BNY Mellon est un groupe américain qui figure parmi les principaux gestionnaires au monde, avec des encours sous gestion qui dépassaient 1.700 milliards de dollars à la fin décembre 2018. Si la présence du groupe reste relativement discrète sur le marché belge, plusieurs produits de qualité sont disponibles, avec une gamme qui vient récemment de s'enrichir d'une solution mixte flexible centrée sur le rendement ( lire l'encadré plus bas).

Tendances

Pour Shamik Dhar, économiste en chef chez BNY Mellon, " une grande partie des questionnements qui se posent pour les 24 prochains mois sont des conséquences plus ou moins directes de la grande crise financière de 2008, et notamment en ce qui concerne les éléments géopolitiques ". Il souligne toutefois que " l'environnement économique pour les prochains mois devrait être assez similaire à ce que nous avons traversé lors de la dernière décennie ", avec des économies qui resteront incapables de dégager une forte croissance économique.

Il souligne que les salaires en termes réels (corrigés de l'inflation) restent encore 8% inférieurs au niveau qu'ils auraient dû avoir si la crise financière n'avait pas eu lieu. " Tant que cet écart n'est pas comblé, la baisse du taux de chômage n'entraînera pas une hausse des salaires, et les craintes d'un retour de l'inflation restent largement exagérées. "

Au niveau des marchés financiers, la corrélation entre les actions et les obligations reste encore largement négative. " Ceci explique le succès des stratégies multi-actifs, ces deux classes permettant de se couvrir mutuellement lors des différentes phases de marché ", indique Shamik Dhar. Ce dernier souligne toutefois que le contexte sera moins favorable durant les prochains trimestres, avec des banques centrales qui vont continuer à réduire leur stimulus monétaire. " La gestion active devrait dégager de bonnes performances dans ce type de marché ", dit-il.

Ralentissement

Sur les marchés obligaires, le produit phare proposé par BNY Mellon est BNY Global Dynamic Bond. Pour Paul Brain, gestionnaire du fonds, le contexte reste difficile, mais les conditions de marché devraient aller en s'améliorant durant les prochains trimestres. " Durant les six derniers mois, nous avons profité de l'environnement sur le marché obligataire pour relever notre exposition sur des classes d'actifs plus risquées, comme le haut rendement ou la dette des pays émergents ", et plus particulièrement sur des pays moins exposés au ralentissement de la croissance globale, comme le Mexique, le Chili, la Colombie ou l'Indonésie.

Pour la suite, il s'attend à ce que l'économie globale continue de ralentir, et force plusieurs banques centrales à descendre leur taux directeur, notamment aux Etats-Unis ou en Australie. " Etre positionné sur la partie longue de la courbe de ces pays devrait nous permettre de dégager une performance satisfaisante, estime Paul Brain. Dans le même temps, nous allons réduire vers 7% notre exposition sur la dette d'entreprise dans l'attente d'une hausse du taux de défaut durant la seconde partie de 2019. "

A noter que BNY Mellon propose également depuis peu une version durable de ce fonds, dont la composition sera à 80% similaire à son grand frère. " En raison de l'opposition de l'administration Trump aux accords de Paris sur le changement climatique, notre exposition sur les Etats-Unis sera moins importante dans ce produit, assure le gestionnaire. Nous sommes également absents de la dette brésilienne en raison des incertitudes liées au nouveau président. "

Rendement

Pour les stratégies actions, BNY Mellon Global Equity Income constitue une proposition attractive. Nick Clay, gestionnaire du fonds, souligne que sa stratégie visera à limiter les pertes lors des phases de correction boursière en s'exposant sur des actions affichant un rendement attractif, tout en permettant une bonne participation aux phases haussières. Sur les cinq dernières années, le portefeuille géré par Nick Clay a dégagé une performance annualisée appréciable (supérieure à 10%) avec une volatilité très maîtrisée, ce qui lui vaut une notation de quatre étoiles chez Morningstar.

" La valorisation des entreprises occupe une part centrale de notre stratégie, et nous aurons tendance à entrer sur un dossier lorsque le marché estime à tort qu'il y a un problème avec un groupe, explique Nick Clay. Ceci nous permet d'acheter des sociétés de qualité à des niveaux déprimés, comme ce fut le cas dernièrement avec Richemont ou Harley-Davidson. Nous restons inversement suspicieux quant aux promesses d'une croissance soutenue qui force les investisseurs à payer plus qu'ils ne devraient, car même l'entreprise la mieux gérée est susceptible de décevoir le marché à un moment ou l'autre. "

L'exposition sur le marché américain a été fortement réduite depuis le début 2018, avec une sous-exposition de 14% par rapport au poids de ce pays dans l'indice de référence. " Nous restons surexposés sur le secteur technologique, mais nous avons préféré investir sur des segments plus matures et décotés, avec des noms tels que Cisco ou Qualcomm ", ajoute Nick Clay. Le portefeuille est surpondéré sur les producteurs de biens de consommation, ainsi que sur les grands groupes exportateurs britanniques. " En cas de Brexit, ils profiteront de la baisse de la livre. Et si le Brexit ne se produit pas, ils se redresseront avec le reste du marché anglais. " Le taux de rotation des actifs sera faible, autour de 20% par an. " Durant les cinq prochaines années, le rendement va devenir encore plus important pour les actionnaires dans un contexte où les taux resteront sous pression ", conclut le gestionnaire.

Une gestion flexible fortement alternative

Depuis quelques mois, BNY Mellon propose aux investisseurs belges le fonds BNY Mellon Global Multi Asset Income, un produit qui vise à distribuer un rendement élevé (4,6% en 2018) en proposant une gestion totalement affranchie des indices, et extrêmement diversifiée sur un grand nombre de classes d'actifs. Le fonds est géré par Newton Investment Management, la filiale du BNY Mellon spécialisée dans la gestion active et thématique, qui gère notamment près de 25 milliards d'euros dans les fonds mixtes. Paul Flood, gestionnaire du fonds, souligne qu'une partie importante du portefeuille sera exposée sur des classes d'actifs alternatives comme l'immobilier ou l'infrastructure, qui offrent une source de rendement et de performance et sont fortement détachées de l'ensemble des autres grandes classes d'actifs. Cette poche représentait 30% des actifs sous gestion à la fin 2018. " Si nous n'apprécions pas d'être positionnés sur des marchés fortement manipulés par les pouvoirs publics, comme la dette souveraine, nous apprécions par contre les zones qui bénéficient de leur intervention, comme par exemple les sources d'énergie renouvelable ", dit-il. La poche actions représente la majorité de l'exposition, avec 45% des actifs sous gestion. Le positionnement est toutefois centré sur les marchés émergents et sur l'Asie, " qui possèdent le meilleur potentiel pour les prochains mois ". A l'inverse, BNY Mellon Global Multi Asset Income est relativement peu exposé sur les actions américaines (8% des actifs sous gestion), et très marginalement sur la dette souveraine. " Il n'est pas obligatoire de détenir 40% de son portefeuille sur la dette souveraine supposée sans risque pour avoir un profil défensif ", assure Paul Flood.