Au total, HP a comptabilisé 8 milliards de dollars de dépréciations dont l'essentiel concerne EDS racheté en 2008 pour pas moins de 13,2 milliards de dollars. Le groupe américain a également revu à la hausse ses provisions pour pension anticipée dans le cadre de son plan de restructuration.

Au total, HP a ainsi subi une perte de 8,86 milliards de dollars au cours de son troisième trimestre fiscal (de mai à juillet). Hors éléments non-récurrents, le groupe a enregistré un bénéfice de 2 milliards de dollars, en baisse de 14% en glissement annuel. Par action, le profit ressort à 1 dollar, ce qui est un peu mieux qu'attendu. On épinglera toutefois la déception au niveau du chiffre d'affaires qui a reculé de 5% 29,7 milliards de dollars, seule la petite division Software ayant vu ses ventes progresser - de 18% à 973 millions de dollars. Même les pôles Services et Stockage (serveurs) ont vu leurs ventes reculer tandis que la division PC a sombré avec une chute de 10% de son chiffre d'affaires à 8,6 milliards de dollars.

La réorganisation décidée par Meg Whitman est donc quasiment vitale pour le groupe. La nouvelle Chief executive officer mise tout d'abord sur les réductions de coûts avec 27 000 suppressions d'emplois en deux ans dont 10 à 15 000 dans la division Services qui connait une baisse de sa rentabilité. D'ici la fin octobre, pas moins de 11 500 employés auront déjà quitté le groupe. Parallèlement, HP mise sur la sécurité, le cloud computing et les logiciels d'analyse de données pour redonner du tonus à ses ventes. Mais le pari est loin d'être gagné tant ces débouchés sont convoités tout comme celui des tablettes. Afin de limiter ses pertes de parts de marché, HP va en effet lancer une nouvelle tablette après le flop de la HP Touchpad dont les stocks ont été bradés l'année dernière. Le groupe mise cette fois sur le système d'exploitation Windows 8 de Mircrosoft et sur le segment professionnel afin de contourner la mainmise d'Apple. L'iPad est toutefois le produit qui permet au groupe à la pomme d'entrer dans le segment des entreprises. Ce dernier est par ailleurs déjà au centre de la stratégie de Research in Motion dont la menace est d'autant plus grande que le groupe cherche des alliées. IBM pourrait ainsi reprendre sa division Services aux entreprises tandis que Microsoft pourrait s'allier au canadien dans les smartphones et tablettes.

Cédric Boitte

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