EADS et BAE Systems ont confirmé les rumeurs relayées par l'agence Bloomberg hier. Ils négocient bel et bien un rapprochement depuis plusieurs mois. Suivant le consensus des analystes, les deux groupes afficheront cette année un chiffre d'affaires cumulé de plus 78 milliards d'euros contre 80 milliards de dollars, soit 62 milliards d'euros, pour Boeing. Selon les informations qui ont filtré dans la presse, les actionnaires de EADS détiendront 60 % du nouvel ensemble contre 40% à leurs homologues de BAE Systems.

Pour EADS, la maison-mère d'Airbus, cette opération signifierait déjà l'aboutissement de son plan 2020 dont l'objectif est une présence accrue dans le secteur de la défense. Par ailleurs, l'opération permettrait à BAE Systems de sortir de son créneau quasiment unique de la défense, actuellement affecté par les coupes budgétaires des pays occidentaux.

L'opération n'est toutefois pas du goût des marchés. Hier déjà, EADS avait chuté de plus de 5% tandis que BAE Systems avait gagné plus de 10%, ce qui avait ramené la capitalisation boursière des deux groupes en ligne avec la clé de répartition 60-40. Ce jeudi, les investisseurs sanctionnent les deux titres sur fond de craintes que les synergies ne seront pas effectives avant plusieurs années, de perte de contrats pour BAE Systems avec Boeing et éventuellement avec l'armée américaine.

Cédric Boitte

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