Dans l'imaginaire collectif, le secteur des véhicules électriques se résume en priorité à Tesla, dont la capitalisation (près de 800 milliards de dollars à l'heure d'écrire ces lignes) défie toute logique économique puisqu'elle est aujourd'hui équivalente à la taille boursière combinée des neuf autres membres du top 10 mondial. Cette performance contraste avec une production de véhicules qui représente moins de 1% des voitures vendues à travers la planète, et le producteur de Palo Alto ne figure même pas parmi les 10 principaux fabricants.
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Dans l'imaginaire collectif, le secteur des véhicules électriques se résume en priorité à Tesla, dont la capitalisation (près de 800 milliards de dollars à l'heure d'écrire ces lignes) défie toute logique économique puisqu'elle est aujourd'hui équivalente à la taille boursière combinée des neuf autres membres du top 10 mondial. Cette performance contraste avec une production de véhicules qui représente moins de 1% des voitures vendues à travers la planète, et le producteur de Palo Alto ne figure même pas parmi les 10 principaux fabricants. Derrière cet épouvantail, c'est tout un écosystème qui s'est toutefois progressivement mis en place ces dernières années afin de soutenir la croissance de cette nouvelle forme de mobilité, que ce soit au niveau des semi-conducteurs embarqués dans ces véhicules, des cathodes utilisées pour les batteries, des équipementiers automobiles, des logiciels spécifiques, des bornes de recharge, etc. Une transition disruptive qui, selon tous les gestionnaires d'actifs, offre des perspectives significatives pour les prochaines décennies. Pour s'exposer sur cette thématique, deux options se présentent aujourd'hui aux investisseurs. La première passe par des fonds qui proposent une exposition directe, mais avec des historiques de performance encore relativement courts. Trois d'entre eux sont disponibles en Belgique, dont le BNY Mellon Mobility Innovation Fund, géré par Robert Zeuthen. "Nous sommes très enthousiastes quant aux perspectives de cette stratégie, atteste ce dernier. Ce produit vise les entreprises qui vont bouleverser le monde du transport. Les véhicules électriques seront des super-ordinateurs montés sur roue, des plateformes connectées adaptatives, intelligentes, sûres et autonomes qui nous maintiendrons connectés lorsque nous nous déplacerons." Une autre manière d'aborder le segment des véhicules électriques est de passer par un des nombreux fonds exposés sur la transition énergétique en cours dans les sociétés développées, comme Pictet-Clean Energy, RobecoSAM Smart Materials ou RobecoSAM Smart Energy. La mobilité électrique représente en effet souvent une part importante de leurs actifs sous gestion. "L'e-mobilité représente jusqu'à 30% de notre fonds, confirme Xavier Chollet, gestionnaire du fonds Pictet-Clean Energy. Cette thématique offre des opportunités fantastiques. Il n'existe aujourd'hui plus d'autres choix que d'aller vers les véhicules électriques pour l'ensemble des joueurs du secteur automobile. Nous nous exposons sur ce thème par les groupes exposés sur l'infrastructure de recharge, sur les semi-conducteurs, ou sur les sociétés qui proposent de nouveaux types de matériaux en mesure de réduire le chargement des véhicules et d'augmenter leur autonomie." Comme le remarque Stefanie Rath (RobecoSAM Smart Energy), "nous assistons aujourd'hui à une hausse des ventes extrêmement rapide des véhicules électriques, un rythme qui devrait aller en s'accélérant durant les prochaines années. D'ici 2030, environ 50% des voitures vendues dans le monde fonctionneront à l'électricité, soit un rythme de croissance annuel d'environ 30% durant la prochaine décennie". "De même, les véhicules électriques nécessitent bien davantage de semi-conducteurs que les voitures traditionnelles, et plusieurs grands producteurs de voitures ont récemment indiqué des pénuries en ce domaine, poursuit Stefanie Rath. Il s'agit donc clairement d'un segment sur lequel nous avons l'ambition d'être exposés en raison de son impact sur la décarbonisation du transport qui représente environ un tiers de la consommation d'énergie dans le monde." Sur l'exercice 2020, les fonds repris dans notre tableau ont progressé en moyenne de près de 40%, un mouvement qui s'est poursuivi depuis le début de l'année (+7% en moyenne). Ces produits proposent des expositions qui intègrent un niveau élevé de valeurs technologiques (entre 45 et 66% des actifs sous gestion), le solde étant exposé sur des valeurs industrielles, sur la consommation cyclique (producteur de voitures) ainsi que sur des producteurs d'électricité. Cette forte croissance a été dopée par les diverses initiatives annoncées ces derniers mois dans l'ensemble des grandes régions du monde, que ce soit le Green Deal européen, le plan dévoilé par la Chine pour devenir neutre en carbone à l'horizon 2060, ou le plan de développement des énergies renouvelables annoncé par Joe Biden suite à son accession à la présidence américaine. "Outre l'impact de l'épidémie de coronavirus, l'année 2020 restera également marquée par le formidable point d'inflexion dans le processus de transition énergétique, avec des plans de relance qui convergent sur l'ensemble des grands ensembles économiques et visent à atteindre le zéro carbone d'ici 2050 ou 2060 (en Chine), souligne Xavier Chollet. L'annonce de la Chine est particulièrement importante, parce que ce pays représente près de 30% des émissions mondiales de CO2 et 50% de la consommation en charbon." Thiemo Lang, gestionnaire du fonds RobecoSAM Smart Energy, confirme l'ambition de la Chine dans le domaine des voitures électriques, "avec une part de marché pour ces véhicules qui devrait progresser de 5% aujourd'hui à 50% en 2035, un mouvement qui s'accompagnera d'une croissance rapide dans la capacité de production d'énergie renouvelable". La transition vers la mobilité électrique semble donc aujourd'hui inéluctable, avec un prix à l'achat par exemplaire qui devrait rejoindre celui des modèles classiques de voitures d'ici cinq ans grâce à l'amélioration de la qualité des batteries et aux innovations technologiques. "La demande de véhicules électriques s'est fortement redressée ces derniers mois, et nous pensons que cette évolution en est seulement à ses débuts, à mesure que le secteur du transport va continuer de se détourner des énergies fossiles, abonde encore Robert Zeuthen (BNY Mellon). L'Europe connaît la plus forte croissance dans ce domaine, avec un taux de pénétration qui atteint déjà 8 à 10% des ventes de nouvelles voitures." "Avec les subventions, il est aujourd'hui moins cher d'acheter un modèle électrique en Allemagne, poursuit le gestionnaire. Et ce pays a également l'intention d'équiper 75% des stations d'essence avec bornes de recharge d'ici 2026. Il y a aujourd'hui une logique économique au déploiement des véhicules électriques, avec par exemple un prix de production de l'énergie solaire qui a reculé de 80% durant les huit dernières années. Le coût total d'utilisation d'un véhicule électrique est d'ores et déjà inférieur à celui d'une voiture traditionnelle."