Le gouvernement doit faire des économies sur les pensions. Selon la commission ad hoc, la facture liée au vieillissement de la population augmentera de 13 milliards d'euros d'ici à 2040. Le gouvernement ne peut sortir un tel montant de son chapeau, c'est évident. Il a donc l'intention non seulement de rogner sur les pensions légales (premier pilier) mais aussi d'imposer un peu plus les pensions complémentaires les plus élevées (deuxième pilier). Il ne s'est pas gêné non plus pour trifouiller dans la fiscalité de l'épargne-pension individuelle (troisième pilier). Autrement dit, pour profiter de votre pension en toute tranquillité financière, mieux vaut mettre suffisamment d'argent de côté pendant votre carrière professionnelle, de préférence sous forme d'épargne et de placements variés.
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Le gouvernement doit faire des économies sur les pensions. Selon la commission ad hoc, la facture liée au vieillissement de la population augmentera de 13 milliards d'euros d'ici à 2040. Le gouvernement ne peut sortir un tel montant de son chapeau, c'est évident. Il a donc l'intention non seulement de rogner sur les pensions légales (premier pilier) mais aussi d'imposer un peu plus les pensions complémentaires les plus élevées (deuxième pilier). Il ne s'est pas gêné non plus pour trifouiller dans la fiscalité de l'épargne-pension individuelle (troisième pilier). Autrement dit, pour profiter de votre pension en toute tranquillité financière, mieux vaut mettre suffisamment d'argent de côté pendant votre carrière professionnelle, de préférence sous forme d'épargne et de placements variés. Indépendants et entrepreneurs prépareront leur pension bien à temps. Le président de la Fédération des investisseurs flamands (VFB) vient de jeter un pavé dans la mare. " Les indépendants qui n'ont droit qu'à une maigre pension de 845 euros en moyenne n'ont pas le choix, ils doivent investir. Un indépendant qui ambitionne de jouir de la même pension qu'un fonctionnaire (2.630 euros par mois en moyenne) doit épargner plus de 500.000 euros pour disposer d'un même budget mensuel à l'âge de la pension légale ", écrivait Sven Sterckx dans l'avant-propos de Beste Belegger, le journal de la VFB. Il faisait référence à la nouvelle taxe de 0,15 % prochainement imposée aux titulaires de comptes-titres supérieurs à 500.000 euros. Pour arrondir ses fins de mois de retraité de 1.000 euros de dividendes, il faut effectivement investir un peu plus d'un demi-million d'euros en actions. Au taux d'intérêt minimum légal actuel sur les carnets d'épargne, votre compte d'épargne doit être riche de quelque 11 millions d'euros pour produire 12.100 d'euros d'intérêts une fois par an. Comment générer autant de revenus sur l'ensemble de l'année avec un capital moindre ? La seule solution consiste à prendre quelques risques sans pour autant avoir la certitude d'atteindre son objectif. Pour bénéficier d'une rente régulière sur son compte, il faut se tourner vers les actions à dividende. Pas facile de s'assurer un dividende 'belge' chaque mois de l'année. Par contre, en constituant un portefeuille d'actions étrangères diversifié (voir tableau " Investir en actions étrangères "), vous pouvez enrichir votre compte d'au moins 1.000 euros de dividendes chaque mois. Ces dividendes étrangers présentent toutefois quelques inconvénients : dans certains cas, les dividendes sont versés en devises étrangères ce qui entraîne la double taxation d'un même dividende, une fois à l'étranger et une fois en Belgique. La diversification en devises étrangères peut parfois tourner à votre avantage. Si le dollar ou le franc suisse se valorise par rapport à l'euro, une fois converti en euros le dividende sera plus important. Même si le dividende n'est jamais garanti à 100 %, il vous est loisible de sélectionner les entreprises dont l'historique de dividende est positif. Ainsi, par exemple, la croissance annuelle du dividende distribué par la holding Sofina est constante depuis 1976. Depuis sa fondation en 1956, le dividende a tantôt progressé, tantôt fait du sur-place mais n'a jamais baissé. Le dividende de GBL augmente chaque année depuis 2004. Gimv fait l'impossible pour garder le dividende à niveau et si possible l'accroître de façon durable même si la société d'investissement a vu son dividende fléchir en 2003 et 2004 du fait de circonstances exceptionnelles. Ces sociétés de portefeuille ont des participations dans plusieurs entreprises. La répartition des risques est donc optimale. La politique de dividende de la holding néerlandaise HAL qui possède des parts dans GrandVision (Pearl) et Coolblue repose sur le cours moyen de décembre. HAL essaie d'offrir un rendement brut de 4 %. Après prélèvement de l'impôt néerlandais (15%) et belge (30%), le dividende de 7,1 euros par action s'élève en fin de compte à 4,22 euros net, soit un rendement net de 2,5 % pour les investisseurs belges. Le dividende distribué par le groupe pharmaceutique suisse Novartis va crescendo depuis 1996. Il