A 10H00 GMT (12H00 HB), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août cédait 1,02 dollar par rapport à la clôture de la veille, à 68,17 dollars, sur l'InterContinental Exchange (ICE),
poursuivant la tendance amorcée auparavant dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de "light sweet crude" pour livraison en juillet perdait
quant à lui 1,22 dollar à 68,33 dollars sur le New York Mercantile
Exchange (Nymex).

"Bien que la situation politique en Iran ait continué à s'envenimer
vendredi, les prix du pétrole restent en baisse, affaiblis par les doutes entourant la perspective d'une reprise de la demande pétrolière", a expliqué David Hart, analyste chez le courtier Hanson Westhouse.

En Iran, deuxième exportateur de brut au sein de l'Opep, la situation restait incertaine lundi après un week-end ensanglanté et un nouvel appel du candidat de l'opposition Mir Hossein Moussavi à poursuivre la contestation née de la réélection controversée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Ignorant cette menace potentielle sur l'offre -- l'Iran produit
quelque 3,7 mb/j -- le marché craint d'avoir tablé trop vite sur une
reprise de la consommation pétrolière, sur la foi d'une amélioration des indicateurs macroéconomiques au printemps.

"La faiblesse de la demande par rapport à l'offre, que nous avions identifiée en mars, est toujours là. Malgré les +bourgeons de la reprise+ (...) les écarts entre la production et la consommation restent importants et, par conséquent, une forte baisse des prix vers les 50 dollars est possible", estime ainsi Harry Tchilinguirian, analyste chez BNP Paribas.

Pesant également sur les cours, le dollar rebondissait face à l'euro lundi matin. Le regain du billet vert pèse sur les achats de pétrole, en érodant le pouvoir d'achat des investisseurs pour les matières premières vendues dans cette devise.

Inquiet de l'état de l'offre, le marché ne réagissait pas non plus à
la dégradation de la situation au Nigeria, premier exportateur africain, où les attaques lancées contre les compagnies pétrolières par le Mend, principal groupe armé dans le sud pétrolifère, se succédaient.

Dimanche, ses militants ont affirmé avoir attaqué à l'aube deux
oléoducs de la compagnie anglo-néerlandaise Shell situés dans l'Etat de Rivers. Mercredi dernier, ils avaient déjà annoncé une attaque à l'explosif contre un oléoduc "important" de Shell dans l'Etat de Bayelsa (sud).

Le groupe armé avait annoncé le 7 juin le lancement d'une "guerre du pétrole" après des heurts avec l'armée et multiplie depuis les attaques qui, outre Shell, ont notamment visé la compagnie américaine Chevron ou l'Italienne Agip.

Par ailleurs, l'Equateur, plus petit pays membre de l'Opep, a menacé samedi d'expulser les groupes pétroliers étrangers qui persisteraient à réclamer un arbitrage international, après la rupture de leur contrat ou leur renégociation en faveur de l'Etat.