Ce lundi, la devise a ainsi établi un nouveau plancher historique à plus de 11 lires pour un euro. Il y a cinq ans, la monnaie unique ne valait encore qu'un peu plus de 3 lires. Depuis, le président turc n'a eu de cesse d'étendre son pouvoir, notamment en emprisonnant ses opposants comme l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kaval...

Ce lundi, la devise a ainsi établi un nouveau plancher historique à plus de 11 lires pour un euro. Il y a cinq ans, la monnaie unique ne valait encore qu'un peu plus de 3 lires. Depuis, le président turc n'a eu de cesse d'étendre son pouvoir, notamment en emprisonnant ses opposants comme l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala dont la demande de libération est à l'origine des récentes tensions. Erdogan a aussi fait main basse sur la banque centrale du pays en y nommant au printemps dernier un de ses proches, Sahap Kavcioglu, au poste de président. Bien que l'inflation s'envole à près de 20%, il a ainsi demandé et obtenu une nouvelle baisse des taux directeurs la semaine dernière. Cette politique non orthodoxe a déjà montré ses limites par le passé, mais le président turc et "ennemi" autoproclamé des taux d'intérêt élevés persiste dans l'espoir de relancer une croissance au ralenti depuis 2018. Les marchés ont, pour leur part, abandonné tout espoir et s'attendent à ce que la situation du pays continue de se dégrader.Le taux de référence à cinq ans des obligations souveraines de la Turquie a ainsi poursuivi son envolée à 20% malgré la baisse du taux directeur de la banque centrale. Alors que le taux d'emploi baisse depuis 2018 et que les salaires réels (après déduction de l'inflation) diminuent, Erdogan semble conduire l'économie turque au bord du gouffre. A ce niveau, il n'est plus question d'opportunités d'investissement mais de sauver ce qui peut l'être, pour les uns, et de spéculer, pour les autres.