Les taux bas poussent de plus en plus d'épargnants à investir. Ceux qui se contentent de produits d'épargne perdent en effet de leur pouvoir d'achat chaque année. Mais pour de nombreux Belges, le passage de l'épargne à l'investissement s'apparente à un saut dans le vide. Une manière évidente de surmonter ces craintes consiste à investir par le biais de fonds.
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Les taux bas poussent de plus en plus d'épargnants à investir. Ceux qui se contentent de produits d'épargne perdent en effet de leur pouvoir d'achat chaque année. Mais pour de nombreux Belges, le passage de l'épargne à l'investissement s'apparente à un saut dans le vide. Une manière évidente de surmonter ces craintes consiste à investir par le biais de fonds. Le principal argument en faveur d'un investissement en fonds est qu'ils permettent d'obtenir immédiatement une saine diversification de ses avoirs. C'est important, car bien qu'un investissement ne soit jamais dénué de risques, il est possible de les réduire considérablement en se constituant un portefeuille bien diversifié. La qualité de cette diversification dépendra du fonds. Si vous optez pour un pur fonds d'actions par exemple, vos économies seront certes réparties sur quelques dizaines d'entreprises, mais elles seront entièrement investies en actions. En préférant un fonds mixte, vous investirez à la fois en obligations, en actions et parfois dans d'autres produits financiers comme des participations dans des entreprises non cotées en Bourse, ce qui permet une diversification sur différents types d'actifs. Un autre argument en faveur des fonds est qu'ils vous permettent de faire appel à l'expérience et à l'expertise d'un gestionnaire de fonds, généralement assisté de toute une équipe d'économistes et d'analystes au service d'un gestionnaire de patrimoine. Ceci ne vaut cependant que pour les fonds à gestion active ( voir également la question 3 pour la distinction entre les fonds à gestion active et à gestion passive). De nombreuses informations sont disponibles sur chaque fonds enregistré en Europe. Vous pouvez les demander auprès de votre banque ou de votre courtier (en ligne), ou encore les consulter sur le site web du fournisseur d'informations spécialisées Morningstar. La principale source d'information est le KID ( Key Information Document), document d'informations clés pour l'investisseur en français. Vous y trouvez notamment des explications sur le profil de risque du fonds, son objectif, la stratégie mise en oeuvre, les gains et pertes potentiels ainsi que les frais. Par ailleurs, vous pouvez également consulter le rapport annuel ou semestriel. Vous y trouverez entre autres un aperçu de la composition du portefeuille et les rendements obtenus. Il existe de multiples variétés de fonds. On établit souvent une distinction sur la base des produits dans lesquels le fonds investit, généralement soit des actions, soit des obligations. Ces dernières années, les investisseurs optent de plus en plus pour des fonds mixtes. Ceux-ci peuvent investir dans différents types d'actifs selon certaines proportions, éventuellement en fonction du risque que l'investisseur souhaite prendre. Dans les grandes lignes, un fonds qui investit davantage en actions sera plus approprié pour les investisseurs qui présentent un plus grand appétit pour le risque. A l'inverse, un fonds qui investit en obligations sera destiné aux profils plus prudents. Il est également possible d'établir une distinction selon l'objectif du fonds. Ainsi, il existe des fonds patrimoniaux, qui ont surtout par but de préserver votre capital. Autre exemple : les fonds de distribution, dont l'objectif est de verser un rendement à intervalles réguliers. Ils peuvent le faire parce qu'ils perçoivent eux-mêmes des dividendes sur les actions ou des intérêts sur les obligations qu'ils ont en portefeuille. Enfin, il est essentiel de distinguer les fonds actifs et passifs. Comme leur nom l'indique, les premiers font l'objet d'une gestion active par un gestionnaire de fonds. Celui-ci se fixe pour objectif de faire mieux que le marché ou qu'un benchmark - ou un indice de référence - donné. Les fonds à gestion passive, de leur côté, sont dénommés ainsi par ce qu'ils se contentent de copier les performances d'un marché ou d'un indice de référence donné. Comme ces fonds ne font pas l'objet d'une gestion active, les frais sont beaucoup plus faibles. Ce qui explique leur succès croissant. Atout supplémentaire : les fonds à gestion passive se négocient en Bourse comme les actions. D'où leur domination anglaise d' exchange traded fund (ETF). Outre les informations clés pour l'investisseur (KID), il est recommandé de consulter l'historique d'un fonds, ses performances sur ces trois, cinq ou dix dernières années. Certes, les rendements du passé ne donnent aucune garantie pour l'avenir. Mais ils fournissent une indication du risque que vous prenez et une idée du rendement que vous pouvez attendre. Comme pour tous les investissements, il est important de diversifier ses avoirs, y compris entre plusieurs fonds. Evitez par exemple de miser toutes vos économies sur un seul fonds. Par ailleurs, il est utile de vérifier les règles fiscales. