La Chine a encaissé une contraction de 6,8% de son PIB pour le premier trimestre de l'année. " Le risque, aujourd'hui, est d'avoir un redémarrage trop rapide qui provoquerait une reprise de la contamination et un effondrement de la demande en raison de la pandémie ", estime Chi Lo, économiste senior pour la Grande Chine chez BNP Paribas Asset Management. Il table en conséquence sur une croissance qui sera comprise entre 3 et 4% pour l'année 2020, avec toutefois des risques qui restent orientés à la baisse et qui seront dépendants de l'évolution mondiale de la pandémie.
...

La Chine a encaissé une contraction de 6,8% de son PIB pour le premier trimestre de l'année. " Le risque, aujourd'hui, est d'avoir un redémarrage trop rapide qui provoquerait une reprise de la contamination et un effondrement de la demande en raison de la pandémie ", estime Chi Lo, économiste senior pour la Grande Chine chez BNP Paribas Asset Management. Il table en conséquence sur une croissance qui sera comprise entre 3 et 4% pour l'année 2020, avec toutefois des risques qui restent orientés à la baisse et qui seront dépendants de l'évolution mondiale de la pandémie. Outre les produits investis globalement sur les marchés émergents, il existe quatre catégories de fonds (Hong Kong, Chine, Grande Chine, et Chine domestique) qui s'exposent de manière plus spécifique sur les actions chinoises. Durant les dernières années, les fonds exposés sur les actions cotées à Hong Kong (actions H) sont restés en retrait, tandis que ceux exposés sur la Grande Chine (Chine + Hong Kong + Taiwan) se sont généralement mieux comportés en raison de la performance torride du groupe taïwanais TSMC. Le cours du géant des semi-conducteurs a en effet plus que doublé depuis 2015 et représente souvent un poids important dans la composition de la plupart de ces fonds. Après avoir fortement corrigé au début 2020, leurs performances se sont nettement redressées, avec des reculs qui ne sont désormais plus que de 2% en moyenne depuis le début de l'année pour les 14 fonds repris dans notre tableau. Sur une période de cinq ans (la moins favorable pour les performances historiques), la meilleure place est occupée par Aberdeen Standard - China A Shares, le seul fonds exposé sur le marché domestique chinois (actions A) disposant d'un historique de performance suffisamment long. " Les actions A se sont relativement bien comportées durant les semaines de forte volatilité, et le recul maximal de notre fonds a été finalement limité à 10%, constate Nicholas Chui, le gestionnaire du fonds. Le pays a rapidement réagi à la crise et est en train de ressortir rapidement grâce notamment à une consommation privée qui est beaucoup plus résiliente que par le passé. " La gestion du fonds vise les actions domestiques valorisées de manière attractive, avec une stratégie d'investissement qui va rechercher les entreprises de qualité, financièrement saines, sur quatre grandes thématiques : la transition vers le commerce sur Internet, la recherche de biens de meilleure qualité ( premiumisation), le secteur de l'assurance-vie et un mode de vie plus sain. " Ces tendances de long terme n'ont été que renforcées par la crise du Covid-19. " Le fonds affiche une notation cinq étoiles et une performance annualisée supérieure à 6% durant les cinq dernières années. Invesco China Focus Equity arrive en seconde position, avec un positionnement qui visera davantage les grandes actions cotées à l'étranger (comme Alibaba, Tencent, Netease ou JD.Com), avec une note Morningstar qui atteint également cinq étoiles. Le portefeuille est fortement concentré autour d'une petite trentaine de noms avec un positionnement qui va privilégier la technologie, les soins de santé ou le commerce en ligne. Il sera inversement totalement absent de l'énergie ou des ressources naturelles. Le dernier produit cinq étoiles disponible en Belgique est Neuberger Berman China, qui affiche également la meilleure performance annualisée sur la dernière décennie. Le portefeuille est également fortement concentré, les 10 premières positions pesant plus de 50% des encours avec, ici aussi, des poids importants sur Alibaba et Tencent, deux valeurs qui se retrouvent dans les premières positions de pratiquement tous les meilleurs fonds chinois. BNP Paribas Funds China Equities Classic propose également une gestion de haute conviction (autour de 40 valeurs). Le fonds est noté quatre étoiles avec une des meilleures performances sur les trois dernières années et une volatilité très inférieure à la moyenne de ses concurrents. " Notre portefeuille est diversifié sur des sociétés leaders de leur secteur (notamment dans la consommation ou la technologie), sur des sociétés dont le profil est résistant dans les conditions économiques actuelles (comme la pharmacie) ou sur des sociétés qui bénéficient de mesures de relance de la part des autorités locales (comme la construction), indique Caroline Yu Maurer, la gestionnaire du fonds. Nous avons inversement réduit notre exposition sur les secteurs qui sont davantage impactés par la crise, comme l'énergie ou les valeurs industrielles mais nous restons à l'affût si les leaders de certains secteurs venaient à tomber sur des niveaux trop décotés. " Pour William Yuen (Invesco), les autorités chinoises ne sont toutefois pas restées inactives, et le pays devrait être dans une position favorable lorsque l'économie globale repartira. " Au niveau des infrastructures, les dépenses ne se dirigent plus vers les grands projets (aéroports, etc.) mais plutôt vers le financement des infrastructures digitales ( data center, intelligences artificielles, etc.) susceptibles de supporter la croissance future du pays ", avance-t-il. En outre, le pays dispose encore de moyens suffisants pour investir davantage si la croissance économique venait à se ralentir trop lourdement. La résilience économique du pays a permis aux autorités chinoises d'intervenir de manière relativement discrète. Mais la donne pourrait rapidement changer durant les prochains mois. Frank Yao, gestionnaire chez Neuberger Berman, estime que " le PIB chinois devrait enregistrer un net rebond durant le deuxième trimestre mais il reste de nombreuses incertitudes, notamment sur le front de la demande externe et des disruptions attendues dans diverses chaînes d'approvisionnement ". Il s'attend dès lors à de nouvelles mesures fiscales (baisses des impôts), monétaires (baisses du taux directeur) et budgétaires (dépenses d'infrastructure) durant les prochains mois. " Cet environnement devrait s'avérer favorables pour les marchés boursiers chinois mais nous continuons pour le moment de privilégier les actions disposant d'une excellente visibilité sur leurs résultats futurs. " Nicholas Chui (Aberdeen SI) souligne que la visibilité à court terme reste faible avec une volatilité qui pourrait rapidement revenir. " Nous sommes encore susceptibles de toucher de nouveaux plus bas durant les prochains mois. La valorisation du marché chinois reste attractive par rapport aux Etats-Unis. " A plus long terme, il estime que les fondamentaux restent intacts pour les actions chinoises, une vision qui est partagée par tous les gestionnaires. Pour William Yuen (Invesco), " les actions chinoises étaient déjà très bon marché par rapport aux américaines lorsque l'épidémie de coronavirus s'est déclenchée. Elles semblent aujourd'hui être dans une meilleure situation économique, et affichent encore une décote importante ". Donald Amstad (Aberdeen Standard Investments) souligne que la Chine doit aujourd'hui être privilégiée dans une stratégie émergente plus large. " Pour la première fois dans ma carrière, nous surpondérons les actions chinoises car leurs attentes bénéficiaires devraient se redresser plus rapidement que dans le reste du monde ".