Sur les marchés boursiers, l'année 2020 s'annonce très différente de 2019. Il ne sera plus question de rebond et les investisseurs attendent aussi désormais des avancées concrètes. Les signes de stabilisation de l'économie mondiale doivent se muer en une reprise de la croissance. Les négociations entre Washington et Pékin doivent se poursuivre après l'accord commercial de phase 1. Le Royaume-Uni et l'Union européenne doivent régler leur future relation. Autant de conditions qui représentent autant d'incertitudes... Dans ce contexte, Philippe Ledent " privilégie les actions des entreprises de qualité, avec un bon bilan, une capacité à augmenter leur chiffre d'affaires, à verser des dividendes ". L'économiste d'ING se montre notamment prudent concernant les perspectives de croissance de la zone euro au cours d'une année qui pourrait aussi être chahutée par les élections présidentielles aux Etats-Unis en novembre.
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Sur les marchés boursiers, l'année 2020 s'annonce très différente de 2019. Il ne sera plus question de rebond et les investisseurs attendent aussi désormais des avancées concrètes. Les signes de stabilisation de l'économie mondiale doivent se muer en une reprise de la croissance. Les négociations entre Washington et Pékin doivent se poursuivre après l'accord commercial de phase 1. Le Royaume-Uni et l'Union européenne doivent régler leur future relation. Autant de conditions qui représentent autant d'incertitudes... Dans ce contexte, Philippe Ledent " privilégie les actions des entreprises de qualité, avec un bon bilan, une capacité à augmenter leur chiffre d'affaires, à verser des dividendes ". L'économiste d'ING se montre notamment prudent concernant les perspectives de croissance de la zone euro au cours d'une année qui pourrait aussi être chahutée par les élections présidentielles aux Etats-Unis en novembre. Selon Xavier Timmermans, on ne peut effectivement pas espérer en 2020 le même genre de performances que l'année dernière. " En 2019, les actions ont beaucoup été aidées par la baisse des taux des banques centrales, en particulier de la Réserve fédérale. Ce qui a permis une expansion des ratios cours-bénéfices. " Pour 2020, le stratégiste de BNP Paribas Fortis table au mieux sur une hausse des cours similaire à la croissance des bénéfices des entreprises. Cette dernière " sera au maximum de l'ordre de 3 % à 5 % dans un contexte d'économie tournant à faible régime ". A ce potentiel de hausse des cours, il convient d'ajouter les dividendes pour obtenir le rendement. " Pour le Stoxx Europe 600, le dividende brut est encore de 3,5%. Donc, en 2020, il faudra plus rechercher les revenus que la croissance des cours. " Si l'on résume la situation, l'investisseur devra donc rechercher des actions de qualité. Dans ce contexte, il serait tentant de se fier à celles offrant les dividendes les plus généreux. Le simple maintien du coupon vous offre alors un rendement attractif. Cette stratégie est toutefois bien plus risquée qu'il n'y paraît. Quand le rendement de dividende atteint des sommets, c'est traditionnellement le signe que les marchés estiment que le coupon n'est pas pérenne. Les révisions à la baisse du dividende peuvent ainsi être sévères : bpost (-42% sur l'acompte 2019), AB InBev (dividende 2018 divisé par deux), Vodafone (dividende 2019 réduit de 40%), Centrica (dividende 2019 raboté de 60%), Nokia (suspension du dividende), etc. Traditionnellement, les entreprises qui réduisent leur dividende le font en raison de la baisse de leurs résultats et/ou d'un endettement tendu. Dans le secteur des télécoms, plusieurs opérateurs ont aussi raboté leur coupon en raison des coûts de développement de la 5G mobile et de la fibre optique sur le réseau fixe. Historiquement, l'indice FTSE All-World High Dividend Yield rassemblant les actions mondiales avec les dividendes les plus généreux affiche même une sous-performance assez sensible. Malgré un rendement de dividende supérieur à 4%, il