"Lorsque le marché hypothécaire s'est effondré fin 2007, KBC, qui disposait parmi toutes les institutions européennes d'un des ratios les plus élevés de CDO par rapport à son capital, s'est retrouvé au bord de l'insolvabilité", écrit le quotidien américain, tout en rappelant que depuis octobre 2008, KBC a dû demander l'aide des autorités belges à trois reprises et a ainsi reçu un total de 41,5 milliards de dollars (près de 30 milliards d'euros) en recapitalisations et garanties publiques.

"Pour une banque avec un bilan de 425 milliards de dollars (300 milliards d'euros), c'est une somme ahurissante qui dépasse le renflouement de la Royal bank of Scotland", poursuit le NY Times. "L'atmosphère (au sein de KBC Financial Products, ndlr) était détendue et incitait à la prise de risque. Les employés se rendaient aux réunions en shorts et sandales. Si la transaction proposée n'atteignait pas le standard interne d'un rendement de 22%, elle était rejetée", indique encore le NY Times sur base de déclarations d'anciens responsables.

Selon le journal américain, les responsables de KBC Financial Products étaient tellement désireux de vendre leurs produits financiers à rendement élevés, tels les CDO's, qu'ils les ont présentés comme étant sans risques, ce qui a tenté de nombreux investisseurs non spécialisés et donne aujourd'hui lieu à des actions en justice à l'encontre de KBC. Certains investisseurs mécontents ont encore affirmé que KBC Financial Products n'était pas surveillée -ce qui a été démenti par KBC- et ont pointé du doigt le fait que les fonctions de directeur financier et de responsable du risque n'étaient pas séparées au sein du bancassureur -ce qui a finalement été annoncé ce mardi par KBC.

Alors que l'ancien patron de KBC, André Bergen, a démissionné mardi soir et que des changements sont intervenus au comité de direction du bancassureur, "les personnes responsables de la stratégie CDO restent en place", conclut le NY Times.