Le président de la compagnie nationale libyenne du Pétrole, Choukri Ghanem, chef de la délégation libyenne à l'Opep, a confirmé à l'AFP le maintien des quotas. Pragmatique, l'Opep, qui souhaite un baril à 75 dollars pour que les producteurs puissent investir dans l'exploration et la production, ne veut pour l'heure se montrer trop impatiente au risque de saboter une remontée des indicateurs économiques. Entre septembre et décembre dernier, l'Opep, qui fournit 40% de l'or noir mondial, avait décidé de retirer du marché 4,2 millions de barils par jour (mbj) pour tenter de freiner la dégringolade des cours qui étaient tombés jusqu'à 32,40 dollars, fixant son plafond de production à 24,84 mbj.

Le chef de file de l'Opep, le ministre saoudien du pétrole Ali al-Nouaïmi, a certes relevé quelques signes positifs sur le marché pétrolier, fortement ébranlé depuis des mois. M. al-Nouaïmi, dont le pays est le premier pays producteur mondial de brut, a reconnu mercredi que la récente remontée des prix du baril autour des 60 dollars était "un signe d'optimisme" pour la reprise économique mondiale. Selon lui, le marché, encore déséquilibré, est cependant en train de s'équilibrer, notamment grâce à une reprise de la demande asiatique de brut.

Pronostiquant de son côté une hausse des cours du brut, M. Ghanem, a estimé avant la réunion jeudi qu'"en raison de la situation de l'économie mondiale, nous ne devrions pas rendre les choses plus compliquées pour l'économie". "Le marché est sur-approvisionné mais on espère que l'économie va s'améliorer un peu. Dans le même temps, les prix bougent parce que les spéculateurs sont de retour. Le marché envoie des signaux différents", a-t-il analysé.

Le ministre qatari de l'Energie, Abdallah al-Attiyah, a, lui, tenu à mettre en garde les producteurs devant trop d'optimisme quant à la récente remontée des prix du baril de brut. "Nous devons discuter de la situation du marché. Le prix du pétrole n'est pas lié maintenant à l'offre et à la demande. On ne devrait pas être trop optimiste", a-t-il dit.

La hausse actuelle des prix "est soutenue par l'espoir d'une reprise économique, et non pas par des facteurs pétroliers ni par les fondamentaux", a renchéri jeudi l'expert français Pierre Terzian, de la revue Pétrostratégies.

Parmi les tenants d'une ligne plus dure au sein du cartel, le ministre vénézuélien du pétrole, Rafael Ramirez, a, lui, jugé que le marché souffrait d'un excès d'un million de barils quotidien, mais que cette situation s'améliorerait si l'Opep respectait à la lettre ses quotas.

Lors des échanges en Asie jeudi le baril de pétrole s'échangeait autour de 63 dollars tandis qu'à New York il baissait à 63,01 dollars, contre 63,45 dollars la veille et un plus haut niveau depuis le 10 novembre en séance à 63,82 dollars. Le cours du Brent perdait, lui, 50 cents à 62 dollars à Londres.