Sur Morningstar, le segment des fonds exposés sur les grandes capitalisations internationales est un groupe très diversifié, qui reprend trois types de produits: les fonds value/cycliques (92 compartiments), les fonds de croissance (611 compartiments) et les fonds ayant une approche flexible entre les deux autres catégories (729 compartiments).
...

Sur Morningstar, le segment des fonds exposés sur les grandes capitalisations internationales est un groupe très diversifié, qui reprend trois types de produits: les fonds value/cycliques (92 compartiments), les fonds de croissance (611 compartiments) et les fonds ayant une approche flexible entre les deux autres catégories (729 compartiments). En dépit de leurs bonnes performances durant les derniers mois de l'année, la plupart des fonds value ont terminé l'exercice 2020 sur une performance négative tandis que la majorité des fonds exposés sur les valeurs de croissance internationales ont dégagé des performances largement supérieure à 10%. Et sur un horizon plus éloigné, l'écart de performance entre les deux catégories ne fait que confirmer l'orientation de ce segment vers les fonds de croissance. Sur un horizon de cinq ans, les performances annualisées des meilleurs fonds value ont tourné autour de 4-5%, contre des progressions supérieures à 10% pour la majorité des fonds de croissance. Le groupe des fonds en actions internationales de croissance a vu son nombre de compartiments fortement progresser ces dernières années, avec notamment un afflux important de fonds thématiques qui ne peuvent pas être classés dans une autre catégorie sectorielle de Morningstar, comme par exemple les fonds NN (L) Smart Connectivity, M&G (Lux) Positive Impact, Nordea 1 - Global Disruption, Mirova Women Leaders, Pictet - Global Thematic Opportunities, Axa WF - Framlington Women Empowerment ou Schroders ISF Global Disruption. En outre, de nombreux fonds qui trustent les premières positions du classement pourraient assez facilement être assimilés à des fonds technologiques, comme le fonds Morgan Stanley IF - Global Opportunity qui occupe la première place du classement sur cinq ans, et dont les 10 principales positions sont essentiellement constituées de valeurs comme Amazon, Uber, ServiceNow, TAL Education, Zoom ou Alphabet. Pour cet article, nous avons interrogé des gestionnaires sur des fonds de croissance affichant une exposition sectorielle plus équilibrée afin qu'ils nous donnent leur opinion sur le niveau actuel des marchés boursiers, et les perspectives pour les mois à venir. Alexandre Narboni, cogestionnaire du fonds Comgest World, souligne que la performance soutenue de son fonds a été obtenue avec un poids très limité des actions américaines dans le portefeuille (35%). "Nous avons creusé notre sur-performance par rapport à l'indice MSCI All Country World durant la correction de mars, en raison essentiellement de la qualité des sociétés dans notre portefeuille. Elles ont été sélectionnées pour la solidité de leur bilan, leur croissance structurelle et la résilience de leur modèle économique. Nous avons dès lors peu apporté de changements durant les derniers mois." Il maintient une allocation relativement faible aux grandes valeurs technologiques et il privilégie des modèles plus équilibrés avec une pondération importante sur les marchés asiatiques par rapport aux autres fonds repris dans notre tableau, avec notamment TSMC, Ping An, Inner Mongolia ou Alibaba parmi les 10 principales positions du fonds. Dave Dudding, gestionnaire du fonds Threadneedle Global Focus, souligne pour sa part que le niveau de la croissance du résultat n'est pas spécialement important à ses yeux. "Nous ne cherchons pas à être les meilleurs à tout prix et viser la performance sur un seul exercice, dit-il. Nous sommes par contre particulièrement attentifs à la capacité d'un groupe à améliorer son niveau de croissance, et donc à augmenter régulièrement ses prix. Nous sommes convaincus que les investisseurs sont davantage intéressés sur le long terme par des stratégies qui seront en mesure de dégager des performances stables sur plusieurs années." A ce titre, le fonds géré par Dave Dudding est un modèle de constance, avec une progression de 13,8% en 2020 qui se situe en ligne avec les niveaux réalisés sur cinq et dix ans, avec une volatilité très contrôlée. En outre, si 70 à 80% des encours seront exposés sur des actions de croissance/ qualité, une poche de 20 à 30% sera également exposée sur des groupes plus cycliques ou intensifs en capital où les résultats sont en train de s'améliorer. "L'accent mis sur ces modèles en amélioration nous amène à être exposé sur des valeurs qui ne sont traditionnellement pas dans les portefeuilles d'autres gestionnaires en actions de croissance, par exemple des valeurs financières dans les marchés émergents." Cette stabilité dans le modèle de croissance est une caractéristique de la plupart des fonds repris dans notre échantillon. Chez Janus Henderson, Gordon MacKay, gestionnaire du fonds Janus Henderson Global Equity, souligne qu'il "n'essaie pas de prédire les cycles économiques ou les changements politiques. Et la crise de ces derniers mois a mis en évidence le besoin de miser sur des entreprises qui sont positionnées sur des tendances de croissance séculaires, dont les résultats sont prévisibles et qui sont donc en mesure de faire face à de tels événements". "Si la crise du Covid-19 va avoir un impact sur certains segments, elle ne va pas changer le fait que la moitié de la population mondiale vit aujourd'hui en Asie, et que les populations sont vieillissantes dans les pays occidentaux, constate Dave Dudding (Columbia Threadneedle). Etre exposé sur ces tendances démographiques de long terme restera une stratégie valide pour les prochaines années et notre exposition sur les marchés émergents a eu tendance à augmenter ces dernières années pour répondre à ces attentes de long terme." "Le consensus s'attend à un fort rebond des bénéfices en 2021 mais le contexte reste très incertain et le spectre des scénarios possibles est très large", estime Alexandre Narboni (Comgest). Il préfère dès lors des sociétés avec une forte visibilité sur les profits. "Nous restons largement à l'écart des segments qui pourraient être davantage impactés par un hypothétique rebond économique et nous constatons que la prime actuelle de ces valeurs (autour de 15% sur base des rapports cours/bénéfice) est aujourd'hui dans le bas de la fourchette historique de ces cinq dernières années (15 à 40%). Le niveau de valorisation moyen nous semble donc être encore très raisonnable." Un avis partagé par Gordon MacKay (Janus Henderson) qui souligne que le rendement sur base des flux de trésorerie disponible montre une prime de 11% pour son portefeuille par rapport au reste du marché, "mais avec une croissance sous-jacente beaucoup plus rapide et des bilans sains. Nous pensons qu'il reste possible de trouver des opportunités à condition de rester très sélectif et de sélectionner des titres qui seront en mesure de dégager une performance positive à long terme".