Pressés par la révision à la baisse des prévisions de consommation de brut, les pays exportateurs ont dû abandonner leur plan initial de ramener l'accord de réduction de la production de 7,7 millions de barils par jour (mb/j) à 2 mb/j en janvier, comparable à la situation d'avant la pandémie (-1,7 mb/j). La reprise de la production sera bien plus graduelle de 0,5 m...

Pressés par la révision à la baisse des prévisions de consommation de brut, les pays exportateurs ont dû abandonner leur plan initial de ramener l'accord de réduction de la production de 7,7 millions de barils par jour (mb/j) à 2 mb/j en janvier, comparable à la situation d'avant la pandémie (-1,7 mb/j). La reprise de la production sera bien plus graduelle de 0,5 mb/j par mois à partir de janvier. L'objectif de l'Opep demeure de tenter de stabiliser les prix et donc d'aligner l'offre sur la demande, que l'organisation estime à 96,3 mbj en 2021, soit 4% de moins qu'en 2019. Un baril sous 40 dollars pèse sur les finances publiques de nombre de pays exportateurs alors qu'à plus de 50 dollars, les investissements dans le pétrole de schiste aux Etats-Unis s'accélèrent... Par ailleurs, de plus en plus de prévisionnistes soulignent que la baisse de consommation du secteur aérien, notamment, continuera de peser sur la demande en 2022. Selon BP, la demande risque même de ne jamais revenir à son niveau de 2019. Le fameux "pic" est donc désormais sur toutes les lèvres, dans le sillage des nombreuses politiques de décarbonation de l'économie. D'autres observateurs placent ce pic un peu plus tard: entre 2027 (d'après le groupe pétrolier norvégien Equinor) et 2033 (d'après le consultant McKinsey). Dans tous les cas, avec une réserve de production et des stocks records, c'est de mauvais augure pour les groupes parapétroliers qui dépendent fortement des investissements et donc des perspectives de consommation future. Les grandes sociétés pétrolières comme Total, BP ou Shell ont davantage de temps devant elles et profiteront de la gestion du prix du baril par l'Opep.