Le redressement de Kinepolis depuis l'entrée en fonction du directeur (CEO) Eddy Duquenne début 2008 se confirme. Certes, le nombre de visiteurs reste stable depuis quelques années, mais les revenus par visiteur continuent à augmenter. Sous Duquenne, le groupe parvient en effet à tirer le maximum de ses salles. Par exemple à l'aide d'une programmation plus efficace - les films démarrant à différentes heures - qui réduit les filles dans les stands d'alimentation et de boissons, ce qui est favorable au chiffre d'affaires. Le large portefeuille immobilier est également optimisé. La reconversion du parking de Kinepolis Gand en un immeuble d'appartements et la vente du complexe de cinémas de Liège - fermé depuis 2004 - auront dégagé une plus-value totale de 2,8 millions d'euros.

En 2011, le chiffre d'affaires a atteint 253,7 millions d'euros, soit une hausse de 6,1 % par rapport à 2010. Le nombre de visiteurs est stable à 21,3 millions d'euros. La baisse du nombre de visiteurs (-7,9%) provoquée par la crise économique en Espagne a en effet été compensée par les hausses enregistrées en Belgique (+2,8%) et en France (+0,5%). Malgré le succès d'Avatar en 2010, le nombre de visiteurs s'est donc maintenu en 2011, notamment grâce au nouvel épisode de "Pirates des Caraïbes" et à des films comme "Rundskop" en Belgique et "Intouchables" en France. Le cash-flow opérationnel récurrent (REBITDA) a progressé de 7,8 % à 71,7 millions d'euros et le bénéfice net de 25,5 % à 35,2 millions d'euros. Grâce aux rachats d'actions propres - dont une partie a été détruite -, le bénéfice par action a progressé de 32 % à 5,53 euros. La hausse des free cash-flows de 45% à 56,1 millions d'euros confirme les qualités de grand générateur de liquidités de l'exploitant de salles de cinéma.

La dette financière nette a progressé de 14 % à 76,5 millions d'euros. Les nouveaux investissements et les rachats d'actions propres ont en effet été en partie financés par de nouvelles dettes. Le niveau d'endettement est cependant très faible comparé à un cash-flow opérationnel de 76,1 millions d'euros.

Actionnaires gâtés

Les actionnaires profitent pleinement de ce succès. L'an dernier, le groupe avait procédé à une réduction de capital unique de 4,33 euros par action. Et le dividende sera à nouveau augmenté cette année, cette fois de 34 % à 1,69 euro par action. L'an dernier, le dividende avait déjà été relevé de 37 % par rapport à l'année précédente. Kinepolis tient ainsi sa promesse de maintenir le ratio de distribution (dividende/bénéfice net) à 30 %.

Malgré sa récente progression, l'action reste bon marché à 11,9 fois le bénéfice attendu pour 2012 et 11 fois le bénéfice attendu pour 2013. La hausse du dividende porte le rendement de dividende à 2,86 % par action. Mais le titre recèle toujours du potentiel et peut être racheté.

Mathias Nuttin

Twitter: @MathiasNuttin