"C'est le rendement total pour l'actionnaire en 2017 dont nous sommes le plus fiers : à 16,8 %, nous surperformons le Stoxx Europe 50, notre indice de référence pour la quatrième année consécutive ! ", se réjouit Gérard Lamarche, numéro un de GBL, en commentant les résultats annuels du groupe. Le portefeuille s'est apprécié de 11 % l'an passé. Le holding a investi plus d'un milliard d'euros et engrangé, grâce à quelques cessions au sein du volet private equity (capital-investissement), un résultat net digne d'être souligné.
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"C'est le rendement total pour l'actionnaire en 2017 dont nous sommes le plus fiers : à 16,8 %, nous surperformons le Stoxx Europe 50, notre indice de référence pour la quatrième année consécutive ! ", se réjouit Gérard Lamarche, numéro un de GBL, en commentant les résultats annuels du groupe. Le portefeuille s'est apprécié de 11 % l'an passé. Le holding a investi plus d'un milliard d'euros et engrangé, grâce à quelques cessions au sein du volet private equity (capital-investissement), un résultat net digne d'être souligné. Avec une capitalisation boursière de plus de 15 milliards d'euros, GBL est le premier holding belge. Et le deuxième à l'échelon européen, n'étant précédé que du suédois Investor AB. Si le groupe est surtout connu pour être le " bébé " d'Albert Frère, il est avant tout le fruit d'un mariage de raison belgo-canadien. Unies depuis les années 1980, les familles Frère et Desmarais contrôlent la société d'investissement par le biais du holding suisse Pargesa, dans lequel elles détiennent une participation identique. Le portefeuille de GBL est à plus de 95 % constitué de participations cotées, les 5 % restants étant composés du pôle private equity Sienna Capital, par le biais duquel le holding investit dans des fonds privés spécialisés. GBL a complètement revu sa politique d'investissement en 2012. " Nous avons diversifié le portefeuille sur le plan stratégique aussi bien que sectoriel ", raconte Gérard Lamarche. Jusque-là, la moitié du portefeuille était composée d'actions d'entreprises énergétiques et plus de 90 % des participations étaient françaises. Ces chiffres sont aujourd'hui de 4 % et 30 %. GBL a investi pour 6 milliards d'euros et s'est défait d'un certain nombre de participations, pour un montant de 7 milliards d'euros, au cours des six dernières années. Il a investi en 2017 pour plus d'un milliard d'euros dans des participations existantes ou nouvelles. Sa nouvelle stratégie l'incite à investir aussi dans un autre type d'entreprises. " Jadis, GBL visait essentiellement les actions de dividende stables, éminemment rentables année après année. Depuis la diversification, il investit davantage dans des entreprises de croissance ", résume Giel-Jan Triest, analyste holdings chez ING. En 2011, 11 % seulement du portefeuille était composé d'actions de croissance, pour 55 % aujourd'hui. " Nous voulons profiter davantage du potentiel de croissance des cours de nos participations en Bourse ", confirme Gérard Lamarche. L'approche s'est avérée payante : la valeur d'actifs nets du portefeuille est passée de 13 milliards d'euros en 2012 à près de 19 milliards à la fin de 2017. Pour le seul exercice 2017, le portefeuille s'est apprécié de 11 % grâce aux performances en Bourse des participations. Au sein de ses participations stratégiques, GBL recense six positions majeures, dont chacune représente entre 6 et 18 % du portefeuille. Elles sont avantageusement réparties en termes sectoriels. Ainsi, le groupe investit-il dans l'industrie grâce aux français Imerys (extraction et transformation de minéraux) et LafargeHolcim (matériaux de construction). Imerys, la participation la plus ancienne (1987), représente 18 % du portefeuille du holding, et LafargeHolcim, 16 %. GBL est par ailleurs l'actionnaire principal d'Umicore (17 % du capital). L'augmentation de capital du mois de février fut pour lui l'occasion d'injecter 144 millions d'euros supplémentaires dans le spécialiste belge des matériaux. " Il s'agit d'une superbe opération, qui permettra à Umicore d'étendre son activité de matériaux de cathodes pour voitures électriques ", sourit Gérard Lamarche. Le holding