La gestion mixte flexible est souvent associée à des groupes comme Carmignac, Ethenea, DNCA ou Flossbach von Storch dans l'esprit des investisseurs belges, notamment parce que ces maisons ont lancé leur stratégie flexible avant la crise financière de 2008 et ont démontré la validité de leur stratégie durant cette période difficile pour les marchés financiers mondiaux. Depuis le début de la décennie, la plupart des grands gestionnaires internationaux se sont également positionnés sur cette branche du marché, avec des approches relativement différenciées et sophistiquées. Les niveaux de volatilité seront volontairement réduits, dans le but d'avoir une performance lissée dans le temps.

Justin Christofel (BlackRock): "Le marché continue de surestimer le risque d'une récession."

Contexte favorable

Chez Aberdeen Standard, le lancement de la stratégie flexible remonte à 2015, avec un niveau de performance par rapport au risque pris qui justifie désormais une notation quatre étoiles chez Morningstar. Sean Flanagan, membre de l'équipe de gestion du fonds Aberdeen Standard - Diversified Income, souligne que les stratégies flexibles " restent favorables dans un contexte plus difficile, marqué par un ralentissement de la croissance et par une hausse des risques politiques. La valorisation sur les marchés boursiers est devenue plus attractive, mais les risques sont également devenus plus élevés ".

Jan-Christoph Herbst (MainFirst): "La progression des résultats est déterminant pour l'évolution des cours boursiers."

" Les bénéfices liés à l'investissement dans un fonds mixte flexible restent assez significatifs, confirme Justin Christofel, gestionnaire du fonds BlackRock BGF- Global Multi-Asset Income. Lorsque les niveaux de valorisation deviennent tendus en fin de cycle, les avantages de la diversification du portefeuille vont devenir d'autant plus importants, comme l'a encore démontré la performance de notre stratégie durant le dernier trimestre de 2018. " Le portefeuille que Justin Christofel gère sera réparti sur plus de 2.000 positions réparties sur l'ensemble des classes d'actifs génératrices de rendement, sans limitation liée à un indice. Depuis son lancement (en 2012), ce produit a dégagé un rendement annualisé de 5,6%, sans avoir jamais eu à toucher au capital investi.

Contexte favorable

Chez Pimco, Geraldine Sundstrom indique que le niveau de risque actuel sur les marchés est " modéré, notamment en raison des incertitudes concernant la relance chinoise et la guerre commerciale. L'environnement actuel ne nous semble toutefois pas contraire à une prise de risque ". Dans le fonds qu'elle gère (Pimco GIS Dynamic Multi-Asset), l'accent sera mis sur les actifs de qualité afin de protéger la performance du portefeuille. Au niveau du portefeuille obligataire, l'exposition sera donc axée sur les obligations gouvernementales des pays développés où les banques centrales disposent d'une marge pour abaisser leurs taux (Etats-Unis, Canada) ainsi que sur la dette d'entreprise de meilleure qualité (Investment Grade).

" Lorsque nous sommes aussi tard dans le cycle, les craintes d'une récession auront tendance à créer plus de volatilité. Il faut donc avoir des réserves pour profiter des phases de dislocation sur les marchés financiers ". Géraldine Sundstrom (Pimco) souligne toutefois qu'elle ne pense pas qu'une récession soit imminente avec un positionnement plus accommodant de la Réserve fédérale et les initiatives de relance au niveau de la Chine. " Dans ce cadre, nous sommes récemment revenus sur les marchés émergents qui offrent un potentiel intéressant de rebond cyclique et ce, tant sur les actions que sur les obligations (dette d'entreprise). " Elle a donc mis un important accent asiatique dans son exposition émergente (12% des actifs sous gestion), en visant notamment les valeurs technologiques ou celles exposées sur le consommateur chinois.

