Les pays membres du G20 "vont prendre un ensemble de mesures visant à réduire les déséquilibres excessifs et à maintenir le déséquilibre de leurs comptes courants à des niveaux soutenables", selon le communiqué final adopté à l'issue de deux jours de discussions à Gyeongju (sud-est). Certains membres du G20, dont les Etats-Unis, à l'origine de la proposition, souhaitaient fixer des objectifs chiffrés et un calendrier, mais l'accord final n'en contient aucun. La surveillance de ces déséquilibres des comptes courants reviendra au Fonds monétaire international (FMI) dont le mandat devra être élargi. Les grands argentiers, réunis dans un climat alourdi par les risques de guerre des changes, ont appelé à des systèmes de taux de change "davantage déterminés par le marché" et "à résister à toutes les formes de mesures protectionnistes". "La reprise économique mondiale se poursuit, mais de façon fragile et inégale. Dans une économie et un système financier globalisés, des réponses non coordonnées conduiront aux pires résultats. Notre coopération est essentielle", ont souligné les pays riches et émergents à l'issue d'une réunion préparatoire au sommet du G20 les 11 et 12 novembre à Séoul. "Nous sommes arrivés à Gyeongju pleins d'appréhension et nous repartons pleins d'espoir", a réagi Christine Lagarde, ministre française de l'Economie. Le G20 a également trouvé un accord sur la réforme du système bancaire et des grandes institutions financières accusées d'avoir provoqué la crise financière de 2008/2009. Ces nouvelles règles, connues sous le nom de Bâle III et destinées à entrer en vigueur à partir de 2013, prévoient notamment une augmentation des fonds propres des banques d'ici au 1er janvier 2015. Ministres des Finances et banquiers centraux sont également parvenus à un accord sur la réforme attendue de longue date de la gouvernance et les quote-parts du FMI. "Nous sommes parvenus à un accord sur un semble de propositions ambitieuses pour réformer la gouvernance et le système de quote-parts au sein du FMI, ce qui contribuera à rendre plus efficace, crédible et légitime l'institution", selon le texte final. "Il s'agit de la plus importante réforme jamais adoptée de la gouvernance du FMI", a déclaré le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, ajoutant qu'il s'agissait d'un "accord historique". "Cette réforme attendue de longue date rééquilibre la balance des pouvoirs pour faire de la place à toutes les économies en fonction de leur poids respectif", a précisé Mme Lagarde. Cette réforme modifie la gouvernance d'une institution créée en 1944 en augmentant les sièges des pays émergents à son conseil d'administration et élargit ses attributions en matière de surveillance des politiques économiques des Etats.