Alors que le segment des fonds environnementaux ne comportait encore qu'une petite dizaine de fonds il y a cinq ans, le nombre des produits a explosé. L'année 2020 n'a fait que confirmer l'appétit des investisseurs pour ces produits, qui conjuguent un engagement sur des entreprises proposant des solutions à la crise environnementale avec des performances boursières étincelantes.
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Alors que le segment des fonds environnementaux ne comportait encore qu'une petite dizaine de fonds il y a cinq ans, le nombre des produits a explosé. L'année 2020 n'a fait que confirmer l'appétit des investisseurs pour ces produits, qui conjuguent un engagement sur des entreprises proposant des solutions à la crise environnementale avec des performances boursières étincelantes. En moyenne, la quinzaine de fonds (disponibles sur le marché belge) disposant d'un historique de performance suffisamment long ont dégagé une progression supérieure à 25% durant les 12 derniers mois. Et sur des périodes de trois, cinq et dix ans, les performances annualisées s'élèvent respectivement à 12,9%, 14,1% et 10,1%. Les encours de ces fonds ont suivi la même tendance. Le fonds de Nordea a ainsi vu sa taille pratiquement multipliée par six durant les deux dernières années alors qu'il affichait encore des actifs sous gestion à peine supérieurs à 1,1 milliard d'euros durant le premier semestre 2019. L'évolution est comparable pour Schroders ISF Global Climate Change (de moins de 500 millions de dollars à près de 3 milliards aujourd'hui) tandis que le fonds BNP Paribas Climate Impact s'est multiplié par trois. Comme dans la plupart des autres segments du marché, les investisseurs ont très visiblement privilégié les fonds qui affichent les meilleures notes Morningstar. Cet attrait se marque également par l'arrivée d'un très grand nombre de nouveaux fonds, comme CPR Invest Climate Action, Belfius Equities Climate, NN Climate & Environment, Carmignac Green Gold ou encore le très récent M&G Climate Solutions (lire l'encadré ci-dessous). Certains de ces nouveaux venus affichent d'ailleurs déjà plusieurs centaines de millions d'euros en encours, la palme étant détenue par le fonds de CPR Asset Management qui dépasse les 500 millions d'euros alors que le produit n'affiche pas encore un historique suffisamment long pour se voir octroyer des étoiles chez Morningstar. En tête du classement, nous trouvons cinq produits affichant des performances significativement supérieures à leurs concurrents sur trois et cinq ans, avec des notations Morningstar tournant entre quatre et cinq étoiles. Nordea 1-Global Climate and Environment reste le leader, avec une stratégie très largement exposée sur les valeurs américaines et des pondérations importantes sur la technologie et les valeurs industrielles. "Notre travail est de dénicher les meilleures actions susceptibles de trouver des solutions aux enjeux climatiques, illustre Henning Padberg, cogestionnaire du fonds. Nous les examinons tant d'un point de vue fondamental que de celui de la durabilité du modèle d'entreprise. Dans le cadre de notre analyse ESG, nous sommes aussi en contact direct avec les entreprises afin d'éventuellement les pousser à adopter des trajectoires plus vertueuses." La plus belle performance en 2020 a été obtenue par Simon Webber chez Schroders, qui a vu son fonds progresser de plus de 40%, soit pratiquement 8% de plus que le plus proche de ses concurrents. Ce fonds est un des plus anciens de sa catégorie, avec une stratégie davantage exposée sur les valeurs européennes. Le portefeuille compte des producteurs d'énergie éolienne, avec des noms comme Vestas ou Siemens Gamesa parmi les principales positions du fonds. "Atteindre les objectifs fixés par les accords de Paris va nécessiter une décarbonisation de l'économie mondiale, et ces nouvelles technologies sont aujourd'hui compétitives par rapport aux sources d'énergie traditionnelle, avec des perspectives de croissance extrêmement fortes. La production d'hydrogène vert va nécessiter la mise en place d'importantes sources d'énergie renouvelable en Europe durant les prochaines décennies. Il est très important pour les investisseurs d'éviter les industries et les entreprises qui ne sont pas bien positionnées pour ce changement de paradigme." Pour les prochains trimestres, les sociétés exposées sur les enjeux climatiques vont être matériellement favorisées par le plan de relance décidé en Europe, dont une partie importante soutiendra des projets ayant un impact positif sur les émissions de carbone. La Chine s'est également positionnée durant le mois de septembre pour mettre la lutte contre les émissions de carbone au centre de sa politique nationale, ce que le pays n'avait jamais fait auparavant. Et enfin, l'élection de Joe Biden à la présidence américaine signifie également que la plus grande économie mondiale va réintégrer les accords de Paris, ce qui induira la mise en place d'importants projets d'infrastructures durant les prochaines années. "L'ensemble de ces nouvelles soutiennent les valeurs du secteur, avec des perspectives de croissance qui devraient s'étaler sur les prochaines décennies", indique encore Randeep Somel, gestionnaire du fonds M&G Climate Solutions. Il faut toutefois remarquer que les valorisations dans le secteur sont aujourd'hui très élevées avec, par exemple, des rapports cours/bénéfice qui dépassent souvent 25 pour les meilleurs fonds du classement. "Le marché a clairement tendance à sous-estimer la durée de cette tendance et l'impact des changements qui vont se manifester dans nos économies, souligne Gabriel Micheli (Pictet Asset Management). Nous sommes pourtant aujourd'hui à un tournant, avec des mouvements qui vont s'accélérer durant les prochaines années. Les consommateurs veulent des solutions plus respectueuses de l'environnement, les entreprises investissent pour adopter des modèles durables et les gouvernements vont soutenir massivement cette tendance. Il n'y a aucune raison pour que cette croissance à court ou moyen terme déraille. Sur un horizon de 10 à 15 ans, les valorisations actuelles sont encore justifiables pour de nombreuses sociétés, même si certains noms sont devenus chers."