Le secteur de l'infrastructure est relativement neuf et seulement sept produits globaux commercialisés en Belgique affichent un historique supérieur à trois ans, avec des performances annualisées dépassant les 11 % pour les cinq meilleurs fonds. A noter qu'il existe également quelques fonds exposés sur l'infrastructure émergente (notamment chez Aberdeen ou Invesco), voire même un fonds d'Amundi qui n'investit que dans les sociétés indiennes. Ce dernier produit, très spécialisé, affiche une performance comparable à la performance du meilleur fonds global sur la même échéance, mais avec une volatilité bien supérieure.
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Le secteur de l'infrastructure est relativement neuf et seulement sept produits globaux commercialisés en Belgique affichent un historique supérieur à trois ans, avec des performances annualisées dépassant les 11 % pour les cinq meilleurs fonds. A noter qu'il existe également quelques fonds exposés sur l'infrastructure émergente (notamment chez Aberdeen ou Invesco), voire même un fonds d'Amundi qui n'investit que dans les sociétés indiennes. Ce dernier produit, très spécialisé, affiche une performance comparable à la performance du meilleur fonds global sur la même échéance, mais avec une volatilité bien supérieure. Investir dans l'infrastructure consiste à s'exposer sur des actifs réels, avec des sociétés qui construisent des ponts, des égouts ou des routes ; ou qui gèrent des actifs comme des voies à péages, des parkings, des pylônes de télécommunication, des prisons ou des aéroports. " Les besoins dans ce domaine vont nécessiter des investissements gigantesques durant les prochaines décennies, ce qui représente une importante source d'opportunités pour les investisseurs ", souligne Jay Rosenberg, gestionnaire du fonds Nuveen Global Infrastructure depuis 2007. Selon le Forum économique mondial, il existe un déficit annuel d'environ 1.000 milliards de dollars entre ce qui est dépensé et ce qui devrait l'être. Et les dépenses d'ici 2030 devraient dépasser les 50.000 milliards de dollars. Le contexte politique actuel laisse également la place à une augmentation des dépenses d'infrastructures dans les pays développés. Outre le programme très ambitieux de l'administration Trump, les pays de l'Union européenne semblent également se diriger vers une politique budgétaire plus expansionniste, afin de stimuler une croissance qui reste anémique. " Les faibles coûts de financement sont un incitant supplémentaire, mais la capacité de financement des pouvoirs publics est souvent limitée ", souligne Wilson Magee, gestionnaire du fonds Franklin Global Listed Infrastructure. Les sociétés privées vont devenir de plus en plus importantes dans cette équation, soit par le biais de privatisations partielles d'une société publique, soit par la mise en place de partenariats public-privé (PPP). Sur le long terme, la qualité des infrastructures disponibles pour les entreprises et les populations est une des manières de renforcer le potentiel de croissance de nos économies vieillissantes. Et dans les pays émergents, les fondamentaux sont également très solides, avec des infrastructures qui sont encore souvent très déficientes dans de nombreuses régions. Les populations en voie d'urbanisation représentent 2,5 milliards de personnes d'ici 2050, un mouvement qui sera concentré sur l'Afrique et l'Asie. Matt King, gestionnaire du fonds Morgan Stanley Global Infrastructure, souligne que l'élection de Donald Trump a remis le secteur sur le devant de la scène, mais que les principaux attraits de ces stratégies restent sur la croissance à long terme couplée à la volatilité attractive. " Les actions de ce secteur ont tendance à avoir une performance annualisée supérieure aux marchés boursiers globaux avec une volatilité plus faible. Elles ont également des dividendes plus élevés, avec des moteurs de croissance et une protection contre l'inflation en plus d'un profil généralement plus défensif. " " En raison de leur profil atypique, ces actifs affichent une volatilité qui en fait une source de diversification attractive par rapport aux portefeuilles traditionnels exposés sur les actions ou sur les obligations ", souligne encore Jay Rosenberg (Nuveen). Des opérateurs de péages ou de parkings verront ainsi assez peu de volatilité dans leurs rentrées annuelles et auront souvent la liberté d'ajuster annuellement leurs tarifs à la hausse afin de suivre le niveau de l'inflation, sur base de concessions de long terme qui peuvent dans certains cas atteindre 99 ans. Le marché nord-américain (Etats-Unis, Canada, Mexique) représente souvent une grande partie des actifs sous gestion dans les meilleurs fonds, notamment en raison d'un niveau de privatisation des infrastructures beaucoup plus avancé. Le fonds de Nuveen est ainsi exposé à plus de 50 % des actifs sous gestion exposés sur le marché américain, le reste étant réparti de manière relativement équilibrée entre les acteurs européens (notamment Vinci, Aéroport de Paris ou bpost) et asiatiques (+Australie). Pour l'exercice 2017, Wilson Magee (Franklin Templeton) souligne apprécier " les nombreuses perspectives de croissance dans les producteurs d'énergies renouvelables, en particulier par rapport aux producteurs d'électricité traditionnels. Le support des régulateurs dans de nombreux pays en font une opportunité attractive pour les investisseurs ". Matt King (Morgan Stanley Global Infrastructure) souligne également que ces actions ont souffert après l'élection de Donald Trump. " La valorisation fait partie de notre processus de sélection, et ces sociétés sont aujourd'hui valorisées de manière attractive même en cas de diminution sensible des incitants fiscaux. C'est une zone sur laquelle nous nous sommes renforcés ces derniers mois. "