Pour Stephan Fritz (Flossbach von Storch), le travail des investisseurs est devenu beaucoup plus simple depuis une vingtaine d'années. "Il y a quelques années, vous disposiez de quatre grandes alternatives pour placer votre argent : les bons de caisse, les obligations gouvernementales, l'immobilier et les actions. Dans l'intervalle, toutes ces propositions ont réalisé de bonnes performances, en particulier si vous aviez adopté un univers d'investissement global".

Choix limité

Mais force est aujourd'hui de constater que les deux premières classes d'actifs ne rapportent plus grand-chose, et ne peuvent en tout cas plus être utilisées pour faire fructifier un patrimoine. "L'endettement élevé des grands pays occidentaux n'est supportable que si les taux d'intérêts restent bas, et une remontée des rendements obligataires nous semble donc inenvisageable". Le Japon peut aujourd'hui être vu comme un modèle pour l'évolution future de l'Europe, avec des rendements qui sont extrêmement bas depuis 20 ans, une croissance anémique et un endettement massif de l'état.

Dans le même temps, les rendements immobiliers ont également eu tendance à reculer très rapidement. "Il ne reste aujourd'hui plus que les actions pour dynamiser la performance du portefeuille. Investir n'a donc jamais été aussi simple qu'à l'heure actuelle". S'il existe de nombreux risques sur les placements boursiers, Stephan Fritz estime toutefois qu'il convient de les relativiser. "En dépit des nombreuses crises qui se sont produites ces dernières années, l'indice MSCI World a dégagé une performance de 12% par an durant la dernière décennie. Acheter des actions internationales aurait été la bonne allocation d'actifs à adopter depuis la crise financière. Et au contraire des autres classes d'actifs, leur valorisation reste aujourd'hui raisonnable".

Surpon

Au sein de la stratégie Flossbach von Storch Multiple Opportunities, le produit vedette du gestionnaire allemand, les actions restent très largement surpondérées avec 63% des actifs sous gestion. "Nous adoptons une diversification globale, en donnant la préférence aux grands producteurs de biens de consommation. Ce sont des sociétés (type Nestlé ou Danone) relativement ennuyantes, mais qui affichent une croissance organique comprise entre 3 et 6% et qui sont peu impactées par la guerre commerciales".

"Elles peuvent également compenser les périodes plus délicates en utilisant leur capacité à fixer leur prix de vente". Ces actions auront toutefois tendance à réaliser des performances moins attractives en cas de redressement conjoncturel, une éventualité qui n'est toutefois pas encore à l'ordre du jour. Par rapport aux niveaux historiques, l'exposition en actions est toutefois relativement basse à l'heure actuelle. Le reste du portefeuille est exposé notamment sur les obligations (7%), les mines d'or (10%) et les liquidités (17%). "Nous n'avons pas vraiment modifié la composition de notre allocation depuis le début de l'été".