Cette proposition présentée la semaine dernière par la Commission européenne, est "vertueuse", a estimé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker devant la presse à Bruxelles, à l'issue d'une réunion du forum qu'il préside. "Nous pensons tous que les propositions de la Commission (...) vont dans la bonne direction", et notamment celle concernant l'examen préalable des projets de budgets nationaux, en vue de renforcer la discipline budgétaire commune, a-t-il ajouté. "Il n'est pas question de porter atteinte au pouvoir budgétaire" des Parlements nationaux "mais nous voudrions que les ministres (des Finances de la zone euro) puissent discuter entre eux" au préalable des différents projets de budgets, a estimé M. Juncker. "Il nous importe que les parlementaires nationaux (des pays de l'UE) puissent prendre leur décision en connaissance de cause", en sachant quelles seront les implications de leurs décisions sur les autres pays, a expliqué le président de l'Eurogroupe. "La Commission ne va pas devenir la maîtresse d'école des politiques budgétaires des Etats membres, mais les Etats membres de la zone euro se soumettront à un examen controversé, contradictoire" des autres pays européens et de la Commission, a-t-il ajouté. Cette proposition, qui vise à l'avenir à empêcher des dérives comme celles qu'a connues la Grèce - à l'origine de la crise de confiance qui ébranle aujourd'hui la zone euro - a suscité des critiques en Europe. De nombreux parlementaires nationaux se sont inquiétés d'une possible remise en cause de leur souveraineté nationale pour voter le budget de leur pays. Ce que réfute Bruxelles. Par ailleurs, l'Espagne et le Portugal, deux autres pays considérés comme des maillons faible de l'Union monétaire en raison de leurs déficits élevés, ont reçu le soutien de leurs pairs lundi soir après leurs derniers plans de rigueur. Les nouvelles mesures d'économies de l'Espagne et du Portugal sont "courageuses" et "indiquent une trajectoire d'ajustement (budgétaire) qui nous donne satisfaction", a déclaré M. Juncker. Un avis définitif sera rendu le 7 juin. L'Espagne et le Portugal viennent d'annoncer de rudes cures d'austérité sous la pression des marchés et des poids lourds de la zone euro. Mercredi, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé une baisse des salaires des fonctionnaires, un gel de certaines retraites et la suppression d'une aide à la naissance de 2.500 euros, déclenchant l'ire des syndicats. Le Premier ministre portugais José Socrates a suivi en annonçant jeudi le relèvement d'un point de base des taux de TVA, la hausse des impôts sur le revenu des ménages et sur les bénéfices des grandes entreprises et une réduction de 5% des salaires des hommes politiques et des élus. Ces mesures visent à redonner confiance dans la monnaie unique. Malgré la baisse de son taux de change, M. Juncker a assuré lundi soir que "l'euro est une monnaie crédible". "La stabilité des prix a été maintenue pleinement et sera maintenue à l'avenir" en zone euro, a-t-il ajouté, "il s'agit d'un atout très important pour les investisseurs".