ne peut se prévaloir que d'un rendement annualisé de 5,3% au cours des cinq dernières années contre 7,8% pour l'indice global. Pis, le ratio " rendement-risque " du FTSE All-World High Dividend Yield est inférieur. En d'autres termes, les actions à haut dividende offrent un rendement total moindre pour un risque équivalent. En 2015 et 2018, deux années négatives pour les Bourses, il a subi une perte supérieure à la moyenne globale. Les bonnes années, sa performance a déçu cinq fois sur sept au cours de la décennie écoulée.Se contenter des actions offrant un dividende élevé est donc un mauvais calcul, peu importe ce qui attend sur les marchés en 2020.Pour éviter cet écueil et profiter d'un rendement de dividende attractif, il est indispensable de miser sur les actions de qualité offrant un dividende pérenne. C'est notamment l'objectif de l'indice MSCI World High Dividend Yield. Cet indice mondial liste les actions offrant un dividende pérenne supérieur à la moyenne. Outre le rendement de dividende, un filtre de qualité est ainsi appliqué : MSCI passe en revue les performances des 12 derniers mois pour retirer les actions dont les fondamentaux pourraient se détériorer, ce qui pourrait obliger ces entreprises à réduire leur dividende. Ces dernières années, les performances de cet indice ont été légèrement inférieures aux Bourses mondiales. Mais depuis sa création en 1995, il affiche un ren dement annualisé de 9,01% contre 7,58% pour les actions mondiales en général. La sous-performance des dernières années offre donc une opportunité de long terme. A noter que le sous-indice européen de ces actions à dividende élevé de qualité affiche un rendement de dividende de 5,31%, sensiblement supérieur à la moyenne mondiale (3,89%).Lorsqu'il s'agit d'investir dans les actions offrant un dividende pérenne, l'option la plus courante est toutefois de miser sur les dividend aristocrats. Il s'agit d'entreprises qui relèvent chaque année leur dividende et ce depuis un temps certain. Traditionnellement depuis 25 ans aux Etats-Unis et 10 ans en Europe. Pour ces entreprises, faire partie de ce cercle fermé des aristocrates est souvent un engagement vis-à-vis des actionnaires. Elles veillent donc à offrir un dividende pérenne. Evidemment, cela ne constitue pas une garantie absolue, mais on constate que les mauvaises surprises sont assez peu nombreuses. Si l'on prend les aristocrates de l'indice américain S&P500, seuls deux sur plus de 50 ont perdu leur statut depuis 2012 en raison d'une baisse de leur dividende. Même lors de la grande récession de 2008-2009, ils ont plutôt bien résisté : moins d'un sur trois a dû revoir son dividende à la baisse et il s'agissait essentiellement d'entreprises financières qui étaient au coeur de la crise. Notons que la planète marché compte aussi de plus en plus de rois du dividende, ceux qui se peuvent se prévaloir d'une hausse du dividende depuis au moins 50 ans. Citons Colgate-Palmolive, Johnson & Johnson, Lowe's, Coca-Cola, 3M, Emerson Electric, Procter & Gamble ou Dover. Bunzl (26 ans de hausse du dividende), Fresenius (26 ans), Sanofi (25 ans), Wolters Kluwer (29 ans), Kerry Group (33 ans) sont quelques-unes des actions européennes répondant aux critères américains pour devenir aristocrate. Le champion européen du dividende est toutefois Nestlé, le géant suisse n'ayant jamais baissé son dividende depuis 1959 et le relevant même chaque année depuis 1995. A noter que le Royaume-Uni représente la moitié des 41 valeurs composant l'indice S&P Europe 350 Dividend Aristocrats. En Belgique, le meilleur élève est GBL. Le holding de feu Albert Frère relève son dividende chaque année depuis plus de deux décennies. Parmi les aristocrates, on peut citer également Colruyt, qui n'a jamais baissé son dividende depuis qu'il a commencé à en verser un en 1997 - il l'a relevé presque chaque année à l'exception de 2014 et 2015 (dividende stable). Ou Solvay, qui en est à trois décennies de paiement d'un dividende en hausse ou stable. Ou UCB.