La Banque centrale européenne (BCE) avait invité les banques à faire l'impasse sur le dividende, leur seul atout auprès des investisseurs, pour conserver des réserves. La vague attendue de faillites allait inévitablement engendrer d'importantes pertes. Le secteur était aussi éclaboussé par un nouveau scandale concernant des transferts ...

La Banque centrale européenne (BCE) avait invité les banques à faire l'impasse sur le dividende, leur seul atout auprès des investisseurs, pour conserver des réserves. La vague attendue de faillites allait inévitablement engendrer d'importantes pertes. Le secteur était aussi éclaboussé par un nouveau scandale concernant des transferts d'argent sale. Parmi les observateurs, nul ne voyait d'où pourrait venir le salut. A peine neuf mois plus tard, le Stoxx 600 Banks a rebondi à 142. Une envolée de 80% qui lui a permis de récupérer quasiment l'ensemble de ses pertes "pandémiques". L'espoir est venu d'où on ne l'attendait pas: des taux d'intérêt. Face à l'accélération de l'inflation, les taux à long terme ont repris un peu de hauteur, redonnant aux banques des perspectives de redressement de la rentabilité. D'autant que la BCE s'est montrée plus généreuse en leur octroyant des financements à long terme à taux négatif. Ces 12 derniers mois, elles ont emprunté 1.864 milliards à trois ans à un taux allant jusqu'à -1%. Les banques de la zone euro pourraient donc recevoir jusqu'à 18,6 milliards d'intérêts annuels de la BCE. Un montant important si on le compare aux profits du secteur. Depuis 2010, les 19 principales banques européennes ont connu leur meilleure année en 2017 avec un profit cumulé de 48,4 milliards d'euros. Il serait toutefois prématuré de considérer que le secteur est définitivement relancé. Le redressement des taux demeure balbutiant, surtout en Europe, et la concurrence des fintechs est plus vive que jamais.