Les meilleurs fonds investissant sur la dette émergente (notés quatre ou cinq étoiles chez Morningstar) ont dégagé une performance moyenne supérieure à 13% depuis le début de l'année.
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Les meilleurs fonds investissant sur la dette émergente (notés quatre ou cinq étoiles chez Morningstar) ont dégagé une performance moyenne supérieure à 13% depuis le début de l'année. La première caractéristique de ce groupe de produits (disponibles pour le grand public) est la relative homogénéité de leur performance sur toutes les échéances prises en considération, avec notamment une progression annualisée moyenne de 7,9% sur cinq ans, avec un minimum de 6,8% et un maximum de 8,7%. En tête du peloton sur une période de cinq ans, nous trouvons le fonds Nordea 1- Emerging Market Bond, géré par Cathy Hepworth depuis 1996 chez PGIM. " Avec une équipe très expérimentée ( 15 ans en moyenne, Ndlr) et des actifs sous gestion qui dépassent les 60 milliards de dollars sur l'ensemble de nos stratégies, nous avons l'opportunité d'aller partout sur le segment de la dette émergente. Si nous pensons qu'il existe une opportunité sur un pays, nous aurons la possibilité de nous exposer ", indique Cathy Hepworth. Le portefeuille va donc détenir un grand nombre de marchés frontières, comme la Zambie ou l'Azerbaïdjan. En seconde position sur cinq ans, nous trouvons le fonds Candriam Bonds Emerging Markets géré par Diliana Deltcheva. " Nous intégrons les fondamentaux de chaque pays et les risques politiques qui peuvent peser sur chacun d'eux, dit-elle. Les risques de défaut dans les pays émergents seront liés aux rythmes de croissance dans les différents ensembles économiques, qui ont été décevants depuis le début 2019 et nous n'attendons pas de reprise avant l'année prochaine. Mais une croissance stable est suffisante pour enregistrer des performances correctes. " En troisième position, nous trouvons le fonds M&G Emerging Markets Bond géré par Claudia Calich. " Un environnement de faible croissance accompagné d'une politique monétaire accommodante dans les pays développés reste assez favorable pour notre classe d'actifs. " Elle souligne toutefois qu'un environnement dépressif au niveau global accompagné d'un affaiblissement des devises constituerait un environnement nettement moins favorable. Enfin, chez NN Investment Partners, Marcelo Assalin, head of EMD chez NN IP, rappelle que la dette émergente est une des plus importantes classes d'actifs au monde (avec des encours qui dépassent les 15.000 milliards de dollars). " Ces pays affichent des niveaux d'endettement inférieurs à ceux des pays développés, couplés avec des perspectives économiques supérieures, des rendements plus attractifs et des niveaux d'inflation qui sont aujourd'hui largement sous contrôle. " La dette des pays émergents reste également une classe d'actifs qui reste largement sous-représentée dans les portefeuilles des investisseurs occidentaux, notamment en raison d'une appréciation erronée des risques liés à un investissement sur ces pays. " Les budgets de risque alloués à cette classe d'actifs sont faibles, alors que cette région devrait représenter entre 15 et 20% des portefeuilles pour les gestionnaires obligataires, indique encore Marcelo Assalin. Et dans le même temps, les statistiques pointent vers un niveau de défaut de seulement 0,78% sur la période allant de 1983 à 2017, avec un taux de recouvrement élevé qui atteint 55%. Cette perception d'un risque plus élevé n'est donc clairement pas confirmée par les faits. " Historiquement, la dette émergente n'a jamais connu deux années consécutives de performances négatives. En outre, dans un contexte de taux obligataires américains qui sont fortement retombés, le rendement offert par cette classe d'actifs en devient d'autant plus attractif pour les investisseurs occidentaux. De plus, le différentiel de croissance entre les pays émergents et les pays développés est appelé à augmenter en 2019 et 2020, un facteur qui est généralement un signal d'achat favorable pour la dette des pays émergents. Les banques centrales de ces pays disposent également d'une marge de manoeuvre pour descendre leurs taux directeurs. Chez Candriam, Diliana Deltcheva reste optimiste sur la dette émergente. " La Réserve fédérale américaine va se montrer plus accommodante. Depuis le début de l'année, la baisse des rendements sur les obligations souveraines américaines a profité à certains taux d'intérêts émergents, notamment dans les pays qui ont débuté l'année avec de fortes primes de risque. A long terme, nous restons positifs sur la dette émergente, car la classe d'actifs offre un potentiel de hausse structurel attrayant par rapport aux autres segments obligataires, dans un environnement marqué par des taux d'intérêt stables dans les principaux pays mondiaux, une croissance mondiale favorable et une amélioration des fondamentaux dans les marchés émergents. " " Nous pensons donc qu'il fait aujourd'hui sens d'avoir une exposition plus élevée sur la dette émergente en dépit des incertitudes pesant sur plusieurs grands pays (comme la Russie, le Mexique ou le Brésil), et plus particulièrement celle libellée en devise forte qui permet d'éviter le risque lié aux devises émergentes qui peuvent parfois se montrer très volatiles ", indique encore Marcelo Assalin (NN Investment Partners). " La Turquie présente encore de bonnes opportunités à l'heure actuelle, notamment sur les émissions souveraines en devises fortes. La perspective que Recep Erdogan ne soit pas élu à vie va constituer un facteur de soutien, d'autant que la dette se négocie sur des niveaux qui sont relativement éloignés des fondamentaux économiques du pays ", souligne Cathy Hepworth (PGIM). " Nous préférons garder une exposition aux taux d'intérêt des marchés émergents plutôt qu'à leurs devises, indique encore Diliana Deltcheva. Nous privilégions les pays affichant de fortes primes de risque par rapport aux bons du Trésor américains, avec une inflation modérée et une banque centrale indépendante. Parmi les pays qui répondent à ces critères, nous pouvons notamment citer des pays comme l'Indonésie, le Mexique, le Pérou et l'Afrique du Sud. " A l'inverse, elle reste à l'écart des marchés de l'Europe centrale qui subissent davantage de tensions inflationnistes avec des banques centrales qui restent trop passives. Marcelo Assalin (NN Investment Partners) indique également que les flux devraient rester significatifs vers cette classe d'actifs, comme ils l'ont été depuis 2014. " Dans le même temps, le volume de nouvelles émissions devrait rester inférieur aux flux entrants, ce qui devrait faire pression sur les taux obligataires. " La classe d'actifs est également moins couverte par les analystes, de sorte qu'il est possible pour les gestionnaires actifs d'apporter une plus-value importante, en particulier lorsqu'ils se dirigent vers les marchés frontières comme la Côte d'Ivoire, le Sri Lanka ou l'Egypte. De son côté, Claudia Calich (M&G) souligne que la thématique de la guerre commerciale renforce l'intérêt de détenir des positions sur les marchés frontières, qui sont généralement moins affectés par le conflit entre les deux grandes puissances. " Nous trouvons actuellement des opportunités attractives sur des pays comme l'Ukraine, le Nigeria ou le Kazakhstan, des pays où les évolutions locales dominent la direction de leurs émissions souveraines. "