Les fonds exposés sur les actions américaines sortent de trois exercices torrides, avec des performances remarquablement solides pour les groupes exposés sur la digitalisation des sociétés, et qui se sont également retrouvés sur des créneaux porteurs lors de l'explosion de la crise sanitaire. Les fonds repris dans notre tableau représentent une sélection de produits bien notés chez Morningstar, qui ont affiché en moyenne une progression annualisée de 18% durant les trois dernières années.
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Les fonds exposés sur les actions américaines sortent de trois exercices torrides, avec des performances remarquablement solides pour les groupes exposés sur la digitalisation des sociétés, et qui se sont également retrouvés sur des créneaux porteurs lors de l'explosion de la crise sanitaire. Les fonds repris dans notre tableau représentent une sélection de produits bien notés chez Morningstar, qui ont affiché en moyenne une progression annualisée de 18% durant les trois dernières années. La pandémie n'a en tout cas pas eu l'air d'affecter cette classe d'actifs, avec une nouvelle hausse moyenne de 21% en 2020 pour les produits de notre échantillon, grâce au soutien massif des autorités monétaires qui a fait pression sur les rendements obligataires dès le début de la crise. La tendance est toutefois devenue plus hésitante depuis quelques semaines, et la perspective d'une accélération de l'inflation a fait flancher les cours de certains groupes dont la valorisation avait atteint des niveaux extrêmement tendus. "Il s'agit tout au plus d'une crainte qui devrait s'atténuer, note Joakim Ahlberg, gestionnaire du fonds Nordea 1-North American Stars Equity Fund. La technologie va rester importante pour le marché américain et pour notre stratégie. Dans beaucoup de segments, nous sommes encore aux premiers stades de tendances structurelles qui devraient permettre à ces valeurs d'enregistrer une croissance très rapide de leurs résultats durant les prochaines années." Sur cette base, Joakim Ahlberg constate que beaucoup de grandes sociétés technologiques se négocient encore sur des ratios de valorisation acceptables. Doug Rao, gestionnaire du fonds Janus Henderson-US Forty Fund, souligne que la transformation digitale va rester centrale sur le marché américain. "C'est le principal facteur de changement économique intervenu durant la dernière décennie, et il va continuer à affecter pratiquement tous les segments du marché, assure-t-il. La pandémie n'a fait qu'accélérer cette transformation, et ce n'est pas un hasard si la position des grands groupes technologiques n'a fait que se renforcer durant les dernières années." La majorité du portefeuille de Joakim Ahlberg est ainsi investie sur des actions disposant de perspectives bénéficiaires visibles et faciles à établir, avec une contribution faible au risque du portefeuille par rapport à l'ensemble du marché. "Ceci nous permet de concentrer les efforts de l'équipe vers un deuxième groupe de sociétés susceptibles de dégager une performance très importante, par exemple celles qui ont fortement souffert lors du déclenchement de l'épidémie et dont les perspectives devraient s'améliorer fortement durant les prochains mois." Le collaborateur de Nordea Asset Management cite notamment le cas du producteur de cuisines pour restaurants Welbuilt: "Historiquement, il s'agit d'un segment qui est très stable et très visible, et qui a fortement souffert lorsque les restaurants ont été contraints de fermer. La valorisation de cette société est encore loin d'avoir retrouvé un niveau normalisé". Voilà pourquoi Nordea 1-North American Stars Equity Fund n'adopte pas un style de gestion fixé mais une rotation sectorielle qui pourra augmenter l'exposition sur les segments value en fonction des circonstances du marché. La plupart des fonds performants exposés sur les actions américaines repris dans notre tableau affichent une grosse cinquantaine de valeurs, avec des stratégies très concentrées. Les 10 premières positions représentent ainsi entre 35 et 48% des actifs sous gestion, avec la technologie comme principal segment dans la plupart des fonds. Soit entre 18 et 39%, un poids qui doit également prendre en compte le fait que plusieurs grands noms sont aujourd'hui "classés" dans d'autres segments que la technologie. Exemples types: Amazon, repris aussi dans la distribution, ou Facebook, également présent dans le secteur de la communication. "Il est normal que les secteurs cycliques surperforment dans un contexte de reprise économique, car celle-ci va être rapide et intense pendant un certain temps, soutien Doug Rao (Janus Henderson). Mais lorsque la sortie de la pandémie deviendra plus visible et que la vie se normalisera, l'innovation technologique devrait reprendre le leadership boursier". Dans son fonds, le gestionnaire est exposé à près de 50% sur des sociétés de la technologie et de la communication, avec Microsoft, Amazon, Mastercard, Facebook, Apple, Alphabet ou Snapchat parmi les principales positions.Sur une période de trois ans, c'est le fonds Legg Mason Clearbridge US Equity Sustainability Leaders qui a dégagé la meilleure performance de notre échantillon. Ce qui confirme la percée des thématiques durables sur la Bourse américaine. Derek Deutsch, gestionnaire du fonds, explique combien sa sélection basée sur des facteurs durables constitue un facteur de différenciation important. "Nous avons désormais des notations de durabilité sur un millier de sociétés, un chiffre qui augmente tous les jours. Le lien entre la durabilité d'une société et la création de valeur pour les actionnaires est de plus en plus évident. Sur le long terme, les sociétés de grande qualité qui ont intégré des pratiques durables dans leur mode de fonctionnement vont dégager des performances supérieures au reste du marché." Derek Deutsch indique que son portefeuille de 50 valeurs sera composé de sociétés sur lesquelles son niveau de conviction est particulièrement élevé. "Nous essayons d'exprimer une certain nombre de thématiques durables dans cette stratégie, notamment le changement climatique (avec des producteurs d'énergie renouvelable), la meilleure utilisation des ressources naturelles ou l'amélioration de la qualité de vie (soins de santé, nourriture saine, etc.)", souligne le gestionnaire.On notera que l'important plan "infrastructures" prévu aux Etats-Unis sera toutefois susceptible de favoriser les segments plus cycliques du marché. A l'image d'autres gestionnaires, Joakim Ahlberg (Nordea Asset Management) a dès lors fait pivoter sa stratégie à la marge pour s'exposer sur les sociétés qui en bénéficieront. "Outre notre exposition sur le secteur bancaire, qui sera aux premières loges pour financer ce plan, nous avons constitué sur une position sur un groupe comme United Rentals, spécialisé dans la location de matériel industriel. Nous recherchons avant tout des profils stables, disposant d'avantages compétitifs et d'une capacité de fixation de leurs prix, et donc plus à même de résister aux conditions économiques difficiles et aux phases de correction. A l'heure actuelle, même si nous avons légèrement relevé notre exposition sur des valeurs financières, le portefeuille dans son ensemble reste encore davantage exposé sur les valeurs de croissance."