audience, pas plus que ses avocats. Il comparaît aux côtés de cinq anciens hauts responsables de Vivendi Universal (VU) et d'un cadre d'établissement financier. Parmi eux, soupçonné de délit d'initié, figure l'homme d'affaires canadien Edgar Bronfman Jr, héritier d'une des plus célèbres dynasties industrielles de son pays, le groupe Seagram, absorbé en 2000 par Vivendi qui acquit ainsi les prestigieux studios Universal. Près de huit ans après son départ forcé de la présidence de VU, le tribunal va revenir sur sa gestion controversée. Jean-Marie Messier doit répondre jusqu'au 25 juin de trois accusations: diffusion d'informations fausses ou trompeuses, manipulations de cours, abus de biens sociaux. Jean-Marie Messier avait développé une communication euphorique sur la situation de la société avant que les marchés ne découvrent que VU était assommé par une dette de 35 milliards d'euros, entraînant sa démission en juillet 2002. En janvier dernier, à New York, dans le volet américain de la procédure, Jean-Marie Messier avait été innocenté de tout soupçon.