L'inflation annuelle a atteint 6,2% en février au Royaume-Uni, au plus haut depuis 1992. La Banque d'Angleterre a même averti qu'elle pourrait dépasser 8% au deuxième trimestre. Un environnement qui devrait inciter les argentiers britanniques à poursuivre le cycle de relèvement des taux entamé en décembre. Pourtant, les investisseurs anticipent dorénav...

L'inflation annuelle a atteint 6,2% en février au Royaume-Uni, au plus haut depuis 1992. La Banque d'Angleterre a même averti qu'elle pourrait dépasser 8% au deuxième trimestre. Un environnement qui devrait inciter les argentiers britanniques à poursuivre le cycle de relèvement des taux entamé en décembre. Pourtant, les investisseurs anticipent dorénavant des taux plus bas. Pas dans l'immédiat mais à un horizon de deux ans. Ils s'attendent à un repli de près de 0,4%, un niveau inédit depuis 2008. Leur raisonnement est assez logique. Dans un environnement marqué par une limitation des déficits budgétaires, une hausse des prix des biens de base (énergie, alimentation) et un relèvement des taux, la demande des ménages et des entreprises va s'essouffler. Ce qui va peser sur la croissance et sur l'inflation sous-jacente, incitant in fine la Banque d'Angleterre à réduire le loyer de l'argent. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si les argentiers britanniques vont aller au bout du cycle en continuant à relever les taux tout au long de cette année jusqu'à ce que l'économie montre des signes clairs de ralentissement. En mars, lors de son troisième relèvement de taux (à 0,75%), la Banque d'Angleterre a d'ores et déjà assoupli son discours. Son communiqué indiquait ainsi qu'un "durcissement de sa politique monétaire peut être approprié au cours des prochains mois" alors qu'en février, elle évoquait un durcissement "probablement approprié". Les développements outre-Manche intéresseront d'autant plus le reste du monde que la Banque d'Angleterre a été la première grande banque centrale occidentale à commencer à relever ses taux.