Pour être précis, la France et la Belgique vont se partager 28 947 368 421 actions de préférence émises au prix de 0,19 euro. Ces titres bénéficieront d'un dividende préférentiel de 8%, reporté sur une éventuelle liquidation en cas de non-paiement. Cela signifie donc que les actionnaires actuels, à la tête de 1,95 milliard d'actions ordinaires, ne percevront un dividende que si les bénéfices distribués dépassent 440 millions par an.

En d'autres termes, il faudrait que la situation financière de Dexia s'améliore substantiellement, une condition sine qua non également pour éviter une liquidation à terme et donc, pour que les actions ordinaires revêtent une quelconque valeur.

Cela n'est certes pas impossible mais peu probable. Avec une exposition au risque crédits de 220 milliards d'euros pour des fonds propres de quelques milliards et des coûts de financement dépendant de l'évolution de la crise des dettes souveraines (au travers des garanties des États), l'action des Dexia présente d'ailleurs toutes les caractéristiques d'un ticket loterie : un gain potentiellement élevé mais beaucoup plus de chances de tout perdre.

Cédric Boitte

www.accioz.be