est soumis à une taxe de 35 % en Suisse, ou de 15 % conformément au traité de double imposition, et de 30 % en Belgique. Dans le meilleur des cas, le rendement net est donc de 1,9 %. Les investissements en actions étrangères permettent de mieux répartir les dividendes sur l'année. Aux Etats-Unis par exemple, les dividendes sont habituellement versés chaque trimestre. Les détenteurs d'actions Coca-Cola touchent un dividende de 0,37 dollar par action début avril, en juillet, en octobre et à la mi-décembre. Le timing des paiements Coca-Cola complète idéalement notre calendrier. Il est possible d'encore mieux répartir son capital entre plusieurs actions à dividende américaines. Nous aurions pu reprendre le géant pharmaceutique Johnson & Johnson et le groupe McDonald's dans notre portefeuille modèle. Ces entreprises versent également des dividendes trimestriels mais pas aux mêmes échéances que Coca-Cola. L'investisseur belge doit tenir compte de la taxe à la source américaine et du précompte mobilier belge. L'impôt sur les dividendes des actions américaines est en principe de 30 % mais vous pouvez demander à votre courtier l'application automatique du traité de double imposition entre les Etats-Unis et la Belgique, ce qui réduit l'impôt à 15 %. Le dividende de Coca-Cola revient en fin de compte à 0,185 euro, soit un rendement net de 1,9 %. Un nombre croissant d'entreprises dont Proximus et bpost versent un dividende deux fois par an : un dividende intérimaire et un dividende final. Ce n'est pas un hasard si l'Etat belge est actionnaire principal de la société de télécommunications et de la poste. La perception d'une partie du dividende avant la fin de l'année permet en effet au gouvernement d'équilibrer son budget. D'autres entreprises comme les industriels Umicore et Solvay distribuent également un dividende deux fois par an. Le dividende de Solvay n'a pas fléchi une seule fois ces 30 dernières années. Le dividende intérimaire versé en janvier représente 40 % du dividende de l'année précédente. Les familles actionnaires du groupe chimique sont réunies dans la monoholding Solvac. Si vous êtes disposés à acheter des actions nominatives, vous pouvez également intégrer Solvay par le biais de Solvac. Solvac verse des avances sur dividende en août et en décembre, tandis que Solvay distribue son dividende intérimaire en janvier et son dividende final en mai. Umicore met également tout en oeuvre pour stabiliser voire accroître le dividende et verse un dividende intérimaire équivalant à environ la moitié du dividende de l'année antérieure. Pour un rendement élevé, on se tournera vers les Sociétés immobilières réglementées (SIR), légalement obligées de reverser 80 % de leurs bénéfices. Nous avons repris quatre sociétés dans notre sélection : Warehouses Estates Belgium, Ascencio, Immo Moury et Aedifica. Aedifica offre en outre un tarif intéressant pour ce qui est du précompte mobilier parce que l'entreprise investit plus de 60 % de son portefeuille immobilier en logements pour seniors. Le précompte mobilier habituellement de 30 % est de ce fait raboté à 15 %. Autre alternative : les fonds de placement avec versement mensuel. D'après les rendements bruts publiés par le fournisseur d'analyses Morningstar, il suffirait d'investir 330.000 euros dans six fonds de distribution renommés (voir tableau " Investir 330.000 euros en fonds de distribution " ). Attention : le rendement brut n'est pas garanti, il est purement indicatif. Ces fonds visent à générer des revenus pour les investisseurs sans rogner le capital de départ. Il n'y a toutefois aucune garantie de capital. Les certificats des fonds Templeton Global Total Return par exemple se sont dévalorisés de 7 % depuis le début de l'année. Il s'agit d'un fonds en obligations du gestionnaire hors normes Michael Hasenstab, connu pour les 5,6 milliards d'euros de bénéfices réalisés sur les obligations irlandaises qu'il a reprises en vrac dans ses fonds en juillet 2011. Certains des placements risqués en obligations d'Etat n'ont pas donné les résultats escomptés mais, sur 10 ans, Hasenstab arrive malgré tout à obtenir un rendement annuel moyen de 8,8 %. Pour Hasenstab comme pour tous les investisseurs en obligations, l'heure de vérité sonnera lorsque l'intérêt augmentera sensiblement au niveau mondial. Invesco Global High Income a lui aussi un faible pour les obligations, principalement pour les obligations à haut rendement d'entreprises à la crédibilité incertaine. Sur la liste figurent également des fonds qui investissent pour ainsi dire autant en actions qu'en obligations. Le Franklin Income Fund rassemble un peu plus d'actions à dividende que d'obligations. La proportion est inversée chez M&G Income Allocation. Enfin, Abderdeen Global Multi Asset Income investit dans le monde entier et répartit les capitaux entre différentes catégories d'actifs, de l'infrastructure au leasing avion. Vous pouvez aussi tenter votre chance chez MeDirect. La banque en ligne a constitué deux portefeuilles avec le spécialiste des fonds