Régulièrement sous pression depuis le printemps, Italie, Espagne et Portugal ont été accueillis par une forte demande pour leur rentrée sur le marché des obligations d'Etat. "A chaque fois qu'il y a une adjudication d'un pays périphérique de la zone euro, elle passe sans problème", note Jean-François Robin, stratégiste obligataire de Natixis. "On est dans un environnement qui est porteur pour la dette souveraine en général, par rapport en particulier au marché actions", observe Frédéric Gabizon, responsable de la dette souveraine européenne sur les marchés primaires au sein de la banque HSBC. De sources concordantes, plusieurs grands investisseurs institutionnels qui avaient interrompu leurs achats d'obligations sur les pays jugés les plus fragiles de la zone euro ont pris part aux dernières émissions. Le fait que les pays de la zone euro soient largement en avance sur leur programme d'émission, avec plus de 80% des sommes prévues pour 2010 déjà levées, place sous un jour favorable les opérations qui auront lieu jusqu'à la fin de l'année. Pour autant, nul ne s'avancerait à parler de stabilisation au sujet d'un marché obligataire européen qui vient de connaître les six mois les plus agités de son histoire. Un article du Wall Street Journal qui remet en cause la validité des tests de résistance menés sur les banques européennes, deux mauvais indicateurs allemands, des inquiétudes sur la banque irlandaise Anglo Irish Bank, et le marché obligataire s'est de nouveau crispé mercredi. Malgré ces regains de tension, "le marché s'inquiète beaucoup moins d'un risque de défaut" d'un pays de la zone euro, affirme Peter Chatwell, stratégiste obligataire de Crédit Agricole CIB, pour qui "cela devrait être progressivement relégué au second plan". "Est-ce que les choses vont bien, je n'en sais rien, mais bien que très volatiles, elles vont mieux par rapport à il y a plusieurs mois", renchérit M. Gabizon. Pour autant, malgré un certain apaisement, les Etats périphériques de la zone euro resteront sans doute durablement soumis à des conditions de financement plus onéreuses qu'avant la crise grecque.