Début février, 63 analystes sur 73 interrogés par Reuters prévoyaient que le billet vert resterait fébrile au cours des mois à venir. Pourtant, le dollar vient de clôturer une sixième progression hebdomadaire en sept semaines par rapport à l'euro. Par rapport à la monnaie unique, il a même atteint un plus haut niveau depuis début novembre à 1,17 dollar pour un e...

Début février, 63 analystes sur 73 interrogés par Reuters prévoyaient que le billet vert resterait fébrile au cours des mois à venir. Pourtant, le dollar vient de clôturer une sixième progression hebdomadaire en sept semaines par rapport à l'euro. Par rapport à la monnaie unique, il a même atteint un plus haut niveau depuis début novembre à 1,17 dollar pour un euro. Conséquence directe, les stratégistes ont retourné leur veste. Dans le sondage publié la semaine dernière par Reuters, 85% des répondants ont déclaré s'attendre à une poursuite du redressement du billet vert au cours des prochaines semaines. Avec, élément d'autant plus perturbant, les mêmes arguments que ceux expliquant sa fébrilité en début d'année, mais une lecture différente. Il y a deux mois, les importants plans de relance de Joe Biden étaient synonymes de déficits et d'abondance de dollars émis par la Fed. Aujourd'hui, ils doivent permettre d'accélérer la reprise de l'économie et la remontée des taux. Comme l'affirmait Pierre Dac, "les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir". Historiquement, on observe toutefois que les renversements de tendance du dollar sont généralement assez durables, ce qui pourrait ramener le taux de change euro/dollar sous 1,10 comme en 2015, 2017 et début 2020. Sans jamais atteindre la parité, annoncée à de multiples reprises, mais que le billet vert n'a plus atteint depuis 2002. Le récent redressement du dollar nous rappelle ainsi que miser sur les devises est extrêmement délicat, des tendances fortes pouvant s'inverser sans aucun élément nouveau, et la diversification monétaire est importante.