Selon les données de l'Institut royal météorologique (IRM), la Belgique a connu les mois de juillet et d'août les plus secs de son histoire. Les 23 mm de précipitations tombés à Uccle sont en effet le chiffre le plus bas depuis le début des relevés en 1833 et 10 fois inférieurs à la normale. Mais le phénomène n'est certainement pas que belge. L'ensemble de l'Europe a connu l'été le plus chaud jamais enregistré selon le programme européen Copernicus. La Chine a aussi subi une vague de chaleur record, aggravant les problèmes de sécheresse. L'année dernière, Taïwan avait dû imposer des restrictions en eau, ce qui avait notamment affecté la production de semi-conducteurs en pleine pénurie mondiale. L'été dernier, de nombreux pays ont connu des rationnements en eau et des conflits autour de la précieuse ressource bleue. Notamment en France où des militants s'en sont pris aux bassines (réserves d'eau) mises en place pour l'irrigation des cultures.
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Selon les données de l'Institut royal météorologique (IRM), la Belgique a connu les mois de juillet et d'août les plus secs de son histoire. Les 23 mm de précipitations tombés à Uccle sont en effet le chiffre le plus bas depuis le début des relevés en 1833 et 10 fois inférieurs à la normale. Mais le phénomène n'est certainement pas que belge. L'ensemble de l'Europe a connu l'été le plus chaud jamais enregistré selon le programme européen Copernicus. La Chine a aussi subi une vague de chaleur record, aggravant les problèmes de sécheresse. L'année dernière, Taïwan avait dû imposer des restrictions en eau, ce qui avait notamment affecté la production de semi-conducteurs en pleine pénurie mondiale. L'été dernier, de nombreux pays ont connu des rationnements en eau et des conflits autour de la précieuse ressource bleue. Notamment en France où des militants s'en sont pris aux bassines (réserves d'eau) mises en place pour l'irrigation des cultures. L'évolution des conditions climatiques aggrave ainsi des tensions structurelles. A peine 0,7% de l'eau présente sur terre est de l'eau douce disponible pouvant être potable ou utilisée en agriculture. Le reste est essentiellement constitué d'eau salée dans les mers et océans (97%) et de glaces et de neiges permanentes (2%). De plus, d'après un rapport de l'Unesco publié en 2020, 3,6 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent dans des régions qui connaissent une pénurie d'eau au moins un mois par an. Ce chiffre pourrait atteindre 5,7 milliards en 2050. L'eau nous est pourtant indispensable, pour notre hydratation et notre hygiène évidemment. Mais aussi pour l'agriculture, la production d'énergie (tours de refroidissement) et quantité d'industries allant des raffineries de pétrole aux fonderies de semi-conducteurs en passant par la production de pâte à papier, la sidérurgie ou la chimie. Selon le Global International Geosphere-Biosphere Programme, l'humanité consomme au total environ 4.000 milliards de m3 d'eau douce. L'autre défi planétaire est ainsi la gestion des eaux usées. Selon l'Onu-Eau, "sur le volume total d'eaux usées ménagères produites dans le monde, on estime à 150 milliards de m3 (55,5%) la part d'eaux usées traitées sans danger". "A l'échelle globale, le secteur des services liés à l'eau constitue un marché de 600 milliards de dollars, progressant à un rythme de quelque 4-6% par an", selon Pictet Asset Management. Le gestionnaire d'actifs suisse explique également que selon des estimations de marchés "des dépenses de plus de 1.000 milliards de dollars seront requises chaque année d'ici à 2030 pour équiper la planète en infrastructures d'eau efficaces". Ces investissements sont nécessaires notamment pour développer et moderniser les infrastructures de distribution d'eau, vétustes dans de nombreux pays. Selon une étude de la Banque mondiale, les pertes des réseaux d'eau potable représentent 32 milliards de m3 par an pour un coût estimé à 3 milliards de dollars. Les spécialistes de Pictet Asset Management épinglent aussi le potentiel de croissance dans les pays émergents. "Alors qu'en Chine, près de 60% des eaux souterraines et un tiers des eaux de surface ont été répertoriés comme impropres au contact humain, la nécessité de répondre aux problèmes découlant d'une mauvaise gestion des déchets fait l'objet d'une prise de conscience croissante, notamment dans les pays émergents. Le gouvernement chinois a démontré sa détermination à assainir la situation par le biais de son programme 2015 Water Ten Plan, imposant aux industries polluantes des objectifs très rigoureux en matière de protection écologique et environnementale." Le thème de l'eau est donc prometteur et riche en opportunités. Deane Dray, directeur et analyste multisectoriel chez RBC Capital Markets, met toutefois les investisseurs en garde. "Si la mégatendance de l'eau continue de faire les gros titres, les implications en matière d'investissement sont plus complexes." "L'un des plus grands mythes est que tous les investissements dans le domaine de l'eau doivent être gagnants, confie-t-il ainsi à l'agence Morningstar. Trop de gens pensent que le simple fait d'être dans une entreprise liée à l'eau doit automatiquement en faire un bon investissement. Ce n'est tout simplement pas le cas." De plus, une sécheresse ou un besoin accru en solutions de traitement de l'eau ne vont pas nécessairement directement se refléter en Bourse. Cette année, la plupart des fonds exposés à ce thème affichent ainsi une performance négative en raison du repli généralisé des Bourses et tout particulièrement de la chute des valeurs de croissance. Ce repli offre toutefois des opportunités, la prime du thème de l'eau ayant disparu selon Alex Martens, gestionnaire de fonds chez KBC Asset Management. Reste à définir où investir, le thème étant assez large. Globalement, Alex Martens distingue trois grands segments: Le thème de l'eau mêle ainsi des sociétés défensives (services aux collectivités), des groupes industriels (construction d'infrastructures, pompes, conduites, etc.) et des entreprises innovantes, voire des start-up, actives dans de nouvelles solutions pour notamment économiser et recycler l'eau. Dans ce contexte, Andrew Chanin, CEO de ProcureAM, estime que "la diversification est une approche à envisager par les investisseurs pour faire face à la crise croissante de l'eau". Dans cette perspective, les fonds ne manquent évidemment pas d'atouts. Du côté de la gestion active, nous pouvons notamment retenir les trois fonds suivants: Du côté des fonds passifs, l'offre sur le thème est assez bien fournie, retenons notamment: Euronext Bruxelles héberge également un acteur entièrement exposé au thème de l'eau, à savoir Ekopak. L'entreprise flamande arbore l'étiquette WaaS, Water as a Service. Concrètement, elle propose (notamment) des solutions intégrées d'approvisionnement et de traitement des eaux pour les entreprises. La société, entre autres soutenue par Marc Coucke, affiche une progression de 45% depuis son entrée en Bourse en mars 2021 au prix de 14 euros par action. Les analystes de KBC Securites demeurent à l'achat jusqu'à présent.