En baisse continue depuis l'attaque des troupes de Vladimir Poutine en Géorgie en 2008, le rouble est à un plus bas historique de 110 pour un dollar ce mardi. En d'autres termes, un rouble vaut moins de 0,01 dollar. Le relèvement de taux décidé par la banque centrale russe, de 9,50% à 20%, n'a pas réellement limité les dégâts. Au total, le rouble a déjà perdu plus d'un tiers de...

En baisse continue depuis l'attaque des troupes de Vladimir Poutine en Géorgie en 2008, le rouble est à un plus bas historique de 110 pour un dollar ce mardi. En d'autres termes, un rouble vaut moins de 0,01 dollar. Le relèvement de taux décidé par la banque centrale russe, de 9,50% à 20%, n'a pas réellement limité les dégâts. Au total, le rouble a déjà perdu plus d'un tiers de sa valeur depuis la mi-février et il est fort probable que cela ne soit pas fini. Les échanges sont extrêmement ténus et la population fait la file aux distributeurs de billets en espérant trouver des devises étrangères. En vain, la plupart du temps. Les réserves des banques russes s'épuisent et la BCE a d'ores et déjà acté que les filiales européennes de la Sberbank, la première banque russe, étaient en situation de faillite. De plus, la banque centrale russe ne peut plus accéder à l'essentiel de ses réserves de change. Dans ce contexte, rien ne semble pouvoir estomper la chute du rouble, ce qui est de nature à attiser une inflation qui dépassait déjà les 8% en début d'année. D'autant plus que la rupture des relations commerciales va engendrer des pénuries, les produits alimentaires étant une des principales importations de la Russie. Même si le pays est un important producteur de céréales, il continue d'importer bien davantage de produits alimentaires (surtout transformés) qu'il n'en exporte. Et son principal fournisseur est de loin l'Europe (70% des importations de produits alimentaires en 2019). Aujourd'hui, il est question d'une inflation à deux chiffres, mais plus la situation dure, plus le risque d'assister à un emballement et une hyperinflation est grand. Pour l'investisseur, le seul mot d'ordre est d'éviter la Russie.