Le spread des obligations souveraines de la France, c'est-à-dire leur sur-rendement par rapport à leurs homologues allemandes, a atteint 0,54% vendredi dernier, au plus haut depuis début 2020 quand la pandémie avait déstabilisé l'économie mondiale. L'euro est également sous pression et a plongé sous 1,09 dollar.
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Le spread des obligations souveraines de la France, c'est-à-dire leur sur-rendement par rapport à leurs homologues allemandes, a atteint 0,54% vendredi dernier, au plus haut depuis début 2020 quand la pandémie avait déstabilisé l'économie mondiale. L'euro est également sous pression et a plongé sous 1,09 dollar. Cette semaine, la victoire d'Emmanuel Macron au premier tour et les sondages favorables pour le second ont quelque peu apaisé les tensions. Le spread a diminué sous 0,50% et l'euro a légèrement progressé. L'incertitude n'a toutefois pas disparu, les investisseurs restant prudents alors qu'une victoire de Marine Le Pen plongerait les marchés dans l'inconnu. Sa proximité avec Vladimir Poutine pose évidemment question dans l'environnement géopolitique actuel. Son programme de nationalisation des autoroutes inquiète les exploitants de concessions comme Vinci ou Eiffage. Son discours ambigu envers l'Union européenne fait craindre de nouvelles crises souveraines/institutionnelles, expliquant les tensions des dernières semaines sur les marchés des dettes des pays périphériques (Italie, Espagne, Portugal...). Cela a notamment pesé sur le secteur bancaire, toujours très bien représenté au sein du Cac 40 sur Euronext Paris. Toutefois, sauf brusque revirement des sondages et/ou résultat surprise le 24 avril, le principal moteur des marchés demeurera l'inflation. Cette dernière attise la remontée des taux qui commencent à atteindre des seuils critiques, notamment pour les Etats-Unis (2,8% à 10 ans), les Américains voulant acheter un logement (4,7% pour le crédit hypothécaire à 30 ans), ou l'Italie (2,5% à 10 ans).