Avant de mettre en vente votre bien loué à titre de résidence principale, vous devez, en Région bruxelloise, communiquer par recommandé au locataire votre intention de vendre. Cette obligation n'existe pas en Région wallonne. Mais dans les deux cas, votre annonce de mise en vente sera probablement mal acceptée par le locataire qui craindra de devoir déménager. Mieux vaut donc le prévenir d'abord de vive voix par téléphone ou, mieux encore, de visu avant de la confirmer par écrit.
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Avant de mettre en vente votre bien loué à titre de résidence principale, vous devez, en Région bruxelloise, communiquer par recommandé au locataire votre intention de vendre. Cette obligation n'existe pas en Région wallonne. Mais dans les deux cas, votre annonce de mise en vente sera probablement mal acceptée par le locataire qui craindra de devoir déménager. Mieux vaut donc le prévenir d'abord de vive voix par téléphone ou, mieux encore, de visu avant de la confirmer par écrit. Une fois l'annonce faite, il vous faudra assez rapidement vous mettre d'accord pour les visites. Les preneurs de bail ont l'obligation de vous accorder ce droit selon les modalités prévues dans celui-ci. Si le bail n'en fait pas mention, les usages sont de faire visiter les lieux fois deux à trois fois par semaine, à raison de deux à trois heures par plage de visites. Peu de locataires sont enclins à accepter autant d' "intrusion" dans leur quotidien, nonobstant vos droits. Il n'est pas rare que certains d'entre eux refusent l'accès à leur propriétaire. Mieux vaut donc faire contre mauvaise fortune bon coeur que de vous voir refuser l'accès en présence de candidats acheteurs : optez pour une seule plage de visites par semaine, le week-end idéalement ou un soir éventuellement. Même en présence de locataires sympathiques et collaborants, votre bien pourrait s'en trouver déprécié : goût décoratif peu attrayant, encombrement ou désordre important, absence de nettoyage, etc. Inutile d'être un vendeur professionnel pour comprendre que vous vendrez moins bien votre maison ou votre appartement. Moins d'amateurs signifie en effet moins d'offres donc moins d'envolées de prix. Et n'attendez pas du locataire qu'il pomponne votre patrimoine alors qu'il n'a aucun intérêt dans la transaction ; que du contraire. Si les acheteurs achètent leur logement pour habitation personnelle, ce qui est le plus fréquent, il se retrouvera à la porte. En tant que vendeur, vous souhaitez évidemment vendre au plus offrant. En la matière, les personnes qui achètent pour occupation personnelle vous feront généralement une offre supérieure aux investisseurs. Ces derniers cherchent le rendement et offrent donc un prix généralement inférieur ne pouvant légalement pas augmenter le loyer. Les premiers n'ont, quant à eux, pas d'impératif de rentabilité : ils choisissent leur futur foyer, pas un actif foncier. Leur offre est donc généralement plus élevée. Toutefois, ils devront donner aux locataires un renom de six mois à l'acte authentique qui aura lieu quatre mois après le compromis, un mois après leur offre, soit près d'un an d'attente avant de pouvoir y nicher toute leur famille. Nul n'a envie d'attendre aussi longtemps de nos jours. Vous aurez moins de candidats. En cas d'amateurs, face à d'autres biens concurrents libres d'occupation, le vôtre en sera dévalorisé. Ainsi, avant de mettre en vente votre bien, mieux vaut attendre le départ spontané de votre locataire ou, autre solution, négocier avec lui une rupture à l'amiable du bail. Mais chaque partie reste libre ou non d'accepter. Cela reste une négociation. Libre à vous de le dédommager le cas échant. Vous avez plus à perdre à garder le locataire qu'à lui offrir un dédit. Tout cela dépendra de vos relations. Il vaut toujours mieux s'entendre avec les occupants de votre patrimoine et ne jamais promettre au début de la location qu'elle perdurera : vous ne savez pas ce que la vie vous réserve. En cas de vente, le locataire vous en tiendra moins rigueur. Par Evelyne Gielen, Economiste immobilier Metrecarre.