belge investit par ailleurs des sommes considérables dans la consommation discrétionnaire par le biais de la marque d'articles de sport Adidas et du spécialiste des alcools et spiritueux Pernod Ricard, lesquels représentent 15 et 13 % de son portefeuille. Depuis que GBL en est actionnaire, Adidas a multiplié sa valeur boursière par quatre - un bel exemple de politique axée sur la croissance. La société d'investissement possède 7,5 % de chacune de ces entreprises. Elle a investi également dans SGS, multinationale qui propose des services dans les domaines du contrôle, de la vérification, de l'analyse et de la certification. Enfin, elle a hérité d'une participation dans Total, laquelle s'est toutefois considérablement allégée ces dernières années.Ces six participations principales, auxquelles s'ajoute la participation résiduelle dans Total, représentent 88 % de la valeur du portefeuille. La société d'investissement dispose en outre de quatre positions de moindre envergure, de même que d'un pôle private equity. Comme l'ont montré les résultats de l'exercice 2017, ces deux segments sont les plus dynamiques. " Tout d'abord, nous avons investi dans l'allemand GEA, dont nous détenons 4,25 % du capital, soit 328 millions d'euros ", ajoute Gérard Lamarche. GEA est un fournisseur de technologie au sein de l'industrie agro-alimentaire. Sa gamme de produits va d'installations brassicoles ou pour la traite de vaches aux machines d'emballage et aux congélateurs. La marque de luxe anglaise Burberry fait depuis peu partie du portefeuille. " Nous étoffons notre position dans ce segment, confirme Gérard Lamarche. Elle s'établit d'ores et déjà à 6,46 %, soit 557 millions d'euros. " GBL a toujours mené une politique d'accroissement progressif. Le groupe commence en douceur, pour apprendre à connaître l'entreprise, voire se réserver la possibilité de se retirer s'il ne distingue pas de perspectives d'avenir suffisantes. La société de portefeuille a investi en 2017 dans Parques Reunidos, qui gère des parcs de loisirs dans le monde entier. S'il porte sur 21 % des actions du groupe espagnol, l'investissement ne représente que 1 % du portefeuille du holding. Lequel n'en exploite pas moins indirectement, par ce biais, un parc belge : Bobbejaanland. Il est par ailleurs de longue date actionnaire principal (20 %) du spécialiste belge des produits d'hygiène Ontex, qui occupe 3 % de son portefeuille. Exception faite de Burberry et de GEA, l'investisseur bruxellois siège au conseil d'administration de toutes ses participations où il est un actionnaire actif. " Sans être le moins du monde activistes, ils s'expriment et émettent des suggestions ", constate Giel-Jan Triest. Le holding aime rappeler le rôle qu'il a joué dans le mariage des cimentiers Lafarge et Holcim. En revanche, c'est le silence radio sur l'information judiciaire portant sur la présomption de financement par Lafarge de groupes terroristes en Syrie... Outre son style d'investissement actif, la société met en avant sa politique de concentration. " Nous détenons un nombre limité de participations - 11 à l'heure actuelle - que nous voulons connaître jusque dans leurs moindres détails. C'est typique de GBL ", souligne Gérard Lamarche. GBL se caractérise également par sa transparence et par la clarté de sa communication. Il publie chaque semaine une mise à jour de la valeur d'actif net de son titre. " Il communique en outre abondamment sur ses participations cotées ", ajoute Giel-Jan Triest. Les participations cotées ont rapporté 421 millions d'euros en dividendes l'an dernier, auxquels se sont ajoutés 40 millions d'euros payés par Sienna Capital, son pôle capital investissement. " Le dividende payé par Sienna Capital à GBL devrait, selon moi, systématiquement augmenter ", pronostique Giel-Jan Triest. Sienna Capital a réalisé l'an passé encore une plus-value de 216 millions d'euros sur deux cessions. Gérard Lamarche voit d'un très bon oeil l'idée d'étoffer la participation de GBL dans Sienna Capital. " D'un milliard d'euros actuellement, elle pourrait parfaitement être relevée. A terme, le private equity pourrait constituer 15 % de notre valeur d'actif net ", conclut-il. La proportion était de 5 % en 2017.