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que la fiscalité des fonds est particulièrement complexe. Le régime de taxation varie par exemple selon la forme juridique du fonds. Ainsi, des règles différentes s'appliquent selon qu'un fonds à gestion passif est enregistré en Belgique ou à l'étranger. Autre exemple : si vous optez pour un fonds à capital variable - dans lequel les investisseurs peuvent entrer et sortir - investi à plus de 10% en obligations, vous paierez une taxe de 30% sur la plus-value provenant de la partie à revenu fixe. En d'autres termes : il est important de bien s'informer sur la manière dont votre fonds sera imposé. Les frais -qui réduisent le rendement- constituent le principal piège pour les investisseurs en fonds. La plupart des fonds facturent des frais d'entrée et de sortie, ainsi que des frais annuels de gestion. Mais les pourcentages peuvent varier énormément selon le fonds. Les frais souvent élevés des fonds à gestion active sont la principale explication du succès des fonds à gestion passive. Ces derniers n'exigent pas de gestionnaire grassement rémunéré. Les partisans des fonds à gestion passive trouvent que les frais élevés des fonds à gestion active ne se justifient pas, puisque les recherches démontrent qu'aucun gestionnaire de fonds ne parvient à faire mieux que le marché à long terme. Néanmoins, une gestion active peut parfois être utile, par exemple quand le gestionnaire dispose d'une connaissance spécialisée d'un secteur donné, comme la technologie ou les biotechnologies. De plus, les fonds à gestion passive présentent des risques spécifiques. A nouveau, une saine diversification entre gestion active et gestion passive semble être la voie de la sagesse. Il s'agira surtout d'éviter les fonds à gestion active qui n'en ont que le nom et s'écartent à peine d'indices donnés. En d'autres termes, il est important d'éviter de payer les frais élevés d'un fonds à gestion active pour un rendement que vous pouvez également obtenir à moindre coût avec un fonds à gestion passive. Comme pour investir en actions et en obligations, vous aurez besoin d'un compte-titres. Vous pouvez en ouvrir un auprès de la plupart des banquiers ou d'institutions spécialisées comme des courtiers (en ligne) ou des gestionnaires de patrimoine. Une fois que vous y aurez versé un montant donné, il s'agira de sélectionner quelques fonds au sein d'un catalogue presque infini. Pour cela, vous devez réfléchir à plusieurs questions essentielles auxquelles personne ne pourra répondre à votre place, comme le risque que vous voulez prendre ou la période pendant laquelle vous pouvez vous passer de vos économies. Il est également recommandé d'analyser en profondeur les informations disponibles évoquées ci-dessus. Nous avons déjà évoqué le succès des fonds mixtes et des fonds à gestion passive. Mais d'autres grandes tendances redessinent le paysage des fonds. Ainsi, de plus en plus de fonds respectent des principes ESG, des règles liées au respect de normes environnementales, sociales et de bonne gouvernance. Ici aussi, il s'agit de regarder sous le capot, car la mise en oeuvre de ces principes peut varier énormément. Certains fonds vont, par exemple, exclure certaines entreprises ou certains secteurs, alors que d'autres n'investiront que dans les entreprises qui obtiennent les meilleurs scores en matière de durabilité. Les fonds thématiques constituent une autre tendance importante. Ce sont des fonds qui misent sur une évolution donnée. Pensez, par exemple, aux fonds qui tentent de répondre à des évolutions démographiques comme le vieillissement de la population ou à des révolutions technologiques comme l'intelligence artificielle ou les voitures autonomes. Enfin, vous pouvez de plus en plus souvent vous faire conseiller par un robot, un algorithme formulera certaines recommandations sur la base de ce votre profil d'investisseur ou votre appétit pour le risque. L'avantage est que vous n'avez pas besoin de rémunérer le chargé de clientèle d'une banque privée ou de disposer d'un patrimoine important pour bénéficier de conseils professionnels. Un robot peut vous assister à partir d'un montant très modeste.