La Banque de Luxembourg est un acteur qui monte en puissance, avec des actifs sous gestion qui dépassent désormais 3,7 milliards d'euros au niveau belge, au travers des deux implantations à Bruxelles et Gand. La gestion discrétionnaire est fortement basée sur les fonds de placement. Dans ce domaine, le groupe luxembourgeois s'est constitué une solide réputation ces dernières années, notamment grâce à la renommée acquise dans la gestion de fonds mixtes par l'équipe de Guy Wagner, directeur de Banque de Luxembourg Investments et gestionnaire de BL- Global Flexible.
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La Banque de Luxembourg est un acteur qui monte en puissance, avec des actifs sous gestion qui dépassent désormais 3,7 milliards d'euros au niveau belge, au travers des deux implantations à Bruxelles et Gand. La gestion discrétionnaire est fortement basée sur les fonds de placement. Dans ce domaine, le groupe luxembourgeois s'est constitué une solide réputation ces dernières années, notamment grâce à la renommée acquise dans la gestion de fonds mixtes par l'équipe de Guy Wagner, directeur de Banque de Luxembourg Investments et gestionnaire de BL- Global Flexible. Les fonds mixtes proposés par la Banque de Luxembourg se caractérisent par une taille importante (les actifs sous gestion approchant ou dépassant tous les 400 millions d'euros), avec une équipe très concentrée qui permet de conserver des frais courants très réduits (sous 1,5 % par an). Ces produits se caractérisent également par une volatilité très faible, qui a permis à ces fonds de décrocher ponctuellement de bonnes performances dans les périodes plus difficiles sur les marchés financiers (notamment lors des crises de 2008 et 2011) avec des notations qui dépassent régulièrement quatre étoiles chez Morningstar. Nous avons récemment eu l'occasion de rencontrer Guy Wagner, afin qu'il nous livre son analyse de la situation actuelle sur les marchés. " Il y a une corrélation forte entre le surendettement et la faiblesse de la croissance, souligne-t-il. C'est une donnée qui sera difficile à corriger à court terme, car la vigueur de l'activité économique dépend de facteurs qui prennent beaucoup de temps à se corriger, comme la croissance démographique ou la productivité. Aux Etats-Unis, le potentiel de croissance à long terme tournerait aujourd'hui autour de 1,5 % selon plusieurs études économiques. " Le directeur de Banque de Luxembourg Investments souligne que le contexte actuel semble un peu moins favorable au marché américain, avec une progression du marché qui n'est plus soutenue que par une poignée de grandes valeurs. " Si on regarde au-delà des cinq principales capitalisations, le marché américain est à l'équilibre depuis le début de l'année. A l'inverse, les bonnes surprises ont principalement été enregistrées en Europe depuis le début de l'année, tant au niveau de la croissance que des résultats d'entreprise. " Il reste toutefois modéré sur l'analyse de ces données, et constate que si les indicateurs de confiance ont été généralement bien orientés, l'impact réel (par exemple les ventes de détail) donne une image plus mitigée pour la croissance européenne. " Nous ne sommes clairement pas en train de retomber dans une récession, mais le regain de vigueur n'est peut-être pas aussi fort qu'espéré ", constate Guy Wagner. " Sur les dernières années, la plupart des marchés, à l'exception des marchés émergents, ont vu leurs cours augmenter plus rapidement que les bénéfices ", avec pour conséquence des valorisations relativement élevées sur la plupart des marchés. Pour autant, Guy Wagner estime qu'un krach n'est pas à l'ordre du jour. " Il faut juste adapter ses attentes pour le rendement futur que les investisseurs sont susceptibles de dégager de leur épargne, soit entre 4 et 5 % au niveau actuel des cours, précise-t-il. Ceci reste toutefois largement supérieur à ce qu'il est possible d'espérer sur les marchés obligataires ou monétaires. " Dans ce contexte, les actions restent la principale source de performance future pour les investisseurs. Damien Petit, responsable de la gestion de portefeuille à la Banque de Luxembourg, souligne que cette analyse macroéconomique se traduit par une limitation de l'exposition sur les placements monétaires et sur les obligations souveraines des pays développés, en dehors de la dette américaine qui continuera de bénéficier du différentiel très important avec les taux à 10 ans allemands. " De plus en plus, la dette américaine constitue une valeur refuge au même titre que l'or, et constitue à ce titre un compartiment défensif dans nos expositions ", explique-t-il. La dette émergente constitue également une destination privilégiée, en raison de fondamentaux désormais nettement plus attractifs que dans nombre de pays développés. " La poche obligataire a une vocation strictement défensive, de sorte que nous ne serons également pas exposés sur la dette d'entreprise à haut rendement, dont la volatilité devient similaire à celle des marchés boursiers lorsque les circonstances deviennent plus difficiles ", poursuit le responsable. L'exposition sur les marchés boursiers privilégie à l'heure actuelle les marchés d'actions (47 % dans une stratégie équilibrée), l'exposition sur les actions américaines ayant été récemment descendue au profit des marchés européens et asiatiques, notamment la Corée du Sud (lire l'encadré " Pari coréen "). " Nous recherchons principalement des actifs de qualité à des prix raisonnables, des groupes qui ont des positions concurrentielles fortes avec des structures financières saines, avec des flux de trésorerie qui protègent le rendement sur le long terme, ce qui exclut de facto des secteurs comme la banque, les télécoms ou les producteurs de d'électricité, indique Damien Petit. La consommation, la technologie, les soins de santé ou les industrielles constituent les principales expositions sectorielles. "