AL'unanimité était ainsi à nouveau de rigueur la semaine dernière. Tous prévoient de maintenir le taux directeur de la Fed à son niveau actuel de quasi zéro jusque fin 2021. Même en 2022, seuls deux membres sur 17 prévoient une remontée du loyer de l'argent.
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AL'unanimité était ainsi à nouveau de rigueur la semaine dernière. Tous prévoient de maintenir le taux directeur de la Fed à son niveau actuel de quasi zéro jusque fin 2021. Même en 2022, seuls deux membres sur 17 prévoient une remontée du loyer de l'argent. Traditionnellement, ce genre de perspective plaît plutôt aux Bourses, les taux bas incitant les investisseurs à privilégier les actions. Cela n'a pourtant pas été le cas. La Fed a en effet aussi dévoilé les prévisions économiques de ses membres pour les prochaines années et le constat n'est guère réjouissant. Pour 2020, les argentiers américains prévoient une contraction comprise entre 4,2% et 10% du PIB des Etats-Unis. Une sévère récession qui ne sera pas récupérée en 2021. Selon les membres de la Fed, il faudra ainsi attendre 2022 pour voir le PIB du pays revenir à son niveau de 2019. La résorption du chômage sera encore plus lente. Ce qui n'est pas de bon augure pour le reste du monde, l'économie américaine étant le premier importateur mondial. Un dur retour à la réalité pour des marchés qui ont été éblouis par les créations d'emplois inattendues du mois de mai aux Etats-Unis. Si elle ne parvient pas à faire décoller la croissance, la politique ultra-accommodante de la Fed peut toutefois permettre aux Bourses de poursuivre sur la voie de l'augmentation des multiples. La hausse de la valorisation est devenue le principal moteur de Wall Street depuis 2018. Cela ne peut durer éternellement mais, comme l'a répété le célèbre commentateur financier Gary Shilling, " les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable".