Le taux est fixé à ce niveau historiquement bas depuis mai 2009. Le président de la BCE Jean-Claude Trichet doit tenir une conférence de presse très attendue par les marchés en quête de réconfort sur l'état de la zone euro et sur la crédibilité de l'institution. Le Français va devoir relever "un formidable défi de communication", estime James Nixon de la Société Générale. "Les platitudes habituelles sur les taux d'intérêt qui restent appropriés même si les incertitudes restent élevées ne vont pas suffire cette fois", estime l'économiste. Les nouvelles prévisions économiques trimestrielles de la BCE, prévues aussi pour jeudi, ne susciteront pas le même intérêt que d'ordinaire. M. Trichet devra s'expliquer surtout sur la stratégie d'achat d'obligations publiques de la BCE, une mesure inédite dans sa jeune histoire. Il sera aussi interrogé sur les tensions qui augmentent sur le marché interbancaire. Les banques de la zone euro préfèrent déposer leurs liquidités auprès de la BCE au lieu de les prêter à d'autres consoeurs, une aversion au risque qui rappelle la période de la faillite de Lehman Brothers. Ce comportement est potentiellement dangereux pour le crédit et la fragile reprise économique en cours. Enfin, la Banque d'Angleterre, qui s'est réunie jeudi, a elle aussi maintenu son principal taux, fixé à 0,5%.