L'assureur Ageas en avait fait l'expérience lors de son investor day, voyant son action dévisser de plus de 4 % parce que les analystes avaient eu un doute sur sa capacité à continuer à verser un généreux dividende. Le même scénario vient de se répéter avec KBC, qui a perdu 7 % en quelques jours.

Que s'est-il passé ? Lors de son investor day qui se tenait à Dublin le 21 juin dernier, le bancassureur a précisé les grandes orientations de son plan financier.

Il a rappelé son désir d'être au moins aussi bien capitalisé que ses concurrents immédiats et a pour cela a annoncé qu'il allait renforcer son capital. Pour deux raisons. D'abord parce qu'il a abondamment recours à des mesures d'évaluation interne du risque. Or, les nouvelles réglementations bancaires en gestation veulent limiter ces " estimations maison ", en général plus optimistes que les estimations standards. KBC désire anticiper ce changement. Ensuite, parce que le groupe veut s'assurer un tampon supplémentaire pour pouvoir absorber l'une ou l'autre acquisition sans devoir augmenter son capital. Du coup, KBC, qui affiche un ratio de fonds propres dur de plus de 15 % aujourd'hui, désire l'amener d'ici 2020 à 16,6 %.

Rien de dramatique, donc. Cependant, l'annonce a provoqué deux réactions diamétralement opposées. Certains analystes, comme ceux de Degroof Petercam, ont salué cette volonté d'anticiper la réglementation. D'autres, au contraire, ont estimé que ces capitaux mobilisés pour renforcer le capital ne pourraient servir à alimenter la pompe à dividendes. Une preuve de plus que lorsque les valorisations atteignent certains niveaux, le moindre signal peut provoquer une forte réaction. C'est ce qu'on appelle la volatilité.

16,6%. C'est le nouvel objectif de ratio de capital de KBC. Des analystes craignent que ces capitaux mobilisés n'entament la capacité de KBC à verser de généreux dividendes.