" La correction du quatrième trimestre a constitué une belle opportunité pour les gestionnaires qui ne pensent pas qu'une récession est imminente, constate encore Justin Christofel. A ce titre, le marché continue de surestimer le risque d'une récession tandis qu'il existe de nombreux signes de stabilisation de la situation économique en Europe et en Chine, avec une normalisation de la politique monétaire américaine désormais à l'arrêt. Les actifs risqués devraient bien se comporter dans de telles circonstances. " Il souligne toutefois qu'après le fort redressement des marchés depuis le début de l'année, le potentiel de croissance est désormais plus limité.

Stabilité

Chez Aberdeen Standard - Diversified Income, la stratégie d'investissement se base sur un large éventail de classes d'actifs, sans être liée à un indice de référence. " Outre les actions et les obligations (haut rendement, dette émergente, etc.), le fonds sera ainsi exposé significativement sur des classes " diversifiantes " telles que l'infrastructure, l'immobilier, la production d'énergie renouvelable, les obligations catastrophe, la dette titrisée ou la location d'avions. " Elles vont permettre de dégager un rendement attractif pour nos investisseurs, indique encore Sean Flanagan. Lorsque les marchés sont orientés à la baisse, notre portefeuille aura tendance à nettement mieux résister que le reste du marché. "

Geraldine Sundstrom (Pimco): "L'environnement actuel ne nous semble pas contraire à une prise de risque."

Justin Christofel souligne que les actions représentent actuellement un tiers du portefeuille de BlackRock BGF - Global Multi-Asset Income. " Nous avons vendu des options afin de profiter des valorisations élevées dans un environnement avec peu de potentiel haussier. Le reste de l'exposition est positionné sur des actions à rendement élevé, notamment sur le secteur immobilier. " Après avoir été longtemps surexposé sur les actions américaines, le positionnement géographique est revenu vers les actions européennes. " Le pessimisme sur l'Europe était devenu trop élevé ". Sur la partie obligataire de son portefeuille, le gestionnaire de BlackRock privilégie une exposition la plus large possible, notamment sur le crédit à haut rendement. " Nous attendons à ce que le taux de défaut reste faible dans le futur proche, tandis que nous n'avons pas encore atteint les niveaux d'excès qui avaient été observés durant les précédents cycles. "

" Notre fonds est exposé sur environ 250 lignes, avec une prédilection actuellement accordée aux marchés d'actions, indique pour sa part Geraldine Sundstrom. Nous avons toutefois la possibilité de faire varier fortement l'allocation entre les différentes poches afin d'applatir le risque et la volatilité du portefeuille. " Le portefeuille utilisera l'ensemble des ressources à la disposition du gestionnaire au sein de Pimco (250 gestionnaires et 65 analystes crédit), " pour rassembler les meilleures idées qui soient compatibles avec les objectifs du fonds ". Le fonds dispose désormais d'un historique de trois ans, et a déjà collecté 1,1 milliard d'euros en actifs sous gestion.

Actions de croissance

Enfin, MainFirst Absolute Return Multi Asset est avant tout un fonds d'actions, la partie obligataire n'étant là que pour limiter les risques de baisse au niveau du portefeuille. La poche actions sera celle qui devra dégager de la performance pour les investisseurs, avec une stratégie et une sélection de titres qui découlera grandement de celle du fonds cinq étoiles MainFirst Global Equities. " La poche obligataire est exposée essentiellement sur des obligations souveraines, dans le but de garder le risque du portefeuille en ligne avec une volatilité inférieure à 5% ", avec une proportion faible qui sera exposée sur des émissions à haut rendement.

La sélection d'actions (qui pèsent actuellement autour de 40% des actifs sous gestion) visera inversément des valeurs de croissance internationales, avec des noms tels qu'Alibaba, Amazon ou Shiseido parmi les principales valeurs du portefeuille. Jan-Christoph Herbst, le gestionnaire du fonds, indique que sur le long terme, " la progression des résultats est un des principaux déterminants pour l'évolution des cours boursiers ".