Morningstar. Le premier portefeuille se compose de 10 fonds de capitalisation qui réinvestissent la totalité des revenus et le second de 10 fonds de distribution assortis d'un dividende régulier. Certains fonds de ce portefeuille versent un dividende mensuel mais la plupart s'en tiennent à un versement par trimestre, voire par an. Selon la simulation du site, un investissement dans des fonds de l'ordre de 530.000 euros peut produire jusqu'à 12.051,25 euros de dividendes nets sur l'ensemble de l'année. A l'instar des fonds de distribution, il existe également des trackers de distribution. Il s'agit de fonds indiciels cotés en Bourse qui reversent aux investisseurs les dividendes et les intérêts perçus. " Rares sont les fonds de placement qui font mieux que les indices ", assure Hans Heytens, analyste principal du gestionnaire d'actifs Weghsteen. Mieux vaut alors opter pour un tracker indiciel que pour un fonds de placement pour lesquels les gestionnaires facturent beaucoup plus de frais. Le seul problème est que quasi aucun tracker ne verse de dividendes mensuels. Il faut se contenter de dividendes trimestriels, voire annuels. A moins de le combiner avec des actions et des fonds. " Il existe aujourd'hui des indices intelligents, comme le MSCI Eurospe High Dividend Yield Index, qui reprennent exclusivement des actions européennes à haut rendement, durables et à conserver, ajoute Hans Heytens. Ils screenent les paramètres tels que le payout-ratio, le bilan et le rendement sur avoirs propres pour tester la qualité du dividende. Amundi ETF MSCI Eurospe High Dividend Factor UCITS est un exemple de tracker suivant les performances de cet indice. " " Certains indices se concentrent sur la croissance constante du dividende ", explique Hans Heytens. Un des critères de sélection des S&P Euros High Yield Dividend Aristocrats est l'évolution stable ou haussière du dividende depuis 10 ans au moins. La pondération des entreprises dans l'indice dépend du rendement du dividende. " Le SPDR S&P Euros Dividend Aristocrats UCITS ETF est un tracker greffé sur cet indice ", assure Hans Heytens. Pour celui-ci, la croissance du dividende est un facteur dont il faut tenir compte, au même titre que le niveau du dividende. Il met cependant en garde : de très nombreux investisseurs ont pris le train en marche ces dernières années, poussant ainsi le prix des actions à la hausse. A côté de cela, il y a aussi les trackers qui conjuguent rendement de dividende et rendement produit par l'achat d'actions propres. " Cette combinaison s'avère gagnante, poursuit Hans Heytens. Elle permet de sélectionner les entreprises disposées à récompenser généreusement leurs actionnaires. Deux trackers du gestionnaire d'actifs relativement modeste Cambria surfent sur cette vague. Cambria Shareholder Yield ETF investit en actions américaines uniquement et Cambria Foreign Shareholder Yield ETF investit en actions d'autres pays développés. " Hans Heytens privilégie la dimension régionale. " Les trackers qui investissent en actions à dividende américaines surtout sont assez coûteux, dit-il. Je pencherais plutôt pour les actions à dividende de pays en voie de développement, de la zone euro ou des actions britanniques. La livre sterling a perdu du terrain par rapport l'euro, d'où son succès auprès des investisseurs sur le continent européen. Par ailleurs, les actions britanniques ne sont pas très chères en général. " Hans Heytens déconseille le marché immobilier britannique du fait de ses prix exorbitants. Les Real Estate Investment Trusts (REITS) sont la variante internationale des sociétés immobilières réglementées (SIR) belges. Elles offrent par définition de généreux dividendes à leurs actionnaires. " On peut difficilement faire abstraction des REITS vu l'importance du marché immobilier britannique mais tant qu'à faire, je conseillerais plutôt un tracker lié au MSCI World REITS Index pour relativiser le poids des REITS par rapport au reste. " Pour ce qui est des obligations, Hans Heytens lorgne plutôt du côté des pays en voie de développement. " Les obligations en devises locales ne sont pas si chères. Les pays en voie de développement sont souvent moins endettés que les pays développés. Le seul inconvénient est la valeur très variable des obligations. Il faut pouvoir résister à une plus forte volatilité et investir sur 10 ans au moins. " En ce qui concerne les ETF, l'investisseur doit savoir certaines choses. Pour les trackers de distribution non enregistrés en Belgique, chaque transaction, achat ou vente, est soumise à une taxe boursière de 0,27 %. Si le tracker de distribution est enregistré en Belgique, la taxe n'est que de 0,09 %. L'investisseur a aussi intérêt à connaître la composition du tracker. Dans le cas des trackers synthétiques, il se peut que le tracker suive la performance des actions parce qu'il investit essentiellement en obligations. Lors de la vente d'un tel tracker, la taxe sur la plus-value réalisée sur la partie obligataire est de 30 %. Cela fait une sacrée différence.