Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en août a terminé à 59,89 dollars, en recul de 52 cents par rapport à son cours de clôture de jeudi. Il a plongé en séance jusque 58,72 dollars, son plus bas niveau depuis le 18 mai, à près de 15 dollars de ses plus hauts niveaux de la semaine dernière. Cet nouvel accès de faiblesse des cours intervient tout juste un an après leur flambée à des niveaux historiques, lorsque le baril avait dépassé le 11 juillet 2008 les 147 dollars.

"Les 60 dollars ne semblent pas si mal aujourd'hui alors que les craintes de ralentissement de la demande se sont emparées" du marché, a estimé Phil Flynn, de PFG Best Research. "Le marché pétrolier reflète les perspectives qui s'assombrissent pour la croissance économique". "Pour l'instant, on n'a peu vu de signes de croissance économique durable", a renchéri Mike Fitzpatrick, du courtier MF Global. "Ce qui peut être quantifié en revanche, ce sont les hausses du chômage et des taux d'épargne, qui suggèrent que les consommateurs, qui avaient permis les reprises lors des crises précédentes, sont toujours en état de choc."

Confirmant ces inquiétudes, l'indice de confiance des consommateurs américains, mesuré par l'université du Michigan, a chuté lourdement et bien plus que prévu en juillet, pour s'établir à 64,6 points. Dans son rapport mensuel, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a en outre confirmé son scénario d'une chute de 2,9% de la demande mondiale cette année. Le chef analyste de l'AIE David Fyfe a souligné que la demande d'essence en Amérique du Nord était "nettement plus faible" que prévu jusqu'à présent, ce qui soulève des "inquiétudes sur le rythme de la reprise économique".