Il est possible d'épargner de différentes manières. Vous pouvez investir dans votre propre maison ou placer directement vos économies en Bourse. Vous pouvez plus simplement ouvrir un compte d'épargne ou acheter un bon de caisse totalement sûr. D'autres encore placent leur confiance dans des produits plus structurés, disons des placements "emballés". De tels placements sont proposés à la fois par des banques et des compagnies d'assurances. Ils peuvent être regroupés sous la dénomination générique d'assurances-placements (Branches 21, 23 et 26) et de société d'investissement (sicaf et sicav).

Les produits de la Branche 21 comptent parmi les assurances-placements les plus populaires. Outre une série d'autres couvertures, ces produits offrent un rendement garanti. Cela tombe bien : vu la période boursière turbulente, de nombreux investisseurs sont friands des certitudes et taux garantis proposés par ces produits. À condition, naturellement, que l'assureur lui-même ne fasse pas banqueroute. Ces dernières années, les rendements ont cependant été plutôt pauvres. La rémunération d'un produit de la Branche 21 se compose d'un rendement garanti et d'une participation aux bénéfices. Les rendements garantis se sont effondrés ces dernières années. L'époque où l'on proposait 4,75 % est révolue depuis longtemps. Heureusement, il y avait encore la participation aux bénéfices pour mettre un peu de beurre dans les épinards.

La publication des rendements révèle aujourd'hui que les participations aux bénéfices sont extrêmement maigres dans le secteur (lorsqu'elles n'ont pas été supprimées). Concrètement, l'investisseur dans la Branche 21 reçoit donc un rendement garanti modeste et une participation aux bénéfices négligeable. Ainsi, le rendement brut s'inscrit dans une fourchette de 2 à 4 %. Compte tenu de la poussée inflationniste que nous connaissons, de nombreux investisseurs vont donc obtenir un rendement réel négatif.

Bien entendu, ce phénomène peut s'expliquer par les conditions de marché difficiles. Dans les produits à taux fixe non plus, il n'est pas évident de réaliser un rendement raisonnable sans prendre de risques déraisonnables.

Mais les difficultés ne s'arrêtent pas là pour l'investisseur. Les rendements publiés ne sont pas encore les rendements nets que perçoit l'épargnant. Il y a en effet deux éléments qui érodent encore ses revenus. Le premier, nous le connaissons tous : c'est le fisc. Chaque prime versée est soumise à une taxe de 1,1 %. A cela vient parfois s'ajouter un impôt sur le revenu. Si c'est le cas, celui-ci se monte depuis le début de cette année à 21 %. Heureusement, les nombreuses exonérations n'ont pas été supprimées par Di Rupo I. Mais cela n'offre aucune garantie pour l'avenir...

Et il y a aussi les frais d'entrée et de sortie. En principe, les frais de gestion sont déduits des rendements publiés. Mais ces derniers ne tiennent pas compte de ce qu'a dû payer l'investisseur pour investir dans son assurance Branche 21 ou de ce qu'il devra débourser pour en sortir.

Comme toujours, l'investisseur informé doit donc réfléchir avant d'agir. Autrement dit, dans le cas de produits de la Branche 21, il dressera la liste de tous les frais (dont taxes) et les comparera au rendement proposé. C'est la seule façon d'être certain de prendre la bonne décision!

Anton van Zantbeek, avocat chez Rivus