La conférence de Paris sur les changements climatiques en 2015 (COP15) a fixé comme objectif de limiter à 2 degrés le réchauffement de la planète à l'horizon 2050. "Au-delà de cette limite, la vie sur terre va devenir moins plaisante pour une grande partie de la population", souligne Yashica Reddy (Associate Investment Director chez Schroders). "Et pour atteindre cet objectif, l'humanité va devoir réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre". L'industrie du transport n'est toutefois qu'une petite partie du problème, la grande majorité des émissions provenant de secteurs tels que l'agriculture, la production d'énergie ou l'industrie. "Les défis posés par le réchauffement climatique vont donc affecter un grand nombre de secteurs, qui vont devoir altérer fondamentalement la manière dont ils opèrent".

Réchauffement

La production d'énergie renouvelable (notamment éolienne et solaire) est devenue nettement moins chère que celles basées sur les énergies fossiles, notamment suite aux changements règlementaires intervenus ces dernières années au niveau européen. "Et pourtant, ces formes de production d'énergie sont aujourd'hui installées à la moitié du rythme qu'elles devraient avoir. Environ 2.000 milliards de dollars vont devoir être annuellement investis durant la prochaine décennie, et 15% des attentes bénéficiaires sont aujourd'hui à risque en raison de ces enjeux", indique encore Yashica Reddy.

Avec son fonds Schroders ISF Global Climate Change, le gestionnaire britannique figure parmi les pionniers de cette thématique d'investissement. Depuis son lancement en 2007, ce fonds a dégagé une performance remarquable, avec notamment une progression annualisée proche de 10% (pour le compartiment en euros) sur la dernière décennie. "Dans ce produit, nous essayons de nous exposer sur les sociétés qui offrent des solutions aux défis actuels, et qui feront parties des vainqueurs sur le long terme".

Viser les solutions

Le portefeuille comprend ainsi entre 40 et 70 noms, avec une exposition sectorielle qui fera la part belle aux énergies renouvelables (21% des actifs sous gestion), à l'efficience énergétique (22%) et aux transports (23%). "Les voitures électriques constituent aujourd'hui une opportunité très intéressante, avec de nombreux modèles qui vont arriver sur le marché durant les prochaines années qui vont proposer une autonomie accrue avec des prix plus compétitifs par rapport aux modèles traditionnels et par rapport à Tesla".

Elle souligne également que la pénétration des véhicules électriques en Norvège est ainsi passée de 1% à 47% depuis 2010. "Ceci montre que les changements peuvent se produire très rapidement, et qu'ils sont rarement linéaires". Le problème est que le marché ne dispose pas encore à l'heure actuelle du nombre de batteries rechargeables qui permettraient une extension du modèle norvégien à l'ensemble de la planète. "C'est pourquoi nous sommes aujourd'hui fortement investis sur les groupes exposés sur cette thématique, car des investissements importants seront nécessaires afin de pouvoir satisfaire la demande attendue durant la prochaine décennie".