La société française de gestion d'actifs La Financière de l'Échiquier (LFDE) a examiné si l'investissement socialement responsable (ISR) est plus rentable pour ses fonds que l'investissement traditionnel. Pour mesurer la durabilité d'une entreprise, les investisseurs utilisent généralement les critères ESG (Environmental, Social et Governance), c'est-à-dire l'environnement, la société et la bonne gouvernance.

L'échantillon de La Financière de l'Echiqiuer comprend 500 entreprises. Les 40 entreprises dotées des meilleures notes ESG ont vu leur valeur augmenter ces neuf dernières années de 192%, contre 84% pour les 40 entreprises affichant les plus mauvaises notes ESG. "C'est la combinaison de ces trois facteurs qui fonctionne le mieux", explique Sonia Fasolo, gestionnaire de fonds et spécialiste de l'investissement durable à la LFDE.

Le principal vecteur de performance est l'attention portée à la société, alors que les mauvaises notes en termes de gouvernance sont celles qui pèsent le plus sur les résultats. "Il faut se tenir à l'écart des entreprises dont la gouvernance est médiocre", poursuit explique Sonia Fasolo.

La gestionnaire de fonds reconnaît que les résultats ne sont pas nécessairement représentatifs de l'ensemble du marché. "Notre étude ne touche que les entreprises auxquelles nos gestionnaires s'intéressent. Nous avons une préférence pour les petites et moyennes entreprises cotées." Il ressort également d'études antérieures que l'ISR ne signifie pas que les investisseurs perdent en rendement.

Un esprit sain dans un corps sain

Ainsi une étude a été réalisée par NN Investment Partners et l'université de Maastricht. "La bonne gouvernance semble avoir le plus d'impact à long terme", déclare Faryda Lindeman, responsable de l'investissement socialement responsable chez NN Investment Partners. "Si la tête n'est pas bonne, il est peu probable que le reste du corps fonctionne correctement."

Chez NN Investment Partners, une centaine de personnes s'attèle à la mise en place d'une gestion de portefeuille durable. "Nous travaillons sur l'investissement durable depuis le milieu des années 90", explique Hester Borrie, responsable de la relation client chez NN Investment Partners.

Participation active

Faryda Lindeman souligne qu'investir sur la base des facteurs ESG permet de limiter les risques. "L'utilisation de ces critères permet aux investisseurs de mieux identifier les risques." Selon elle, de nombreuses entreprises ne sont pas encore prêtes à faire de l'environnement une priorité. C'est pourquoi il est nécessaire que les grands investisseurs participent activement à la politique.

Faryda Lindeman voit également un certain nombre de thèmes émergents pour les investisseurs durables. Elle pense au rôle du secteur financier dans le financement d'activités controversées, aux mauvaises habitudes alimentaires, au recours aux antibiotiques ou au recyclage des plastiques et de matières premières.

Traduction : virginie·dupont·sprl