Heineken ne devra finalement pas relever son offre (déjà améliorée) sur Asia Pacific Breweries (APB), ni surenchérir pour Fraser & Neave (F&N), une bonne nouvelle pour les finances du groupe néerlandais. Le troisième brasseur mondial a en effet obtenu le soutien de Charoen Sirivadhanabhakdi à son offre de rachat de APB au prix de 53 dollars de Singapour.

Un dénouement quasiment inespéré dans ce dossier après que le milliardaire thaïlandais a déposé la semaine passée une offre de rachat de 9 milliards de dollars pour les 70% de F&N qu'il ne détient pas encore. F&N a une participation de 40% dans APB, contre 42% pour Heineken. Charoen Sirivadhanabhakdi aurait donc pu reprendre le contrôle de la précieuse brasserie asiatique.

Mais il a finalement opté pour une opération essentiellement financière plutôt que le renforcement de ThaiBev en acceptant l'offre de 4,6 milliards de dollars de Heineken pour les 40% de APB détenus par F&N. Les activités soft drinks de F&N suscitent également les convoitises, notamment de Kirin Holdings et de Coca-Cola.

Pour Heineken, le dossier APB se clôture sur une bonne nouvelle, le brasseur néerlandais gardant le contrôle sur son importante filiale asiatique moyennant 6 milliards de dollars au total (pour l'ensemble des 58% qu'il ne possède pas encore), soit plus de 20 fois le résultat ebitda de la société l'année dernière, un ratio largement supérieure à la moyenne de 13 fois l'ebitda pour les dernières acquisitions dans le secteur brassicole.

La victoire du brasseur néerlandais dans ce dossier a donc un coût non-négligeable pour un titre qui affiche déjà lui-même des ratios de valorisation assez tendus (16 fois le bénéfice prévu pour cette année, 2 fois le chiffre d'affaires).

Cédric Boitte

www.accioz.be