Avec ses cinq milliards d'habitants ou presque, l'Asie est la région la plus peuplée du globe et accueillera l'essentiel de la croissance de la population mondiale durant prochaines décennies. Son poids dans le produit intérieur brut mondial est passé de 9% en 1980 à près de 40% aujourd'hui. Pourtant, les portefeuilles des investisseurs européens (et belges) restent encore très largement sous-exposés sur cette région, et ce en dépit des performances étincelantes obtenues par les fonds qui lui sont consacrés.
...

Avec ses cinq milliards d'habitants ou presque, l'Asie est la région la plus peuplée du globe et accueillera l'essentiel de la croissance de la population mondiale durant prochaines décennies. Son poids dans le produit intérieur brut mondial est passé de 9% en 1980 à près de 40% aujourd'hui. Pourtant, les portefeuilles des investisseurs européens (et belges) restent encore très largement sous-exposés sur cette région, et ce en dépit des performances étincelantes obtenues par les fonds qui lui sont consacrés. Le tableau ci-dessous reprend une série de ces produits, cotés quatre ou cinq étoiles par Morningstar, exposés en priorité sur les valeurs technologiques (entre 20 et 32% des actifs sous gestion) et financières (entre 13 et 26%). Des produits qui, durant les cinq dernières années, ont vu leur performance annualisée dépasser les 14%, avec encore une progression moyenne supérieure à 10% depuis le début 2021. En tête du classement, nous trouvons le fonds Fidelity Fund - Asia Pacific Opportunities, géré depuis Singapour par Anthony Srom. "Je m'attends à ce que les avantages structurels de cette région restent bien présents pour les 10 prochaines années, avec une large gamme d'opportunités pour les investisseurs", explique le gestionnaire, soulignant néanmoins que la volonté des économies occidentales de réorganiser leurs chaînes d'approvisionnement pourrait avoir des conséquences sur les poches de valeur dans cette région. "En outre, la Chine et l'Inde vont progressivement suivre leur propre chemin. Dans ce contexte, la sélection active des titres va être plus importante que jamais." Le fonds de Fidelity affiche une exposition sur les marchés chinois (Chine, Taiwan, Hong Kong) d'environ 60%, avec un équilibre qui tend à privilégier le secteur technologique (31% des encours) par rapport aux financières (13%). "C'est une stratégie de fortes convictions, avec historiquement 50% des encours concentrés sur une dizaine de positions", indique Anthony Srom, pour une volatilité qui reste en ligne avec ses principaux concurrents. "Nous recherchons des sociétés de qualité qui sont décotées pour l'une ou l'autre raison, ce qui rend la performance du portefeuille relativement résiliente dans les différentes phases des marchés boursiers", poursuit le gestionnaire. Avo Ora, gestionnaire de Pictet - Asian Equities Ex Japan rappelle lui aussi combien l'Asie se révèle particulièrement dynamique et innovante, aux perspectives de croissance diversifiées: "la Chine et l'Inde sont aujourd'hui aussi diversifiées que les Etats-Unis, avec une croissance du PIB aujourd'hui beaucoup plus stable et soutenable que par le passé". Pour Avo Ora, il n'est d'ailleurs pas du tout trop tard pour investir sur les Bourses asiatiques. "En dépit des belles performances des dernières années, les valorisations sur ces marchés restent encore relativement attractives, surtout en prenant en considération les prévisions sur les bénéfices futurs. En outre, les entreprises asiatiques ont fortement réduit leur dépendance à l'endettement, et elles ont même encore renforcé leur position financière durant l'épidémie." Anthony Srom se veut également rassurant quant à l'intervention ponctuelle des régulateurs dans certains segments du marché. "Ce risque fait partie des grandes incertitudes lorsque vous investissez en Chine. Mais les craintes semblent aujourd'hui relativement moindres qu'il y a six mois". Les fonds Asie-Pacifique peuvent se répartir en deux grandes catégories selon qu'ils se concentrent sur les actions à dividende ou pas. Les fonds à dividende présentent la particularité d'être davantage exposés sur l'Australie ou Hong Kong (et des secteurs comme les minières australienne ou les valeurs bancaires) tandis que les fonds plus généralistes auront tendance à privilégier la Chine ou l'Inde. George Gosden est à la tête du fonds Threadneedle Asian Equity Income qui affiche (de loin) la meilleure performance sur ce segment plus spécifique des fonds à dividende. "La hausse des résultats depuis le début de l'année a permis un fort redressement et je pense que nous ne sommes qu'au début de ce mouvement qui s'est généralisé à l'ensemble de la cote, explique le gestionnaire. Les analystes ont plutôt tendance à sous-estimer le redressement des dividendes attendus pour le reste de l'année." Les entreprises qui surprendront favorablement le marché dans ce domaine seront donc susceptibles d'être accompagnées de performances boursières soutenues durant les prochains mois. George Gosden cite notamment le cas du groupe taïwanais Mediatek (semi-conducteurs) qui a récemment annoncé des objectifs solides pour la seconde partie de l'année. "En plus du versement d'un dividende exceptionnel, la direction a augmenté sensiblement son engagement pour le payout futur, ce qui a provoqué une hausse du cours de 10% durant la séance suivante. Les surprises positives sur les dividendes se traduisent souvent par une surperformance de l'action." On notera que Mediatek n'est pas le seul taiwanais à faire l'objet d'une attention toute particulière des investisseurs. Relais de nombreuses évolutions technologiques de la prochaine décennie (intelligence artificielle, internet des objets, véhicules électriques et autonomes, etc.), Taiwan Semiconductors figure au centre de l'allocation de tous les fonds affichant de bonnes performances. "Le groupe taïwanais sera le vainqueur structurel de long terme pour toutes ces tendances, et est une des nos principales positions depuis de longues années", illustre ainsi Anthony Srom (Fidelity). Le gestionnaire aime par ailleurs à souligner que les derniers mois ne l'ont pas amené à apporter beaucoup de changements à son portefeuille. "Nous avons profité des mouvements sectoriels dans le cadre de la rotation de la croissance vers la value, ou dans le cadre de l'épidémie de coronavirus. Nous avons pris quelques positions de manière opportuniste sur des sociétés de qualité pour lesquelles nous voyons un potentiel attractif." Le marché chinois a ainsi été mis sous pression suite à la mise en place d'une politique monétaire plus restrictive. "Nous avons profité de ce recul pour faire trois acquisitions durant le premier trimestre, et nous resterons à l'affût de nouvelles opportunités", explique Anthony Srom. Il n'y a d'ailleurs pas que la Chine ou Taiwan. le gestionnaire remarque combien le rebond de l'activité économique en Inde a été très rapide. Le marché a en effet rapidement effacé les craintes liées à la pandémie en retrouvant rapidement ses sommets historiques. "Nous avons maintenu nos positions dans ce pays. Par contre, la pandémie a entraîné d'autres opportunités d'investissement depuis le début de l'année, avec notamment une correction forte à Taiwan qui nous a permis de constituer une position sur Mediatek".